Suppression de l’Ordre national des infirmiers : Les CONTRE

Depuis le vote par les députés d'un amendement supprimant l'Ordre Infirmier, les réactions d'opposition à ce vote sont nombreuses. 

Suppression de l'Ordre infirmier : Les CONTRE

Syndicats, associations, professionnels : nombreuses sont les voies qui s'élèvent contre la suppression de l'Ordre National des Infirmiers. Aperçu...

L'UNAIBODE, se déclare "choquée"

L'UNAIBODE est "choquée" par la décision de supprimer l'Ordre et appelle l'ensemble de la profession à soutenir l'Ordre.

Représentée par sa présidente Brigitte Ludwig, l'UNAIBODE, qui rassemble l'ensemble des infirmiers de bloc opératoire diplômés d'état, considère la suppression de l'Ordre National des infirmiers "comme un retour en arrière" et se dit "outrée de cette décision à l'emporte-pièce, prise à la va vite dans la nuit de jeudi à vendredi par seulement 29 votants".

"Depuis sa création en décembre 2006, l'UNAIBODE a toujours soutenu l'Ordre qu'elle considère comme un véritable garant de la sécurité des patients, notamment grâce à son action contre l'exercice illégal dans les blocs opératoires" explique l'UNAIBODE.

L'Unaibode s'insurge contre cette suppression qui "semble avoir été ourdie par ceux qui ne veulent pas de personnels diplômés dans les blocs pour garantir la sécurité". En effet au moment où on vient de reconnaître aux IBODE la  pratique exclusive d'actes prescriptibles par le chirurgien, l'association s'interroge sur la garantie de sécurité assurée par l'Ordre qui "poursuit toutes les dérives encore existantes aujourd'hui "." Qu'en sera-t-il dans les hôpitaux des circonscriptions de ces députés quand des personnes sans diplôme de bloc assureront le travail de bloc ?" s'interroge l'association.

"A l'heure où l'on réfléchit aux pratiques avancées des infirmiers,l'Ordre, qui régule, réfléchit, propose et agit, est indispensable à la pratique déontologique et de qualité que les autres professionnels du soin et les patients sont en droit d'attendre" ajoute l'association.

L'ANFIIDE déclare que l'Assemblée a "volé" le temps de l'Ordre infirmier

"Il faut du temps pour asseoir une gouvernance. L’Ordre Infirmier a tout juste 8 ans ! Le temps pour construire, rassembler, communiquer, convaincre lui a été volé !" estime l'Association Nationale des Infirmiers et Infirmières Diplômés D'Etat.

"Tous les Ordres professionnels ont pour mission d’investir le champ politique pour défendre l’ensemble d’une profession, en préserver et en garantir l’autonomie de ses membres, dans l’exercice de leurs activités, dans le respect de la définition de leur travail, de la déontologie, de son territoire professionnel et du périmètre de ses activités"

Et de s'interroger "Oublie-t-on que l’Ordre par ses 168 000 inscrits est le deuxième ordre professionnel français ? Oublie-t-on que le code de déontologie, après des années de procédure, vient seulement de lui être octroyé le 20 mars 2015 par le conseil d’état ? A-t-on l’audace de penser qu’en période de crise où l’effort est demandé à chacun que l’ensemble des missions régaliennes de l’Ordre va être repris sans difficultés par des instances déjà surchargées ? Les pourfendeurs de l’Ordre pensent-t-ils que l’Ordre Infirmier est moins honorable et moins utile que les autres ordres existants ? L’exception française se manifeste-t-elle aujourd’hui dans le refus d’un ordre infirmier que la majorité des pays européens ont adopté et soutenu ?"

L’ANFIIDE exprime une profonde consternation face à une décision "aussi lourde de conséquences". Elle soutient  le maintien de l’Ordre Infirmier Français et demande aux Députés et Sénateurs de "reconsidérer la décision prise le 9 avril 2015 et de s’inscrire dans une démarche citoyenne en permettant à l’Ordre Infirmier de perdurer afin de garantir à tous les français l’assurance de soins de qualité qu’ils sont en droit d’attendre"

Le collège infirmier Français dénonce

"La loi de modernisation de la santé devait être l’occasion d’un renouveau pour la profession infirmière, avec une véritable reconnaissance de ses compétences professionnelles autonomes. D’une part, pour l’ensemble des infirmières, avec un renforcement de leurs actions de prévention, d’éducation pour la santé, de prescription de substituts nicotiniques, etc. D’autre part, pour celles qui obtiendraient un Master en pratique avancée, la prise en soins des patients atteints de pathologies chroniques, la coordination et la gestion des parcours complexes notamment"

"A travers le vote de l'abrogation de l'Ordre National des Infirmiers, c’est à nouveau la qualité des prises en soins qui est remise en question et par là même la profession infirmière. Voudrait-on la museler ?" s'interroge le Collège.

"Nos députés connaissent-ils notre profession ? Quand les politiques manquent de cohérence, les décisions peuvent avoir de graves conséquences pour la qualité des soins, le suivi des compétences professionnelles, la régulation, le respect de l'indépendance et des règles professionnelle, mais également sur le contrôle de l’accès à la profession, points forts des actions de l'ordre"

"Vouloir abroger l’Ordre des Infirmiers, c’est souhaiter réduire l’infirmière à une simple exécutante. L’Ordre n’est financé que par l’argent des cotisations de ses membres : il est libre, autonome, indépendant. Avec 168.000 inscrits, il est le deuxième Ordre français. La réforme des études a été mise en place l’année de son installation. Aujourd’hui la pratique avancée fait enfin l'objet d'un projet en France. C'est dans ce même temps que l'on souhaite priver la profession de son porte voix. Un hasard ? Certes non !"

FNESI : les étudiants expriment aussi leur crainte

"Cet amendement, ciblant directement l’instance ordinale de la profession infirmière a été déposé sans réel processus de concertation en son sein. Il repose donc sur une vision tronquée du fonctionnement et des missions de l’ONI. S’il est vrai que les débuts de l’instance ont été regrettables en terme de gestion, notamment financière, force est de reconnaître qu’elle a su évoluer. l’ONI a ainsi pris sa place dans la représentation des professionnel-le-s à l’échelle nationale tout en assainissant sa gestion comptable" rapporte un communiqué de la Fédération étudiante.

La Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers (FNESI) interroge aujourd’hui le gouvernement, les parlementaires et les infirmiers. " Doit-on, comme l’a déploré Madame la Ministre Marisol Touraine, supprimer hâtivement l’instance ordinale de notre profession, alors même que la France entame son fameux “virage ambulatoire”, alors même que l’ONI est le seul organisme capable de rassembler les infirmier-e-s au delà de leur mode d’exercice ? Qu’en est-il également du procédé utilisé qui, par le dépôt d’un amendement à un projet de loi, argumenté d’une tentative désespérée de réflexion globale sur l’utilité et l’efficience des instances ordinales, aspire pourtant à ne faire disparaître que celui qui représente les infirmier-e-s français-e-s ?"

La FNESI appelle aussi les pouvoirs publics, au travers du gouvernement et des parlementaires, à "prendre leurs responsabilités envers l’ensemble de la profession infirmière. Les propositions envisagées par Madame Le Houerou sont en l’état utopiques et inadaptées. Le Haut Conseil des Professions Paramédicales (HCPP), organe majeur de concertation et de réflexion des professionnel-le-s, n’a pas tenu de séance depuis le mois de Novembre 2014. En conséquence, aucune réflexion sur l’évolution de la profession n’a pu avoir lieu, par manque de volonté politique du gouvernement. Il parait donc improbable que le HCPP constitue une solution alternative, en l’état, à une instance ordinale". 

Les étudiants en soins infirmiers expriment leurs craintes réelles pour l’avenir de la profession si la loi de modernisation du système de santé venait, in fine, à faire disparaître l’Ordre National Infirmier. Ainsi, la FNESI demande tout d’abord au gouvernement de "ramener à la raison sa majorité parlementaire, ensuite aux sénateurs de prendre la mesure d’un tel amendement et de le rejeter". La FNESI estime que si une réflexion doit avoir lieu pour la suppression des ordres professionnels, il faudrait la mener pour l’ensemble des ordres nationaux "sans discrimination ou dénigrement".

 

LE Syndicat National des Infirmières et Infirmiers libéraux ainsi qu'évidemment l'Ordre National des Infirmiers  se sont également insurgés à la suite de ce vote.

 

Rédaction ActuSoins

A LIRE AUSSI : SUPPRESSION DE L'ORDRE : LES "POUR"

 


Loi Santé - Amendement 517 - A. Le Houérou par annielehouerou

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Réactions

25 réponses pour “Suppression de l’Ordre national des infirmiers : Les CONTRE”

  1. Sansebastien dit :

    Tout nos amis de Résilience sont là!
    Même eusebe est revenue avec son dogmatisme et son idéologie propre à son engagement politique:
    ”Article très partisan, donc sans intérêt.” quand ça ne plaît pas à eusebe, c’est sans intérêt, c’est pourtant connu!

  2. ordinal dit :

    La rédaction du Code de Déontologie a été faite avec la collaboration d’un juriste spécialiste des Ordres et des Codes de Déontologie. Il reprend en partie les articles du CSP. Peut-être êtes vous assez débile pour ne pas comprendre à la première lecture.

  3. Avec les réformes qui se profilent, certains politiques ont tout intérêt à tuer l’ordre. ce que n’ont pas compris certains infirmiers, c’est qu’on recule…

  4. Seb Olivetto dit :

    Gardons l ordre. Il nous est utile a l heure des transferts de competences pour defendre nos interets

  5. Et les cotisations, on va les récupérer ???

  6. Il ne faut pas dire n’importe quoi. On a besoin de tous les corps en relation avec le médical quand on est confronté à certaines maladies.

  7. Supprimons cette structure inutile et coûteuse pour tout le monde, par pitié!

  8. cedr1c dit :

    Dans les contre, on retrouve des associations et petits syndicats avec à leur commande des élus ordinaux…mélange des genres au détriment des infirmiers.
    La loi interdit d’être élu ordinal et président d’association ou de syndicat, pas de problème on devient secrétaire général…

    • MIGALOU dit :

      “petits syndicats”
      De qui se moque-t-on ? Pour le coup vous avez raté là une occasion de vous taire, il n’y a pas plus petit syndicat que celui qui est pour cette suppression de l’ordre : Résilience !!
      Hautement représentatif de la population infirmière avec ses 127 adhérents, sur 600.000 IDE !

  9. Motarde de DIJON dit :

    Ce que je pense de toute cette polémique…

    Brigitte LUDWIG, Présidente de l’UNAIBODE, déclare : « Depuis sa création en décembre 2006, l’UNAIBODE a toujours soutenu l’Ordre qu’elle considère comme un véritable garant de la sécurité des patients, notamment grâce à son action contre l’exercice illégal dans les blocs opératoires » explique l’UNAIBODE

    Réponse : L’exercice illégal dans les blocs pouvait être combattu par L’UNAIBODE au moyen de recours auprès des tribunaux de droit commun. Nul n’est censé exercer la profession d’infirmier (e) s’il n’est titulaire d’un diplôme d’Etat (Article L.4311-1 du CSP).

    L’ANFIIDE déclare : “Il faut du temps pour asseoir une gouvernance. L’Ordre Infirmier a tout juste 8 ans” !

    Réponse : Certes, mais la gouvernance hasardeuse du début de l’Ordre n’est pas le fait d’une seule personne. Cette gouvernance plus que contestable, relevait de la responsabilité collective de l’ensemble des élus du Conseil National de l’Ordre des Infirmiers qui l’ont approuvée par leur vote. Le Vice-Président de l’époque (aujourd’hui Président) n’y trouvait rien à redire. Et l’ANFIIDE, n’y trouvait rien à redire non plus.

    Le COLLEGE INFIRMIER FRANCAIS dénonce : « A travers le vote de l’abrogation de l’Ordre National des Infirmiers, c’est à nouveau la qualité des prises en soins qui est remise en question et par là même la profession infirmière ».

    Réponse : Cet argument est fallacieux. La grande majorité des 600 000 infirmiers (e) est soucieuse de proposer des soins de qualité. La qualité des soins est l’une des préoccupations majeures des infirmiers (e) ordinés ou non !

    La FNESI s’exprime : « S’il est vrai que les débuts de l’instance ont été regrettables en terme de gestion, notamment financière, force est de reconnaître qu’elle a su évoluer ».

    Réponse : Tout de même ! Rappelons que le Président et le Secrétaire Général actuels, ainsi que d’autres membres toujours aux affaires aujourd’hui, avalisaient toutes les décisions sous la présidence de Madame LEBOEUF. Ces élus avaient le pouvoir de dire non. On ne peut pas dire: “Je n’y suis pour rien, je n’y étais pas” !

    En conclusion :

    La première gouvernance n’est pas très différente de l’actuelle. Madame D. LEBOEUF, malgré sa forte personnalité et son caractère autoritaire, avait peut-être sincèrement l’ambition de faire évoluer la profession d’infirmier (e). De l’inscrire dans une vision progressiste.

    Rien n’a changé. Aujourd’hui ce qui prévaut, c’est toujours l’autoritarisme du Conseil National. Cette prétention à affirmer que sans lui rien ne va, sans lui point de salut !

    Je ne dis pas que l’Ordre des Infirmiers est nuisible aux infirmiers. Je dis que son sectarisme, sa propension à donner des leçons, l’a conduit à se faire rejeter par une majorité d’infirmiers pourtant consciencieux dans leur travail quotidien.

    En ce sens, la première gouvernance ressemble étrangement à la seconde.

  10. eusebe dit :

    Je n’avais pas lu l’autre article, donc ma réaction précédente n’a pas lieu d’être, désolé.

  11. eusebe dit :

    Article très partisan, donc sans intérêt.

  12. solange granier dit :

    Le cumul des “professionnels de la profession” :

    OrdreInfirmiers=CIF=SNPI=COLLEGEINFIRMIER=ACADEMIEDESSCIENCES=ANFIIDE = Thierry Amouroux.

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