« Nous cherchons à promouvoir le métier de directeur des soins »

L’Association française des directeurs des soins (AFDS) se fixe pour mission principale de promouvoir la fonction et d’encourager les cadres de santé à présenter le concours. Entretien avec Laurence Laignel, présidente de l’AFDS depuis octobre 2022.

Chaque mois, ActuSoins présente une organisation infirmière ou en lien avec les infirmiers (voir encadré).

Laurence Laignel, présidente de l’AFDS. © DR

Dans quel contexte l’AFDS a-t-elle été créée ?

A l’origine, elle a été créée en 1971. Il s’agissait, à cette époque, de l’Association nationale des infirmiers généraux, nom qui était donné aux directeurs des soins actuels.

C’est un décret de 2002 qui a créé le statut des directeurs de soins de la fonction publique hospitalière. L’association a évolué en ce sens, notamment pour répondre au souhait des professionnels de disposer d’un groupement pour travailler ensemble à l’amélioration de leurs pratiques et à la promotion du métier.

La promotion du métier reste-t-elle un axe important des missions de l’AFDS ?

Tout à fait, il s’agit de notre objectif premier. Nous souhaitons donner l’envie aux cadres de santé de passer le concours pour exercer ce métier à responsabilités. Le directeur des soins joue un rôle clef dans la coordination des organisations paramédicales.

Nous souhaitons valoriser cette fonction, singulière. Depuis sa création, elle est venue s’ajouter aux fonctions de direction. Cependant, nous sommes les seuls à exercer un métier de direction, après avoir travaillé sur le terrain (professions infirmière, médicotechnique ou de rééducation). Nous avons l’expérience et l’expertise de l’organisation des soins, de l’articulation entre les besoins en soins des patients, les besoins paramédicaux et médicaux. Cela nous confère une légitimité expérientielle nécessaire dans l’accompagnement des nouveaux métiers, dans la construction des législations, dans l’organisation et la coordination au quotidien des établissements de santé.

Nous voulons donc faire connaître le métier et donner envie de l’exercer dans les établissements hospitaliers, dans les instituts de formation, dans les gouvernances déconcentrées (Agence régionale de santé, Direction générale de l’offre de soins). Aujourd’hui, nous sommes 691 directeurs des soins sur le territoire, mais de nombreux postes sont vacants. Il est difficile d’en connaître le nombre exact car des structures ont recours à des "faisant-fonction" de directeurs des soins. Nous voulons encourager à passer le concours national de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

Certains exercent donc le métier sans être formés à l’EHESP ?

C’est effectivement le cas avec des "faisant-fonction". L’AFDS a d’ailleurs un partenariat avec l’EHESP pour mettre en place des actions de promotion du métier et donner envie de suivre la formation.

Nous allons aussi travailler avec le Centre national de gestion (CNG) sur l’accessibilité au métier. Car certains cadres ne veulent pas se former, et ce pour plusieurs raisons. Certains établissements font appel à des "faisant-fonction" de directeurs des soins, parvenant à répondre, en partie, aux problématiques organisationnelles de la structure.

Les directions décident donc de « faire avec ». D’autant plus que les personnes à ces postes sont souvent en troisième partie de carrière. Or, pour suivre la formation à l’EHESP, il faut passer le concours, suivre la formation d’un an à Rennes, ce qui oblige à quitter, pendant un an, son lieu d’exercice et son domicile.

Enfin, à l’issue de la formation, il y a une mobilité à la clef. Ces différents éléments peuvent freiner les candidats. Il faut donc les accompagner en valorisant le gain qu’apporte la formation pour l’exercice du métier, et en les encourageant à la suivre plus tôt dans leur carrière.

Quelles sont vos autres missions ?

Nous souhaitons fédérer les directeurs de soins pour construire un collectif, valoriser la fonction et participer à la formation continue avec nos journées d’études. Elles ont lieu pendant trois jours consécutifs, une fois par an. Il s’agit d’un moment au cours duquel nous travaillons sur une thématique spécifique. Ouvertes aux directeurs des soins, cadres, cadres supérieurs et directeurs d’hôpitaux, elles sont consacrées cette année, en novembre, « aux directeurs des soins au carrefour des énergies ».

Nous diffusons toute l’année de l’information professionnelle à l’ensemble de nos adhérents. Nous participons également à des groupes de travail nationaux, avec la Direction générale de l’offre des soins (DGOS), l’Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) ou encore la Fédération hospitalière de France (FHF) sur l’organisation des soins, l’attractivité des métiers, la fidélisation, la sécurité des soins. Nous travaillons aussi sur la santé des professionnels.

Nous collaborons avec différents acteurs sur des thématiques du moment concernant nos compétences et nos missions, et nous cherchons à nous soutenir dans l’exercice de nos fonctions autour des problématiques que nous pouvons rencontrer sur le terrain. 

Propos recueillis par Laure Martin  

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter Actusoins

Lire aussi, sur ActuSoins.com : 

SFAR : Des infirmiers au sein de la Société française d’anesthésie et de réanimation (février 2023)

AFSOS : « Les infirmiers tiennent une place majeure au sein de l’Afsos » (janvier 2023)

SFSD : « Nous prônons un exercice humaniste de la télésanté » (décembre 2022)

Société des infirmières françaises en ophtalmologie (SIFO) : « nous cherchons à perfectionner notre pratique » (novembre 2022)

Association française des infirmiers de chirurgie vasculaire : « Notre congrès permet des partages à l’international » (octobre 2022)

AFET : « Notre objectif est de promouvoir la stomathérapie » (septembre 2022)

SIDERAL, un vivier de stimulations à la montée en compétences des infirmiers (juillet 2022)

IDEAL : « Créer des liens permet de favoriser l’entraide entre infirmiers libéraux » (juin 2022)

UNAIBODE : « Nous voulons une vraie reconnaissance de la spécialité Ibode » (avril 2022)

AILBA : « Nous avons souhaité solidariser les infirmiers libéraux de notre territoire » (mars 2022)

SoRIP : « La recherche peut faire partie du quotidien des puéricultrices » (février 2022)

Collège des infirmièr(es) puéricultrices(eurs) : « notre rôle est de faire évoluer les pratiques professionnelles » (janvier 2022)

SOFERIBO : « Nous étudions les situations de terrain vécues par les Ibode » (décembre 2021)

ANISP : « Nous cherchons à promouvoir et harmoniser les pratiques des infirmiers de sapeurs-pompiers » (novembre 2021)

Conseil national professionnel infirmier : « Nous avons besoin de moyens pour produire des avis argumentés » (octobre 2021)

AEEIBO : « Les Ibode doivent devenir autonomes dans le cadre de leurs actes exclusifs » (septembre 2021)

ACICC : « La consultation infirmière est encore peu connue » (août 2021)

AFIDTN : « Une réflexion est à mener sur la réforme des actes infirmiers » (juillet 2021)

CEEPAME : « Les infirmières puéricultrices doivent être reconnues comme des référentes santé » (juin 2021)

 RIEEST : « Les infirmiers de santé au travail doivent tous bénéficier d’une formation identique » (mai 2021)

Comité d’entente des écoles IADE : « Nous aimerions que notre autonomie soit actée d’un point de vue législatif » (avril 2021)

ANEIA : « Nous aimerions être davantage considérés comme des acteurs de notre formation » (mars 2021)

Conseil international des infirmières : « Il faut plus que jamais déployer le leadership des infirmiers »(février 2021)

Association des infirmiers en rééducation et réadaptation : porter la réflexion sur le handicap (janvier 2021)

UNIDEL : « La profession doit prendre en main son avenir » (décembre 2020)

Tabacologie (Afit&a) : « Les infirmiers doivent se saisir de leurs compétences » (novembre 2020)

AFIC : l’association qui fédère les infirmiers de cancérologie (octobre 2020)

Hélène Salette, directrice générale du SIDIIEF : « Les infirmiers doivent apprendre à valoriser par eux-mêmes leur expertise » (septembre 2020)

Association pour l’innovation en santé : « la rencontre humaine est le moteur de notre association »(août 2020)

Avec la FNIR, les infirmiers de réanimation se fédèrent (août 2020)

Association française des infirmier(e)s de thérapie cellulaire hématologie, oncologie et radiothérapie : « Notre objectif est d’alimenter la réflexion » (juillet 2020)

Association francophone des infirmiers du diabète : « Les compétences des infirmiers sont sous exploitées » (juin 2020)

ANPDE : « Les enfants ont des besoins spécifiques qui requièrent une formation dédiée » (mars 2020)

ANFIPA : « Aujourd’hui, nous nous mettons en ordre de marche » (février 2020)

Association de recherche en soins infirmiers : « Notre objectif est de sensibiliser les infirmiers à développer la recherche » (janvier 2020)

Infirmiers de santé au travail : « Notre montée en compétence requiert une formation dédiée »(décembre 2019)

Brigitte Lecointre, présidente de l’ANFIIDE : « Nous devons créer un leadership infirmier » (novembre 2019)

Instituts de formation paramédicaux : "Nous voulons faire évoluer le rôle de directeur". Entretien avec Florence Girard, présidente de l’Association nationale des directeurs d’école paramédicale (ANdEP). (Sept 2019)

CEFIEC : "Notre finalité est de promouvoir la formation en sciences infirmières" (Octobre 2019)

Abonnez-vous à la newsletter des soignants :

Faire un don

Vous avez aimé cet article ? Faites un don pour nous aider à vous fournir du contenu de qualité !

faire un don

Réagir à cet article

retour haut de page
320 rq / 3,606 sec