« La réflexion sur les soins palliatifs relève d’un travail collaboratif pluridisciplinaire »

La Société française de soins palliatifs (SFAP), créée en 1989, a adopté, depuis sa fondation, une approche pluridisciplinaire. Sa déléguée générale, Anne-Marie Colliot, infirmière de formation et cadre de santé, actuelle coordinatrice de la cellule d’animation régionale en soins palliatifs de Bretagne, en explique les contours.

Chaque mois, ActuSoins présente une organisation en lien avec les infirmiers (voir encadré). 

Anne-Marie Colliot déléguée générale de la SFAP

Anne-Marie Colliot, actuelle coordinatrice de la cellule d’animation régionale en soins palliatifs de Bretagne et déléguée générale de la SFAP. © DR

Dans quel contexte la SFAP Société française de soins palliatifs a-t-elle été créée ?

La SFAP est née à la suite de la circulaire Laroque relative à l'organisation des soins et à l'accompagnement des malades en phase terminale.

Ce texte de référence donne une assise juridique à l'organisation des soins palliatifs en France. L’objectif de la SFAP était d’associer, en son sein, des professionnels et des bénévoles représentatifs, et d’informer les pouvoirs publics de sa disponibilité pour travailler au déploiement des soins palliatifs en France, ses fondateurs voulant proposer un accompagnement neutre dans le domaine.   

Actuellement son fonctionnement repose sur plusieurs collèges : médicaux, paramédicaux, et autres acteurs du soins (art-thérapeutes, socio-esthéticiennes, hypnothérapeutes). Dans les soins palliatifs, l’accompagnement peut être très large. Aujourd’hui, la volonté d’élargir les professionnels impliqués est grande. Les trois collèges travaillent entre eux afin d’avoir un maximum d’éclectisme possible.

Quelles sont les principales missions de la SFAP Société française de soins palliatifs ?

Comme le dit notre présidente (Claire Fourcade, ndlr),  nous accomplissons un travail sur deux jambes en même temps, en tant qu’instance militante et société savante.

Depuis ces deux dernières années, nous nous mobilisons par rapport à la modification de la loi sur la fin de vie. La représentation citoyenne revendique un accès à l’euthanasie, nous pouvons l’entendre. Cependant, nous plaidons en priorité pour une égalité d’accès aux soins palliatifs, car nous pensons que si certains défendent la légalisation de l’euthanasie, c’est justement parce qu’ils n’ont pas accès aux soins palliatifs. Quand les patients sont face aux bonnes personnes, au bon moment, l’accompagnement peut être idéal.

En parallèle, nous menons le travail de toute société savante c’est-à-dire que nous réfléchissons à des thématiques de recherche. Par exemple, au niveau infirmier, nous avons élaboré une plaquette sur les soins de bouche en fin de vie. Nous proposons également des webinaires gratuits pour les infirmiers, justement sur les soins de bouche et sur les soins au défunt, accessibles gratuitement à tous, et non uniquement aux adhérents. Nous travaillons sur les recommandations de bonnes pratiques, souvent en lien avec l’Association francophone des soins oncologiques de support (Afsos). Nous avons d’ailleurs été sollicités par le ministère de la Santé pendant la crise sanitaire, pour des recommandations en urgence.

Entre nos deux casquettes, nous sommes également investis dans des groupes de travail, organisés par les tutelles, pour mener des réflexions et aider les porteurs du plan Soins palliatifs.

Pour mener ce travail, nous avons besoin des retours des professionnels de terrain, car ce sont eux qui nous donnent la crédibilité des idées que nous portons au niveau des instances.

Qu’en est-il de la place des infirmiers au sein de la SFAP Société française de soins palliatifs ?

Aujourd’hui, nous rassemblons 2250 adhérents dont 545 infirmiers.

La SFAP est la seule société savante à avoir placé à sa direction une infirmière et nous disposons d’un Collège national des acteurs en soins infirmiers (CNSI). Cette organisation est à l’image des soins palliatifs, à savoir, être dans la collaboration entre toutes les disciplines.

Néanmoins, je milite pour que les infirmières prennent encore plus de place. Contrairement à ce que beaucoup pense, la SFAP n’est pas une « grosse machine » et nous avons besoin des connaissances des infirmiers en Ehpad, des libéraux, des soignants exerçant au sein des Maisons d’accueil spécialisé (MAS) et des Foyers d’accueil médicalisés (FAM). Ce sont eux qui vont faire évoluer la SFAP. Nous ne détenons aucun financement public, nous portons la parole du terrain.

Quels sont les axes de travail du CNSI plus précisément ?

Le CNSI, qui rassemble aussi des aides-soignants, mène un travail visant à créer des liens entre les pairs, échanger et approfondir la pratique, faire connaître la spécificité et la complémentarité des professions en soins palliatifs, produire des travaux de référence validés par les pairs et approuvés par l’ensemble des acteurs en soins palliatifs.

Son travail consiste également à récolter la parole des soignants, au plus près du terrain, afin de connaître leur posture sur différents sujets d’actualité. C’est le cas actuellement concernant la réflexion sur la loi sur la fin de vie. Nous déployons justement des groupes avec les CRSI, à l’échelle régionale, afin d’être ancrés dans la pratique professionnelle. Les soignants qui en sont membres repèrent les besoins du terrain, afin d’orienter les actions de sensibilisation et de formation.

Propos recueillis par Laure Martin

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