« Nous avons souhaité solidariser les infirmiers libéraux de notre territoire »

L’Association des infirmiers libéraux du bassin alésien (AILBA), situé dans le Gard, rassemble un grand nombre d’infirmiers libéraux exerçant dans le secteur. Force d’actions et de propositions, elle a su tisser des liens avec le territoire. Le point avec sa présidente, Muriel Mazon, et son vice-président et co-fondateur Dominique Jakovenko.  

Chaque mois, ActuSoins présente une organisation infirmière (voir encadré).

Le fondateur de l'AILBA, Dominique Jakovenko, et la présidente de l'association, Muriel Mazon

Le co-fondateur de l'AILBA, Dominique Jakovenko, et la présidente de l'association, Muriel Mazon. © DR

Comment est née l’association ?

Dominique Jakovenko – L’association est née en 2009 d’un besoin des infirmiers libéraux de se retrouver, d’échanger. A l’époque, nous ne nous connaissions pas, chacun travaillait dans son coin.

Nous avons alors eu cette volonté de fidéliser des moments de collectif, de nous rencontrer. Cette initiative est née à un moment où trois services d’Hospitalisations à domicile (HAD) voulaient s’installer sur le secteur au même moment. Or, il y a dix ans, les rapports entre l’HAD et les infirmiers libéraux étaient assez conflictuels. Nous regrouper au sein d’une association, nous permettait de penser ensemble et de faire union face à ces trois HAD.

Progressivement, nous avons fait évoluer nos objectifs notamment pour devenir une force, via l’association, pour la prise en soins à domicile et organiser le retour à domicile. Une autre manière de solidariser les Idels a été de créer la Journée de l’infirmière libérale, qui a permis de réunir chaque année entre 100 et 150 infirmiers libéraux. Depuis la crise sanitaire, nous n’avons pas pu les organiser mais nous devrions bientôt relancer cette activité.

Dernier point important : dans le domaine de la formation, nous n’avions aucune offre à Alès. Nous devions soit aller à Nîmes, à Montpellier ou encore à Perpignan. Avec l’association, nous avons pu démarcher les organismes, qui ont accepté de se déplacer à Alès, pour tenir des formations sur l’éducation thérapeutique du patient, la consultation infirmière, les infirmières cliniciennes, les plaies et cicatrisation, les anticoagulants, etc.


C’est de cette manière qu’est aussi née l’envie de porter d’autres projets.

C’est-à-dire ?

Muriel Mazon – Avec l’association, nous avons commencé à nous connaître, à rencontrer des médecins libéraux, le centre hospitalier, les laboratoires de biologie médicale.

Puis, en interne, nous nous sommes organisés en groupe de travail afin de porter des actions, en lien notamment avec les formations que nous avons suivies.

Lorsque des sujets nous intéressent, nous les évoquons entre nous et nous constituons un groupe de travail afin de définir des objectifs communs pour éventuellement mettre en place des actions. Pour le moment, nous en avons trois sur le lien ville-hôpital, la fragilité et sur la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), qui n’a pas encore vu le jour.

A quoi ont-ils donné lieu ?

Dominique Jakovenko - Les liens que nous avons créés entre nous et avec l’hôpital par exemple, nous ont permis d’agir pendant la crise sanitaire. Nous avons par exemple participé à la mise en place du centre de dépistage Covid, du drive, et du centre de vaccination du bassin alésien.

Nous avons aussi noué des partenariats avec les laboratoires de biologie médicale, qui nous ont demandé si nous pouvions continuer à effectuer les prélèvements PCR pour eux, au sein même de leur laboratoire.

Nous disposons donc d’une salle spécifique où nous nous relayons pour les prélèvements. Les plannings des idel sont gérés par AILBA sur la base du volontariat. Nous assurons aussi depuis deux ans les prélèvements dans les structures extérieures comme les Ehpad, les foyers d’accueil, les écoles.


Nous avons également deux autres projets de nouveau d’actualité après cette crise sanitaire. Tout d’abord, des ateliers collectifs pour le bien vieillir en bonne santé. Ce sont des ateliers sur la prévention des chutes, le sommeil, etc. Nous les organisons dans les communes volontaires avec les Centres communaux d’action sociale (CCAS), les mairies, etc.  

Muriel Mazon - Le deuxième projet concerne la mise en œuvre du programme ICOPE, qui porte sur les soins intégrés et la détection des fragilités pour les personnes âgées. Aujourd’hui, nous sommes le deuxième bassin, après Toulouse, en nombre d’Idel formées à la fragilité.

Au niveau local, l’une de nos priorités est de continuer à promouvoir la formation des infirmiers libéraux  à ce programme de niveau 1 et 2, dispensée en e-learning par le Gérontopôle du CHU de Toulouse, afin qu’elles puissent effectuer des évaluations au domicile des personnes âgées et agir pour la prise en charge coordonnée afin d’encourager au maintien à domicile.

Comme ce programme est devenu une expérimentation article 51, nous allons pouvoir le mettre en œuvre soit par des actions dans le cadre de nos ateliers, soit via nos tournées.

 

Propos recueillis par Laure Martin

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