AEEIBO : « Les Ibode doivent devenir autonomes dans le cadre de leurs actes exclusifs »

 L’Association des enseignants des écoles d'infirmiers de bloc opératoire (AEEIBO) rassemble les 25 écoles formant à la spécialisation IBODE. Aujourd’hui, son principal axe de travail concerne la réingénierie de la formation, un dossier qui œuvre notamment à la reconnaissance de la profession. Explications avec Marie-Sophie Niay, la présidente de l’AEEIBO. 

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Marie Sophie Niay, présidente de l'AEEIBO. © DR

Dans quel cadre a été fondée l’AEEIBO ?

Cette association a été créée en juin 1976, de la volonté commune des directeurs d’écoles et des directeurs scientifiques, qui au sein de chaque école supervisent la formation, de se regrouper.

L’objectif a été de rapprocher toutes les écoles pour analyser leur fonctionnement et définir un objectif commun, qui consiste à dispenser un enseignement de qualité. La volonté était aussi de faire reconnaître la profession d’infirmière de « salle d’opération » au niveau du ministère de la Santé et vis-à-vis des chirurgiens.

A l’époque, les infirmières de salle d’opération étaient titulaires d’un certificat d’aptitude. Les représentants de l’association plaidaient pour un diplôme d’Etat afin de reconnaître la spécialité. Mais ce n’est que depuis le début des années 2000 que les Ibode disposent d’une formation de 18 mois.

Quel est votre objectif ?

Le champ de d’intervention de l’association se concentre sur la formation, que nous voulons plus que tout valoriser, et sur l’évolution des compétences.

Nous représentons également toutes les écoles et leurs intérêts communs auprès des pouvoirs publics. Nous sommes par exemple sollicités pour étudier les questions d’ordre professionnel notamment par la Haute autorité de santé (HAS) et le Conseil national professionnel (CNP) Ibode, pour l’élaboration des réglementations de bonnes pratiques. 

Quels sont les dossiers sur lesquels vous travaillez actuellement ?

Depuis fin mai 2021, nous travaillons activement à la réingénierie de la formation des Ibode avec tous les autres partenaires de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et du ministère de l’Enseignement supérieur notamment la Fédération hospitalière de France (FHF), la fédération hospitalière privée (FHP), les syndicats, etc.

Nous la réclamons depuis 2008. Mais le dossier est à chaque fois retardé sans qu’on nous donne d’explication. Je pense qu’historiquement, nous rencontrons des difficultés à faire reconnaître notre fonction. Or, aujourd’hui, notre programme doit être réajusté par rapport aux évolutions techniques et technologiques liées à l’exercice de notre métier.

L’enseignement dispensé aux futurs Ibode doit évoluer en conséquence. Notre objectif est de refondre la formation pour que nous puissions être rattachés à l’université à partir de septembre 2022. D’ailleurs, les 25 écoles d’Ibode sont déjà toutes en lien avec une université, ce qui devrait faciliter la mise en œuvre de la réingénierie. Dans l’idéal, nous voudrions qu’elle s’accompagne d’une hausse des salaires, en lien avec le grade Master de ce nouveau diplôme.

Cette réingénierie est d’autant plus nécessaire que dans le cadre du Grand plan 2018/2022, la volonté affichée du gouvernement est de miser davantage sur les compétences. Notre formation, à ce jour, n’entre pas dans la démarche. Par exemple, les infirmiers travaillant au bloc opératoire en cours de processus de Validation des acquis de l’expérience (VAE) pour obtenir le diplôme Ibode ne peuvent pas actuellement acquérir les compétences manquantes au sein de toutes les écoles car la formation est dispensée encore aujourd’hui sous modules.

Avec sa réingénierie, nous souhaiterions mettre en place un parcours continu et un parcours partiel afin d’accueillir, entre autres, ces infirmiers en cours de VAE.

Avez-vous un autre cheval de bataille ?

Notre souhait est de veiller à ce que les Ibode deviennent autonomes dans le cadre de leurs actes exclusifs. Nous voudrions vraiment valoriser cette compétence et faire en sorte qu’elles soient reconnues comme les assistantes chirurgicales du chirurgien.

Aujourd’hui, les infirmiers ayant un an d’expérience au 31/12/2019 et qui ont reçu l’attestation provisoire des Directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) peuvent exercer la fonction d’aide opératoire.

Demain, nous voulons que seules des Ibode puissent l’exercer. Cela implique que les infirmières qui accèderont au bloc sans le diplôme de cette spécialité, ne seront plus aides opératoires, mais uniquement - si elles souhaitent poursuivre un exercice au bloc - circulantes, donc elles travailleront hors du champ stérile.

S'il existe une spécificité dédiée au bloc opératoire depuis plus de 50 ans, c'est parce que cette pratique comporte des actes spécifiques, qui nécessitent des connaissances et donc une formation spécifiques. C'est aussi une question de sécurité pour les patients. Les Ibode sont garants de la gestion des risques au bloc opératoire.

Propos recueillis par Laure Martin

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