« Nous construisons une vision globale du parcours des personnes âgées »

Créée en 1961, la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG) s’est dotée, dans les années 1990, d’un Collège des soignants. Pascal Lambert, infirmier, membre du groupe de coordination du collège et du Conseil d’administration de la SFGG, en explique les contours.

Chaque mois, ActuSoins présente une organisation infirmière (voir encadré). 

Pascal Lambert, infirmier, membre du groupe de coordination du collège et du Conseil d’administration de la SFGG

Pascal Lambert, infirmier, membre du groupe de coordination du collège et du Conseil d’administration de la SFGG. © DR

Pourquoi la SFGG a-t-elle été créée ?

A l’époque de sa création, la gériatrie n’était pas une spécialité médicale très connue, de même que les personnes âgées n’intéressaient pas beaucoup les autres spécialités médicales.

Néanmoins, les gériatres se sont eux rapidement rendu compte qu’il allait devenir urgent de traiter la personne âgée dans sa globalité plutôt que de se concentrer sur un organe : les baby boomers allaient devenir des papy boomers en grand nombre, avec des polypathologies associées au vieillissement.

L’objectif était donc d’étudier les problématiques que la société allait pouvoir rencontrer tout en faisant reconnaître la médecine gériatrique comme une médecine à part entière.

Ces objectifs se poursuivent aujourd’hui, puisque la SFGG étudie tous les problèmes se rapportant à la gérontologie et à la médecine gériatrique, favorise les recherches et les travaux et fait le point sur les connaissances acquises afin de contribuer à leur diffusion.

Quelle place est accordée aux soignants au sein de la SFGG ?

Progressivement, au sein des établissements hospitaliers où exerçaient des gériatres, des cadres infirmiers ont commencé à vouloir prendre la parole sur les thématiques liées au grand âge.

Ce sont deux gériatres, qui, dans les années 1990, ont discuté de la place des soignants au sein de la SFGG et mis en place le Collège regroupant d’abord des infirmières cliniciennes spécialisées.

Puis, progressivement, les infirmiers libéraux ont pu rejoindre le collège, désormais ouvert à l’ensemble des paramédicaux.

Au sein de cette instance, nous partageons nos expériences et construisons une vision globale du parcours des personnes âgées, du domicile à l’établissement. Et nous apportons notre expertise et nos compétences pour traiter des sujets d’actualité et sociétaux tout en interpellant les autres professions pour travailler ensemble sur ces thématiques.

Quel est le rôle du collège des soignants ?

Nous nous réunissons tous les deux à trois mois, en distanciel, afin de traiter des problématiques rencontrées aussi bien par les soignants que par les patients dans le cadre de la gérontologie.

Par exemple, pendant la crise sanitaire, nous avons travaillé sur les questions liées à la fatigue, au burn out, à l’isolement. Nous pouvons par ailleurs traiter de sujets plus globaux, notamment écrire des articles sur la maltraitance dans les différents lieux d’exercice.

Nous répondons à des sollicitations de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam), de la Haute Autorité de santé (HAS) ou encore des Agences régionales de santé (ARS), qui souhaitent parfois obtenir une vision soignante sur une problématique.

À titre d’exemple, en tant qu’ancien infirmier libéral, j’ai été sollicité par la HAS pour parler de la iatrogénie médicamenteuse de la personne âgée à domicile.

Le Collège de chirurgie nous a aussi sollicité pour des travaux, afin de réfléchir à la façon d’aider les aidants naturels à prévenir et repérer les escarres chez la personne âgée, et à en parler à son professionnel de santé.

Les médecins ont besoin de disposer d’un retour des soignants, qui détiennent des compétences pour analyser la littérature dans le domaine, réaliser une synthèse pouvant conduire à des recommandations de bonnes pratiques.

Nous sommes également en lien avec l’association pour la qualité de vie des professionnels de santé (AQuAVieS), afin de former à la démarche participative, au sein des établissements, pour améliorer la qualité de vie des soignants, donc la qualité des soins.

Les soignants participent-ils aux Journées annuelles de la SFGG ?

Jusqu’à l’année dernière, une session était dédiée au Collège des soignants.

Mais les gériatres ont émis le souhait que les présentations en plénière soient désormais pluriprofessionnelles et interdisciplinaires. 

Les présentations doivent désormais associer un médical et un paramédical. Nous travaillons actuellement à la concrétisation de cette démarche.

Propos recueillis par Laure Martin

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Pour rappel

La gériatrie est la médecine de la personne âgée à domicile ou en institution présentant des problèmes bio-psycho-sociaux parfois complexes ou des affections liées à l’âge.

La gérontologie recouvre les disciplines et les sciences diverses s’intéressant au vieillissement : biologie, psychologie, sociologie, démographie, santé publique, économie de la santé, administration de la santé, éducation, droit ou encore architecture.

Source : SFGG

 

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