Comité d’entente des écoles IADE : « Nous aimerions que notre autonomie soit actée d’un point de vue législatif »

Les représentants des 28 écoles d’infirmiers anesthésistes sont tous membres du Comité d’entente des écoles IADE (CEEIADE). Cette structure a pour finalité l’entraide entre les écoles et la défense de la formation des futurs IADE, récemment mise à mal dans le cadre de la crise sanitaire. Le point avec sa présidente Ghislaine Rouby, également IADE depuis 1991 et formatrice.

Ghislaine Rouby, présidente et fondatrice du CEEIADE

Ghislaine Rouby, présidente et fondatrice du CEEIADE. © DR

Pourquoi le CEEIADE a-t-il été créé ?

Le Comité a été créé en 1993 en lien avec la révision de l’arrêté de formation des IADE en 1988. Jusqu’à cette date, les directeurs des écoles étaient les médecins.

L’arrêté a ouvert la direction des établissements aux directeurs des soins. Avec cette légitimité accordée à notre profession, le CEEIADE a vu le jour afin de créer du lien entre les 28 écoles, pour échanger et définir nos besoins ainsi que la mise en œuvre de l’arrêté de formation.

Nous avons voulu créer une force pour nous entraider à une époque où ce fonctionnement était nouveau pour nous. C’était d’autant plus important que nos écoles sont assez hétérogènes : certaines ont un agrément pour 100 étudiants, d’autres pour 15. La marge de manœuvre n’est pas la même et l’objectif était donc de nous entraider. Et bien entendu, cela a perduré. 

De quelle manière cette entraide se traduite-t-elle sur le terrain ?

Le CEEIADE participe aux réflexions visant à améliorer l’arrêté relatif à la formation afin de répondre aux exigences actuelles, à l’évolution des métiers, des techniques, à l’universitarisation.

Nous représentons donc les écoles auprès des pouvoirs publics, des organismes nationaux et internationaux.

Nous sommes 11 000 IADE sur le territoire français. Et le nombre d’étudiants pouvant être accueillis lorsque les écoles sont à 100 % de leur effectif est de 1450. Il faut reconnaître que par rapport aux Ifsi, le curseur n’est pas le même.

Mais même si notre échantillon n’est pas important, il est légitime, et nous nous devons d’être présents au sein de toutes les instances. Notre rôle n’est pas uniquement d’accompagner la formation, mais aussi de nous intéresser à l’après, à l’exercice des IADE.

Nous sommes là pour donner du sens. Nous participons donc à la réflexion sur notre place dans le système de santé et nous sommes par exemple intervenus dans la réflexion sur la création des Conseils nationaux professionnels (CNP) infirmier et infirmier en pratique avancée.

Portez-vous des revendications particulières ?

Tout à fait et l’une est directement en lien avec la crise sanitaire et aux perturbations que connaissent les étudiants IADE (EIADE). Leur mobilisation ne doit pas se faire au détriment de leur formation.

Nous souhaitons certes la construction de dispositifs permettant d’aider à la gestion de la crise mais nous nous positionnions également du côté des étudiants. Nous devons nous assurer qu’à l’issue de leur formation, ils seront en capacité de prendre en charge les patients et d’exercer sans aucune inquiétude à la fois pour les patients mais aussi pour eux et les médecins avec lesquels ils vont collaborer.

Nous devons être assurés que les étudiants vont avoir accès à tous les enseignements nécessaires par rapport à leur futur métier, ce qui nous demande aussi de nous réadapter. D’ailleurs, nous l’avons déjà fait avec la mise en place de l’enseignement en distanciel. Nous sommes très à l’écoute des EIADE par rapport à leur attente. Nous travaillons pour eux, nous les écoutons tout en tenant compte des contraintes du moment.

Notre objectif est donc de communiquer au niveau de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et des Agences régionales de santé (ARS) pour que les propositions soient cadrées. Il faut vraiment y être vigilants car certains EIADE commencent à arrêter leur formation.

Le nombre de diplômés va donc être moins élevé que prévu, ce qui va se répercuter sur les services, en attente de l’arrivée de professionnels de santé formés. Nous avons un rôle d’alerte sur cette problématique.

Votre autre revendication concerne la pratique avancée…

Nous ne voulons pas devenir des infirmiers en pratique avancée. En revanche, nous souhaitons que les IADE soient reconnus dans leur activité et leur exercice en pratique avancée. Nous aimerions que notre autonomie soit actée d’un point de vue législatif afin que le positionnement de l’IADE dans le système de santé soit clair.

Car notre fonction est largement autonome dans les blocs opératoires, mais elle est encore sous-estimée.

Pour aller plus loin, lire  : Infirmiers anesthésistes,  la pratique avancée se perd dans la navette parlementaire

Propos recueillis par Laure Martin

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