AFIDTN : « Une réflexion est à mener sur la réforme des actes infirmiers »

Co-fondateur de l’Association française des infirmier(e)s de dialyse, transplantation et néphrologie (AFIDTN), Didier Borniche, l’actuel président, revient sur les finalités et les travaux de cette association.

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Didier Borniche, président de l'AFIDTN

Didier Borniche, président de l'AFIDTN. © DR

Dans quel contexte l’AFIDTN a-t-elle été fondée ?

L’AFIDTN a été fondée en 1980. Nous étions un certain nombre d’infirmiers de dialyse, transplantation et néphrologie à participer au congrès européen sur cette spécialité, l’occasion de rencontrer des confrères et des consœurs étrangers.

Dans de nombreux pays, des associations nationales existaient déjà, ce qui nous a conduit à créer la nôtre. A l’époque, notre spécialité n’était quasiment pas enseignée pendant la formation initiale, et la dialyse encore moins.

Je ne pense d’ailleurs pas que la situation ait changé. Nous avons donc voulu mettre en place cette structure dans l’objectif de proposer de la formation et avons développé des programmes de formation variés sur la dialyse, la prise en charge de la douleur, les abords vasculaires dans la dialyse, la transplantation avec le donneur vivant, la nutrition du patient transplanté rénal, la prise en charge psychologique du patient, ce qui correspond à un réel besoin sur le terrain.

Néanmoins, nous n’avons pas voulu nous enfermer dans notre spécialité et nous nous sommes donc ouverts à d’autres organisations professionnelles. Nous rédigeons aussi des ouvrages et réfléchissons à des recommandations de bonnes pratiques. Notre activité est diverse. 

Comment les formations sont-elles dispensées ?

Nous sommes un organisme de formation agréé Qualiopi, certifié ISO. Nous organisons des séminaires de formation dans des grandes villes, en externe. Mais aussi en interne, à la demande d’établissements hospitaliers, en bâtissant des programmes qui répondent à la demande.

Par exemple récemment nous avons effectué un audit des pratiques d’une équipe au sein d’un CHU pendant une semaine, au lit du malade.

Ensuite, nous avons mis en place des cours pour aider l’équipe à améliorer ce qui n’était pas conforme aux règles de bonnes pratiques. Former pour mieux soigner, est notre devise. Cela résume ce que nous sommes et notre raison d’être. Notre priorité est la qualité des soins aux patients.

Revendiquez-vous la reconnaissance d’une spécialité ?

Ce n’est pas notre objectif, mais il y a déjà des avancées. En tant qu’ancien président de l’Ordre infirmier, j’ai participé à la mise en place de la pratique avancée pour les infirmières, et j’ai demandé que la maladie rénale chronique soit prise en considération. C’est le cas aujourd’hui et c’est une vision positive de la situation car les IPA ont un Master 2 et peuvent prescrire.

Sur le terrain, nous sommes également reconnus comme spécialité puisque nous disposons d’une bonification indiciaire liée à notre exercice. Nous sommes donc rémunérés comme des spécialistes même si nous savons que nous n’aurons jamais de reconnaissance officielle par le ministère de la Santé.

Je pense par ailleurs qu’il faut mener une réflexion sur la réforme des actes infirmiers, et réfléchir à une formation initiale davantage en adéquation avec les besoins et les pratiques qui souvent, précèdent les textes. Par exemple, dans nos services de dialyse, nous avons recours aux échographes pour mieux utiliser les abords vasculaires. Or aucun texte n’autorise les IDE à l’usage de cet appareil…

Nos collègues étrangers ont des prérogatives beaucoup plus larges que les nôtres, et c’est l’espoir que nous avions nourri avec la pratique avancée. Mais elle se met en place au ralenti en raison de la prudence des médecins. Les patients et les néphrologues auraient pourtant tout à gagner à ce que les IDE soient davantage reconnus dans leurs compétences d’autant plus avec le vieillissement de la population et le développement des maladies chroniques. Nous sommes d’ailleurs en lien étroit avec la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation, pour travailler à l’avancement des pratiques entre les médecins et les infirmiers. 

Qu’est-ce que les IDE peuvent attendre de votre association ?

Recevoir une aide pour acquérir des connaissances et donc des compétences. C’est la raison première de la création de l’association. Elles peuvent aussi espérer que l’association, qui est en contact avec tout l’écosystème de la santé, défende la prise en charge de l’insuffisance rénale par les infirmiers dans le respect de la qualité des soins et de la sécurité des patients.

Cela passe par exemple par le maintien du ratio d’infirmiers de dialyse, transplantation et néphrologie dans les services.

Propos recueillis par Laure Martin

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