Etudiants infirmiers anesthésistes : « Nous aimerions être davantage considérés comme des acteurs de notre formation »

Créée en 2015, l’Association nationale des étudiants infirmiers anesthésistes (ANEIA), qui rassemble un peu plus de 430 adhérents, a été particulièrement active pendant la crise sanitaire. Mais ses objectifs sont plus diversifiés. Le point avec son président, Yanis Bougonna.

Yannis Bougonna, président de l'ANEIA

Yannis Bougonna, président de l'ANEIA. © DR

Dans quel contexte l’ANEIA a-t-elle été créée ?

L’association est née en 2015, dans un contexte de mouvement social des Iade [qui avaient des revendications statutaires en lien avec la reconnaissance de leur formation au niveau Master, NDLR].

Les EIA ont voulu participer à ce mouvement de revendication et, pour se fédérer, ils ont créé une association.

Avant l’ANEIA, les étudiants Iade n’avaient pas vraiment d’associations représentatives, en dehors du Syndicat national des infirmiers anesthésistes (Snia) ou de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi).

L’objectif a donc été de rassembler et de devenir le collectif de référence pour faire la promotion du statut étudiant et de la profession en général, et ainsi avoir une parole commune lorsqu’on a besoin d’être entendu. En parallèle, l’association assure également une veille scientifique et une transmission des savoirs entre les EIA.

Après plusieurs années de jachère, l’association a repris du service en 2020…

Tout à fait. Après la première année de création, le bureau n’a pas trouvé de repreneur. L’association a donc été en latence jusqu’à la crise sanitaire.

L’année dernière, lors du premier confinement, les EIA ont été particulièrement touchés par la crise dans le cadre du déroulement de leur formation.

Nos études ont été arrêtées pour que nous allions en renfort dans les services de réanimation.

J’ai alors ressenti le besoin de partager avec les autres étudiants autour de la crise afin de savoir comment leur institut de formation l’avait gérée et quelles solutions avaient été mises en place. A partir de mars, j’ai cherché à contacter un maximum d’étudiants via un groupe Facebook qui, dès juin, rassemblait 600 étudiants.

C’est de cette manière que vous avons décidé de reprendre l’association. Nous avons contacté l’ancien président, enthousiaste, qui nous a accompagné à la reprise. L’Assemblée générale avec le changement de bureau s’est déroulée le 30 juin.

Votre mandat a donc été principalement porté par la crise ?

Exactement, et nous avons commencé nos actions par une enquête, à laquelle nous avons obtenu 250 réponses.

Nous avons cherché à savoir comment s’est passée la gestion de la crise dans les instituts de formation car nous savions qu’en fonction des territoires, les étudiants n’étaient pas tous logés à la même enseigne.

Certains ont été mobilisés sous couvert de stage, d’autres ont été remis à la disposition de leur employeur par les instituts de formation. Nous voulions aussi savoir comment ils ont été rémunérés, la durée d’interruption de leur formation pour ainsi revendiquer une compensation à l’effort.

Pour notre deuxième enquête, qui a eu lieu lors de la deuxième vague, nous avons obtenu 753 réponses en deux semaines, ce qui veut dire que 55 % des EIA y ont répondu.

C’est une réelle amélioration de notre réseau ! Notre objectif a été d’obtenir des chiffres précis pour ainsi aider les étudiants dans leur démarche d’obtention d’une contrepartie à leur mobilisation. A l’heure actuelle, nous n'avons toujours pas obtenu de compensation, ce qui met certains étudiants en difficulté d’un point de vue financier notamment.

Notre prochaine enquête va porter sur l’impact de la crise sur la suite de nos études car dans certains territoires le diplôme est reporté, dans d’autres non. Tout dépend des Agences régionales de santé…

Nous aimerions être davantage considérés comme des acteurs de notre formation, comme force de proposition, afin que nos idées soient entendues. Mais c’est difficile de la part des tutelles.

Envisagez-vous de travailler sur d’autres sujets ?

Nous l’aimerions, même si cette année a été très marquée par la crise. Mais les pratiques avancées sont une thématique qui nous intéresse car nous pensons, en tant que futur Iade, que cela entre dans nos compétences. Cela participe à la promotion de notre formation et de notre futur métier, et ce serait une belle avancée de le voir inscrit dans la loi.

A terme, nous aimerions aussi pouvoir être plus proches des étudiants. Nous avons déjà commencé notamment en leur envoyant des quizz en lien avec nos études.

Notre association a également pour finalité d’être un outil de partage pour tous les EIA et le réseau que nous avons créé y participe.

Propos recueillis par Laure Martin

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