Burn-out, violences : l’ONI Ordre National des Infirmiers veut soutenir et renforcer les dispositifs

A l’occasion de la cérémonie des vœux 2019, l’Ordre national des infirmiers a notamment mis en avant les initiatives en matière d’aide et d’entraide pour la profession.


Burn-out, violences : l'ONI ordre national des infirmiers veut soutenir et renforcer les dispositifsParmi les initiatives : la plate-forme téléphonique, mise en place en avril dernier par les Ordres des infirmiers et des médecins ainsi que par sept associations professionnelles, permet aux soignants de joindre 24h/24 un psychologue clinicien formé.

En moins de neuf mois, « la plate-forme a reçu 3000 appels, tous soignants confondus, dont la moitié provenant d’infirmiers, et a notamment permis d’hospitaliser cinq infirmiers en détresse », souligne Patrick Chamboredon, président de l’ONI. « La souffrance des soignants, c’est un véritable sujet. Certains sont fatigués, ont envie d’arrêter, sont en burn-out. C’est important pour nous de pouvoir les orienter », ajoute-t-il.

Rappelons que les soignants peuvent ainsi « bénéficier d’un soutien psychologique ou d’une orientation vers un service hospitalier dédié à la prise en charge des soignants, voire d’une prise en charge d’urgence si la situation l’impose », expliquait l’ONI en avril dernier, lors du lancement de la plate-forme. En cas de violence, d’agression, de litige avec un confrère,… ils peuvent être « réorientés vers le Conseil départemental de l’Ordre des infirmiers » ou vers les services de l’ONI pour « des questions de déontologie, questions juridiques, administratives, réglementaires ». Ainsi l’ONI a également reçu « des demandes d’aide d’infirmières qui ont été victime des inondations dans l’Aude », en octobre dernier, souligne-t-il.

Une nouvelle enquête sur le "mal-être" des infirmiers

Parallèlement, l’ONI compte relancer l’enquête menée l’an dernier qui avait notamment montré que « 9% des répondants ont « parfois » (7%) ou « très souvent » (2%) des idées suicidaires » et que près de 25% avaient « déjà consulté un psychiatre ou un psychologue pour des questions liées à leur travail ». La charge de travail (79%), ainsi que les violences et l’agressivité (57 %) étaient considérés comme les deux principaux facteurs de mal-être.

« Cela nous interpelle et nous voulons interpeller les pouvoirs publics. Nous voyons que les soignants ne sont plus considérés comme ils devraient l’être », a affirmé Patrick Chamboredon, à l’occasion des  vœux 2019.

Violences : un partenariat avec l'ONVS et une réactivation des conventions santé-sécurité-justice"

Concernant les violences envers les infirmiers, « le recensement par l’Observatoire des Violences aux infirmiers (OVI) souffre d'un manque de remontées des hôpitaux et de chiffres qui ne sont pas assez documentés» concède-t-il.D’où la volonté de l’ONI de s’associer également à l’ONVS (Observatoire national des violences) auquel tous les chefs d'établissements doivent faire remonter les cas.

Toujours dans cet esprit, le président de l’ONI compte demander la réactivation et le renforcement des conventions « santé-sécurité-justice » qui sont trop peu souvent mises en œuvre, « afin de les rendre plus efficaces ». Elles permettent notamment la désignation d’un correspondant local police/gendarmerie, la réalisation de diagnostics de sécurité dans les établissements. Elles facilitent les démarches avec les services de sécurité de l’État et la transmission de l’information judiciaire, comme les suites données par exemple. « Notre travail avec la DGOS devrait être positif sur ce point », espère Patrick Chamboredon.

Cyrienne Clerc

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