Association des infirmiers en rééducation et réadaptation : porter la réflexion sur le handicap

Créée en 1983, l’Association des infirmiers en rééducation et réadaptation (AIRR) apporte une réflexion pour une amélioration de la qualité de vie de la personne en situation de handicap et de la prise en soins. Le point avec sa présidente Catherine Cadu.

Catherine Cadu, présidente de l'AIRR Association des infirmiers en rééducation et réadaptation

Catherine Cadu, présidente de l'AIRR. © DR

Pourquoi l’AIRR a-t-elle été fondée ?

L’association a été fondée en 1983, une époque à laquelle le domaine de la rééducation et de la réadaptation était peu connu.

Les infirmières du secteur ont commencé à se spécialiser dans ce secteur et à vouloir s’engager dans une réflexion autour de l’amélioration de la qualité de vie de la personne handicapée et de la qualité des soins en général.

Au travers de la création de l’association, nous avons enclenché une réflexion, de la recherche et de la communication dans ce domaine.

Comment votre action s’est-elle traduite concrètement ?

Par la mise en place, dès 1983, de deux journées d’études annuelle pour porter la réflexion sur le sujet de l’amélioration de la qualité de vie de la personne handicapée. Chaque année, les thèmes des journées varient. Nous abordons les pathologies, les concepts. Par exemple, en 2018, elles portaient sur le leadership infirmier en rééducation. En 2019, nous avons fait un focus sur la sclérose en plaques. Ces deux journées sont d’ailleurs reconnues comme journées de formation continue.

Lors de ce rendez-vous, nous échangeons et réfléchissons collectivement, en interdisciplinarité, avec des intervenants experts du sujet. Nous incluons les aides-soignantes dans notre réflexion, car elles ont un rôle très important auprès de la personne en situation de handicap. Nous nous interrogeons sur la façon de mieux travailler en partenariat avec les ergothérapeutes, les orthophonistes, les kinésithérapeutes. Nous abordons également toutes les questions autour de l’éducation thérapeutique du patient.

Notre association porte sa réflexion à l’international francophone avec la Belgique, le Luxembourg, la Suisse et le Québec. Cette démarche est très intéressante car les études et les pratiques varient d’un pays à l’autre. Nous pouvons ainsi nous inspirer les uns des autres, ce qui nous pousse à progresser dans nos réflexions.

A la suite de ces journées, les participants peuvent rapporter des éléments au sein de leur établissement pour faire évoluer les pratiques et la prise en soin.

Vous participez également au Diplôme universitaire pour les soins infirmiers en rééducation et réadaptation (DUSIRR)…

Effectivement, depuis 1993, ce DU est organisé en collaboration avec notre association et l’Association pour l’information scientifique et technique en rééducation (ALISTER) au sein de l’Université de Haute-Alsace, à Mulhouse.

L’objectif principal de ce DU est de permettre aux étudiants d’acquérir les connaissances spécifiques nécessaires à une approche globale des personnes en situation de handicap. Cette formation est organisée en plusieurs modules théoriques : santé et développement en rééducation et réadaptation, concept de soins infirmiers en rééducation, processus de rééducation de la phase initiale à la phase de réadaptation, approche de la personne en situation de handicap, psychologie et comportement, actions sociales pour les personnes en situation de handicap, communication scientifique et initiation à la recherche clinique. Elle comporte un stage pratique et la soutenance d’un mémoire, pour validation.

Un membre de notre conseil d’administration enseigne au sein de ce DU et fait également partie du jury. Les infirmiers qui y participent doivent mener un travail de réflexion, d’analyse et de synthèse sur une thématique en lien avec la rééducation et la réadaptation.

Pour nous, ce DU est vraiment très important pour la pratique, car certes, la rééducation et la réadaptation ne sont pas une spécialité infirmière, mais exercer dans de tels services requière des connaissances précises et selon nous une spécialisation car la prise en charge est particulière. L’apprentissage de terrain est bien entendu essentiel, mais des connaissances théoriques de base le sont également.

Propos recueillis par Laure Martin

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Site internet de l'AIRR : https://www.airr.eu/

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