« Créer des liens permet de favoriser l’entraide entre infirmiers libéraux »

Infirmière libérale à Draguignan, Marion Joly a ressenti le besoin, en 2019, de porter la création d’une association, devenue l’association Infirmiers Dracénois engagement associatif de libéraux (IDEAL), visant à rassembler les infirmiers du territoire. Aujourd’hui, environ 60 IDEL en font partie. 

Chaque mois, ActuSoins présente une organisation infirmière (voir encadré).

Marion Joly, fondatrice et présidente de  l'IDEAL

Marion Joly, fondatrice et présidente de  l'IDEAL. © DR

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de créer une association d’infirmiers libéraux ?

Devant l’absence de communication entre les IDEL du territoire, l’exercice libéral de plus en plus difficile face à une prise en charge complexe, la réglementation qui évolue constamment et le virage ambulatoire à enclencher rapidement, j’ai trouvé judicieux de nous rencontrer. L’objectif était d’apprendre à nous connaître pour prôner l’union et le partage.

Pour enclencher mon idée, j’ai commencé par chercher les adresses email des infirmiers libéraux du territoire, sur les pages jaunes et ameli.fr, afin de les contacter. Je leur ai envoyé un email pour leur soumettre l’idée de créer une association et recueillir leur avis sur l’intérêt, pour eux, de se fédérer autour d’une association afin de se connaître. Mon besoin et mon ressenti étaient également partagés par mes confrères et consœurs. Le 7 janvier 2020, l’association est fondée avec une trentaine de personnes. Nous avions tout à créer : le nom, le logo. C’était motivant et dynamisant.

Quelles sont les missions de l’association ?

A peine l’association née, il y a eu la crise sanitaire. Nous nous sommes donc focalisés sur sa gestion et non sur l’association. Mais depuis la fin de la crise, nos missions se concentrent sur la gestion du cabinet des infirmiers libéraux.

L’association se veut un lieu d’échange sur les pratiques, les cotations, la réglementation, les contrats, l’exercice en Maisons de santé pluriprofessionnelle, en Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS). Nous voulons partager des informations sur les métiers notamment d’infirmières Asalée ou sur les Infirmières en pratique avancée (IPA).


Nous pouvons aussi partager, sur ce réseau, des demandes de remplacements ou de relai pour les prises en charge lorsque des idels sont fatiguées ou dans des rapports conflictuels avec leur patient. Notre objectif est d’alléger notre quotidien, de tout faire pour ne pas nous sentir isolés, pour libérer la parole et nous sentir entendus. Nos échanges se déroulent principalement sur Whatsapp.

Quelle est la place et la reconnaissance dont jouit l’association sur le territoire ?

Pendant la crise, alors que l’association était toute jeune, nous avons tout de suite été repérés pour être un interlocuteur privilégié de la CPTS afin de participer à la gestion de crise. Nous avons été sollicités, pour participer aux actions, aux centres de consultations et de prélèvements. Ce qui a d’ailleurs permis d’augmenter le nombre d’adhérents à l’association. Nous avons atteint 90 infirmiers, sans compter les remplaçants.

Aujourd’hui, nous sommes une soixantaine. Toutes les adhésions n’ont pas été renouvelées car certains infirmiers confondent la CPTS et notre association. Nous communiquons actuellement pour bien faire la distinction.

Nous sommes par ailleurs connus du conseil départemental de l’ordre des infirmiers du Var, des assistantes sociales de l’hôpital ou encore du laboratoire de biologie médicale.

Enfin, nous sommes identifiés par la Caisse primaire de l’assurance maladie (Cpam), pour les demandes de prises en charge des patients Prado, ainsi que pour des suites d’hospitalisations.

Quelles sont vos priorités à court terme ?

J’aimerais que nous disposions d’un outil, d’une ligne dédiée, pour diffuser, entre nous, les demandes de prises en charge via une plateforme sécurisée. Actuellement, les formules gratuites sont individuelles. Mais nous sommes une petite association, nous n’avons pas beaucoup de moyens. Pour le moment, je suis celle qui répond aux sollicitations, car c’est avec mon numéro de téléphone que l’association est connue, et je diffuse les demandes sur le fil Whatsapp, bien entendu, sans communiquer aucune donnée concernant les patients.  

Nous allons toutefois utiliser Azurezo, la plate-forme régionale de services numériques d’appui à la coordination du parcours de soins des patients, déployée par l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Groupement régional d’appui au développement de la e-santé (GRADES) GRADeS innovation e-santé sud (ieSS).



Nous aimerions aussi pouvoir développer des thématiques de formation avec des organismes de formation.

Enfin, dernier projet en cours : renforcer notre lien avec l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi). Nous recevons des étudiants en soins infirmiers (ESI) en stage et, leur parler au préalable, de notre métier, de la manière dont nous exerçons, est un plus. Ils sont nos futurs pairs, et c’est dans l’intérêt de tous de créer un partenariat avec l’Ifsi.

Propos recueillis par Laure Martin

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Pour tout renseignement sur l’association IDEAL : jolyion83@gmail.com

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