« Infirmier d’endoscopie ne s’improvise pas »

Le Groupement infirmier pour la formation en endoscopie (GIFE), association loi 1901, vient de fêter ses 40 ans. L’occasion pour sa présidente, Cécile Barrue d’expliquer le rôle de cette association ainsi que celui des infirmiers spécialisés en endoscopie.

Chaque mois, ActuSoins présente une organisation infirmière (voir encadré).

Cécile Barrue, présidente du GIFE Groupement infirmier pour la formation en endoscopie

Cécile Barrue, présidente du GIFE Groupement infirmier pour la formation en endoscopie © DR.

Dans quel contexte le Groupement infirmier pour la formation en endoscopie GIFE a-t-il été créé ?

C’est en 1983 que des infirmiers, des aides-soignants ainsi que des secrétaires médicales, chapeautés par des gastroentérologues, ont eu l’idée de créer l’association pour partager leurs connaissances, tendre vers une uniformisation des pratiques et faire connaître la spécialité. Il y a 40 ans, chaque établissement et plateau technique travaillaient de manière isolée. Au fil des années, la discipline a particulièrement évolué et étendu son champ d’intervention, qui recouvre désormais le diagnostic, la thérapeutique voire l’interventionnel.

Aujourd’hui, tous les membres du GIFE sont bénévoles (sauf les secrétaires et le comptable) et actifs sur des plateaux techniques pour la réalisation d’endoscopies digestives et/ou bronchiques. Notre objectif est de partager les informations sur notre métier et sur la formation à cette spécialité.

Quel est le rôle infirmier lors d’une endoscopie ? 

Dans le cadre du parcours-patient, l’infirmier détient un rôle clef pour le bon déroulement de l’examen. Il assure l’accueil, participe à la qualité et sécurité des soins. Il est chargé de l’installation du matériel et de la vérification de l’endoscope. En collaboration avec l’anesthésiste et les médecins, il vérifie une check list avant le début de l’intervention afin de préparer tout le matériel nécessaire. Une endoscopie n’est pas sans risque, des perforations sont par exemple possibles. De fait, l’IDE se doit de bien connaître l’ensemble du matériel pour anticiper la demande du médecin et lui donner le bon ustensile pendant l’examen.

Notre cœur de métier, reconnu par une instruction de 2016 relative au traitement des endoscopes souples thermosensibles à canaux au sein des lieux de soins, est aussi d’assurer la désinfection des endoscopes. Ce poste requiert une rigueur extrême, impliquant un contrôle régulier. Nous devons en permanence mettre à jour nos connaissances en fonction des pathologies et de l’évolution des dispositifs médicaux afin d’adapter nos bonnes pratiques en désinfection.

Quel est le rôle du GIFE dans le domaine de la formation ?

Le cœur de nos missions est de proposer des formations en endoscopie dans le champ digestif et en pneumologie, car un infirmier ne peut pas exercer dans ce domaine sans avoir un minimum de connaissances. Généralement, à son arrivée dans ce type de service, il reçoit un livret d’accueil détaillant l’endoscopie, et exerce sous compagnonnage avant de progressivement s’autonomiser et travailler dans des domaines de plus en plus pointus.

Pour les accompagner, le GIFE, certifié Qualiopi, propose des formations. Les infirmiers qui suivent nos formations sont évalués en amont, puis post-formation avec des tests et un suivi à six mois. Nous avons également créé avec l’université de Limoges un Diplôme inter-universitaire (DIU) soins infirmiers en endoscopie, qui rassemble chaque année entre 20 et 30 infirmiers.

Sans être une société savante, le GIFE est reconnue comme étant une association de référence pour nos collègues infirmiers. Nous faisons d’ailleurs partie des commissions, avec les sociétés savantes, pour la mise en place du parcours et de l’habilitation en endoscopie. Un nouveau livret d’accueil est en train d’être rédigé ; les infirmiers auront bientôt de nouveaux outils pour accompagner leurs collègues arrivant dans les services.

Propos recueillis par Laure Martin

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