« Nous prônons un exercice humaniste de la télésanté »

Société savante, la Société française de santé digitale (SFSD) ambitionne de « promouvoir l’usage du numérique en santé comme moyen contribuant à la qualité et l’accessibilité de l’offre de soins sur le territoire ». Sa démarche est pluridisciplinaire et pluriprofessionnelle. Lydie Canipel, past-président, revient sur les missions de la SFSD et son action vis-à-vis des infirmiers.

Chaque mois, ActuSoins présente une organisation infirmière ou en lien avec les infirmiers (voir encadré).

Lydie Canipel. © DR

Dans quel contexte la SFSD a-t-elle été créée ?

A l’origine, l’Association nationale de télémédecine a été créée en 2008 par des experts néphrologues, dont le Dr Pierre Simon.

A l’époque, la télémédecine n’était pas très développée, mais ils estimaient que ces outils pouvaient être notamment utilisés pour offrir un suivi rapproché et renforcé aux personnes dialysées, et plus largement aux personnes atteintes de pathologies chroniques.

Assez rapidement, l’association a souhaité évoluer vers une société savante afin d’être entendue dans son expertise. Mais nous avons été confrontés à une problématique : la santé digitale n’est pas une spécialité médicale.

Nous avons donc dû convaincre pour exister, en sachant que nous, nous étions assurés de l’intérêt de son existence au regard de l’impact de la santé digitale sur les pratiques professionnelles.

Dès l’origine, nous n’avons pas souhaité séparer les auxiliaires médicaux des médecins. Nous représentons une équipe pluridisciplinaire et pluriprofessionnelle.

En novembre 2010, la société savante pour la recherche clinique en télémédecine a donc été créée, avant de devenir en 2018, la SFSD, pour aller encore plus loin dans la pluridisciplinarité.

Nous avons d’ailleurs créé – et c’est écrit dans nos statuts – une présidence avec un président médecin et un co-président, infirmier.

Quelles sont les missions de la SFSD ?

Notre rôle est de développer et de diffuser des bonnes pratiques dans le domaine de la clinique, et de nous concentrer sur la recherche et sur la formation. Nous soutenons, depuis toujours, l’importance du parcours coordonné, des équipes pluridisciplinaires ou encore du transfert de compétences.

Nous publions des livres blancs, notamment sur le télésoin, afin d’accompagner les infirmiers. Nous préparons d’ailleurs actuellement un addendum sur la place des infirmiers en pratique avancée (IPA) dans le télésoin, en lien avec la parution au Journal officiel, de l’avenant 9 à la convention nationale des infirmiers.

Nous proposons également du conseil pour le développement de la télémédecine et du télésoin, et accompagnons les professionnels de santé adhérents dans l’évolution de leurs pratiques professionnelles.

Le numérique doit selon nous être au service des usagers pour un exercice humaniste de la télésanté.

Quel type d’accompagnement proposez-vous aux adhérents ?

Nous sommes une trentaine de bénévoles, avec des expertises variées (médecins, infirmiers en pratique avancée, infirmiers, pharmaciens, juristes, éthiciens, sociologues, experts en management de projet en santé digitale, spécialistes des data) et nous intervenons tous, au gré de nos compétences, dans l’accompagnement des adhérents demandeurs.

Pour donner un exemple concret, nous avons été contactés par une infirmière adhérente, coordinatrice d’un réseau destiné aux patients atteints de sclérose en plaques (SEP).

Pendant la crise sanitaire, elle a mis en place le télésoin. Puis, à la fin du confinement, face à la demande des patients, elle a souhaité développer cette offre, mais de manière plus cadrée, en tenant compte des recommandations de la Haute Autorité de santé notamment.

J’ai donc accompagné l’équipe dans le choix du bon outil ou encore dans la mise en œuvre des procédures.

La place des infirmiers au sein de la SFSD semble importante…

Elle l’est ! Le digital touche le parcours coordonné et fait repenser les rôles et les responsabilités de chacun.

Nous ne pouvons donc pas réfléchir à une évolution des pratiques professionnelles dans une société savante où il n’y aurait que des médecins.

Pour effectuer des recommandations de bonnes pratiques en lien avec le terrain, toutes les professions concernées doivent être entendues.

Pour les infirmiers, l’intérêt est de ne pas laisser penser les autres à notre place. A l’heure de la refondation du système de santé, la prise en charge à distance doit désormais faire partie d’un exercice normal en lien avec le patient.

Pour accompagner les professionnels de santé dans cette réflexion, certains d’entre eux doivent se mobiliser et donner de leur temps pour créer des bonnes pratiques cliniques et des référentiels de demain.

Si aucun infirmier ne se mobilise, d’autres penseront à notre place, ce qu’il faut éviter.

Propos recueillis par Laure Martin

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