Un Observatoire de la sécurité des infirmiers lancé par l’Ordre infirmier

L’Ordre national des infirmiers (Oni) lance un Observatoire de la sécurité des infirmiers. Sa finalité : disposer de données actualisées pour prendre des mesures adaptées à l’échelon local et national.

Un Observatoire de la sécurité des infirmiers lancé par l’Ordre infirmier

© iStock

Objectif de l’Oni : offrir la possibilité aux infirmiers de déclarer, sur leur espace personnel en ligne, les violences dont ils ont été victimes. Toutes les violences du Code pénal sont concernées à savoir les violences physiques, verbales, psychologiques et à l’égard des biens.

« En se connectant à leur espace personnel, les infirmiers auront accès à une fiche de signalement à remplir », indique Véronique Péchey, vice-présidente de l’ONI et responsable du projet.

L’outil informatique, qui doit encore être finalisé, permettra à l’infirmier de rédiger quelques lignes sur les violences subies, de préciser qui en est l’auteur (le patient, sa famille, un proche, etc.), le type de violences dont il a été victime ou encore le lieu de la violence.

Une démarche globale

Ce dispositif s’inscrit dans une démarche plus globale de l’Oni contre les violences, menée dans le cadre de sa commission « Santé publique ».

« Je suis responsable du dossier national sur les violences faites aux femmes, explique Véronique Péchey. Nous avons déjà travaillé sur les violences intrafamiliales, celles commises à l’encontre des enfants, des personnes âgées et par extension, cela nous a amené à prendre en compte des violences faites aux soignants, et ce avant même que cela soit annoncé comme chantier prioritaire par Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l'Organisation territoriale et des Professions de santé. »

Le groupe a mis en place des fiches d’informations à destination des infirmiers. Les trois premières, qui concernent les patients, font justement un point sur les violences conjugales, la maltraitance envers les enfants et la maltraitance à l’encontre des personnes âgées à domicile.

Deux autres fiches sont consacrées aux soignants avec une fiche dédiée au harcèlement au travail et une autre sur les violences faites aux infirmiers, cette dernière devant encore être validée par l’Oni.

Encourager aux déclarations

Toutes ces mesures sont donc liées. « Le premier constat que nous faisons repose sur la sous-déclaration des actes de violences par les infirmiers qui les subissent, pointe du doigt Véronique Péchey. Il est donc important de les encourager à les signaler. »

La déclaration à l’Observatoire est une action différente de celles du dépôt de plainte. Dans ce cadre, l’Oni travaille de concert avec l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), porté par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), qui recueille les informations directement de la part des établissements de santé – et non des infirmiers –, et depuis peu, des infirmiers libéraux. « Nous offrons une proposition complémentaire aux infirmiers, car notre objectif est qu’ils puissent eux-mêmes effectuer leurs déclarations, souligne Véronique Péchey. Nous allons tester cette manière de travailler et nous verrons si nous devons ajuster le protocole. »

Les données permettront à l’Oni de disposer d’une base statistique sur ces violences, aujourd’hui manquantes.

Car si les violences physiques sont les plus déclarées, les infirmiers ont moins tendance à faire état « des violences verbales, psychologiques ou encore des vols de biens comme de leur mallette par exemple », précise-t-elle.

Des infirmières sous-estiment également certaines violences, voire excusent, dans certains cas leurs patients au regard de leur situation. Les données pourront être exploitées à l’échelle départementale afin de travailler avec l’ensemble des structures – préfecture, police, justice – pour réfléchir à des moyens de protection et de prévention à mettre en œuvre.

Les référents violence

Au sein des Conseils départementaux de l’Ordre des infirmiers, des référents violences interviennent déjà dans le champ des violences intrafamiliales.

Ils sont formés à ce titre pour accompagner les infirmiers témoins de telles violences. « J’aimerais qu’ils puissent l’être également sur les violences faites aux soignants, afin de pouvoir assister leurs confrères et consœurs, qui en auraient fait la demande sur la fiche de signalement », indique Véronique Péchey.

Les référents pourraient intervenir en soutien pour un éventuel dépôt de plainte à la police, pour trouver un relai en cas de besoins d’accompagnement psychologique ou encore aider sur la conduite à tenir en cas de danger immédiat pour le soignant.

L’Observatoire se veut être une porte d’entrée pour mettre la lumière sur ce problème. « Tout n’est pas encore en place, nous déployons les solutions progressivement, mais il faut absolument trouver des moyens financiers, dissuasifs, ou encore des moyens de protection et de prévention afin d’aider les infirmiers », conclut Véronique Péchey.

Laure Martin

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter Actusoins

Abonnez-vous à la newsletter des soignants :

Faire un don

Vous avez aimé cet article ? Faites un don pour nous aider à vous fournir du contenu de qualité !

faire un don

Réactions

1 réponse pour “Un Observatoire de la sécurité des infirmiers lancé par l’Ordre infirmier”

  1. emmanuel boularand dit :

    la première version existe déjà depuis 2010.

    https://urps-infirmiers-idf.fr/project/declarer-un-incident-a-lobservatoire-des-violences-envers-les-idel/

    j’en étais le promoteur avec le bureau national de l’époque et Dominique LEBEUF,présidente.

    l’observatoire des violences envers les soignants… est une évolution pas une creation..

    il serait bien que journalistiquement vous fassiez preuve de rigueur comme les soignants le font dans leur métier.

    merci

Réagir à cet article

retour haut de page
385 rq / 3,782 sec