« Les infirmiers de santé au travail doivent tous bénéficier d’une formation identique »

Association relativement jeune dans l’univers infirmier puisque créée en février 2019, le Réseau des infirmiers enseignants en santé travail (RIEEST) rassemble des formateurs de santé au travail et œuvre à l’uniformisation de la formation des infirmiers de santé au travail. Le point avec sa présidente Véronique Bacle, et sa secrétaire Joëlle Milliez.

Véronique Bacle, présidente du RIEEST

Véronique Bacle, présidente du RIEEST. © DR

Votre Réseau est relativement récent. Pourquoi l’avoir créé ?

Notre association est née de la réflexion d’infirmiers enseignants la santé au travail au sein de divers types de formations comme des Diplômes universitaires, des licences ou encore dans le cadre de la formation continue. Ils ont souhaité se regrouper pour échanger sur leur pratique et pour promouvoir notre formation.

Les textes prévoient qu’une fois employés dans un service de santé au travail ou au sein d’une entreprise, les infirmiers de santé au travail doivent suivre une formation, financée par leur employeur.

Mais rien n’est spécifié dans les textes concernant le type de formation ou encore sa durée. De fait, elle est très hétérogène.

Notre objectif est de promouvoir la formation initiale et de construire une maquette de formation avec une reconnaissance au niveau Master, afin de l’uniformiser. Au sein du RIEEST, nous réfléchissons au contenu et à la qualité de l’enseignement, tout en défendant la formation entre pairs.

C’est d’autant plus important qu’une proposition de loi visant à renforcer la prévention en santé au travail est en cours d’examen au Parlement, et qu’elle évoque les compétences des infirmiers de santé au travail.

Vous travaillez également à la reconnaissance de l’expertise des infirmiers de santé au travail…

Ce que nous souhaitons avant tout, c’est la reconnaissance de notre expertise avec l’obligation d’une formation initiale de qualité.

C’est notre première bataille pour faire en sorte que tous les infirmiers de santé au travail aient la même formation et ne se retrouvent pas en souffrance dans l’exercice de leur métier.

Néanmoins, la reconnaissance de la spécialité est également importante pour nous. Mais qui dit expertise, dit référentiel de formation. Pour le moment, cette demande n’a jamais abouti, selon nous pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous ne dépendons pas du ministère de la Santé mais de celui du Travail.

De plus, il semblerait que le ministère de la Santé ne soit pas enclin à créer d’autres spécialités infirmières. Enfin, côté employeur, cela voudrait dire nous attribuer des plus hauts salaires... La reconnaissance de notre expertise pourrait passer par un autre biais avec les infirmiers en pratique avancée (IPA).

Au sein du RIEEST, nous sommes en réflexion sur le sujet, d’autant plus que la proposition de loi a réactivé le débat sur cette question.

Joëlle Milliez, secrétaire du RIEEST

Joëlle Milliez, secrétaire du RIEEST. © DR

Qu’en est-il de la formation continue ?

C’est essentiel pour nous et c’est pour cette raison que nous cherchons à constituer un Conseil national professionnel (CNP) des infirmiers de santé au travail.

Il y a deux ans, nous avons interpelé l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) qui nous a accordé trois orientations de formation pour les infirmiers de santé au travail.

Mais normalement, n’étant pas un CNP, nous n’avons pas notre mot à dire sur la formation continue.

L’ANDPC nous a d’ailleurs fait comprendre que pour l’élaboration des prochaines orientations triennales, si nous voulons intervenir, nous devrons être constitués en CNP. C’est important pour nous car sinon, ce sont les médecins du travail qui décident des orientations pour notre formation.

Un CNP doit être composé de plusieurs associations et syndicats. Nous avons déjà le Groupement des infirmiers de santé au travail (GIT) ainsi que le Syndicat national des professionnels de la santé au travail qui sont d’accord pour travailler à sa constitution. Mais nous devons nous étoffer avec des forces vives, avec des jeunes en activité.

Ce n’est pas facile car cela demande de se dégager du temps en parallèle de son travail. 

 

D’autres réflexions sont-elles en cours au sein du RIEEST ?

Nous sommes tous formateurs et avec la crise, nous avons dû adapter nos outils et notre accompagnement pédagogique pour intervenir à distance.

Nous allons devoir mener une réflexion sur le sujet afin d’adapter au mieux notre façon de travailler en distantiel et répondre aux demandes des infirmiers qui évoluent également.

Propos recueillis par Laure Martin

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Site internet du réseau : http://www.rieest.org/

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