Association de recherche en soins infirmiers : « Notre objectif est de sensibiliser les infirmiers à développer la recherche »

Série "organisations soignantes " : pour commencer l’année, ActuSoins donne la parole à Ljiljana Jovic, présidente du comité scientifique de l’Association de recherche en soins infirmiers (Arsi), afin d’évoquer les tenants et les aboutissants de cette entité de 36 ans.

Ljiljana Jovic

Ljiljana Jovic. © DR

Dans quel contexte l’Arsi a-t-elle été fondée ?

L’association a été fondée en 1983 par d’anciens étudiants de l’Ecole internationale d’enseignement infirmier supérieur, créée à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui était située à Lyon jusqu’à sa fermeture en 1995.

Au sein de la même promotion, quatre personnes, Monique Formarier, Guy Isambart, Monique Le Fur et Geneviève Poirier-Coutansais, ont découvert l’intérêt de la recherche en soins infirmiers pour permettre le développement et l’évolution des pratiques. C’est la raison pour laquelle ils ont décidé de créer l’Arsi.

Quels sont les objectifs de l’association ?

L’Arsi vise à promouvoir la recherche en soins infirmiers et à développer la discipline. Certes, la recherche repose sur des méthodes mais elles s’appliquent à des domaines particuliers permettant de construire des savoirs, de développer des connaissances et d’analyser les pratiques.


Pour réaliser ces objectifs, l’association a mené plusieurs actions dans le temps dont la création de la revue Recherche en soins infirmiers dès 1985. Parmi les actions nous avons publié des ouvrages, notamment celui sur les concepts en sciences infirmières, nous organisons des journées d’études, des conférences, de la formation, nous participons à des congrès nationaux et internationaux.

Depuis 2014, nous organisons des séminaires de production au cours desquels nous avons pour objectif de faire des propositions issues des travaux avec les personnes qui y participent. Les résultats de ces travaux sont destinés notamment à ce que les étudiants et les infirmiers, de tous grades et de tous milieux d’exercice, se les approprient. Nous avons par exemple travaillé sur ″l’enseignement des sciences infirmières″ et plus récemment sur ″les savoirs des sciences infirmières et l’utilisation des théories intermédiaires dans des situations de soins″. Ces séminaires ont une finalité pratique pour l’enseignement et les soins.

L’Arsi participe à la construction des sciences infirmières en France et souhaite poursuivre dans cette voie. La création en octobre 2019 d’une section sciences infirmières du Conseil national des universités (CNU) est une bonne nouvelle. L’entrée de la discipline à l’université permettra une collaboration avec les enseignants-chercheurs et d’approfondir les sujets.

Comment démarchez-vous la profession ?

Notre objectif est de sensibiliser les infirmiers à acquérir des savoirs et des méthodes, et de développer la recherche. Nous les encourageons donc à se former, à faire de la recherche et surtout à publier leurs résultats.

Nous souhaitons également que les sciences infirmières et la recherche soient enseignées en formation initiale mais aussi dans le milieu du travail. La formation à la recherche fait partie du programme de formation depuis 1992 et les sciences infirmières sont explicitement nommées dans le référentiel de formation depuis 2009. Nous sensibilisons les infirmiers pour leur faire comprendre qu’il est important qu’ils soient acteurs.

Notre idée n’est pas que l’association porte toute l’action mais bien que la profession s’approprie les thématiques. D’ailleurs aujourd’hui, l’activité de recherche n’est pas réservée uniquement aux Centres hospitalo-universitaires (CHU), elle se développe aussi dans des secteurs comme les centres ou les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), la médecine du travail, avec des infirmiers qui commencent à manifester un intérêt certain.

Certes, il y a encore du travail à faire, nous ne sommes pas arrivés au bout du chemin. Mais nous constatons un élan réel de développement de la recherche depuis une dizaine d’années et il s’amplifie. Nous observons de plus en plus de personnes qui acquièrent des grades universitaires avec des masters et des doctorats en sociologie, en sciences de l’éducation, en biologie, en droit. Certains commencent à faire des liens avec les sciences infirmières. Cela avance. L’un de nos objectifs est de contribuer à ce qu’il y ait un cursus universitaire complet en sciences infirmières Licence-Master-Doctorat (LMD).

Comment diffusez-vous votre pensée ?

Aujourd’hui, notre association est bien identifiée dans le secteur de la santé et aussi dans les milieux académiques, elle est reconnue pour ses compétences en matière de recherche. Nous sommes donc sollicités pour participer à des réunions, à des groupes de travail. La diffusion se fait au travers de notre revue, de nos interventions et de nos productions. Nous y sommes très attachés. Mais nous ne souhaitons pas seulement manifester des intentions, nous proposons des pistes d’actions concrètes afin que les infirmiers s’en saisissent et puissent agir.

Propos recueillis par Laure Martin

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