Accompagner, coordonner, représenter : les priorités de l’Inter-ARIPA

Accompagner, coordonner, représenter : les priorités de l’Inter-ARIPA

Créée il y a maintenant quatre ans, l’Inter-Association régionale des infirmiers en pratique avancée (Inter-ARIPA) a vocation à fédérer l’ensemble des associations locales afin de promouvoir le développement de la pratique avancée en France. Jean-François Gay-Laget, son président en explique les enjeux.

Jean-François Gay-Laget, président de l’Inter-ARIPA. © DR

Comment est née l’idée de créer l’Inter-ARIPA ?

L’idée est née en 2020, à l’initiative des trois premières associations régionales des IPA, celles du Centre-Val de Loire, d’Occitanie et de Bretagne. Après que ces trois associations ont appris leur existence respective, elles se sont contactées via les réseaux sociaux et ont décidé de se regrouper pour constituer une association nationale, pour acquérir davantage de lisibilité et partager les travaux qu’elles mènent sur leur territoire. C’est ainsi qu’est née l’Inter-ARIPA en décembre 2021.

La première mission que s’est donnée la première présidente de l’association nationale a été de recenser les associations locales, nées au fil de l’eau. Aujourd’hui, il en existe 12.

Quelles sont les missions de l’Inter-ARIPA ?

Lors de notre assemblée générale de février 2025, nous nous sommes fixé cinq objectifs. Tout d’abord, accompagner les nouvelles associations régionales, qui rencontrent parfois des difficultés à conclure des Contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (Cpom) avec leurs Agences régionales de santé (ARS). Pour le moment, sept associations sur onze sont financées. Nous avons donc mis en place du compagnonnage et créé des binômes afin que les anciennes associations, déjà bien installées aident les nouvelles.

Par ailleurs, nous entendons aussi partager des retours d’expérience et de terrain à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et à la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). À titre d’exemple, en Bourgogne-Franche-Comté, l’association régionale – RésIpa – a mis en place des binômes IPA-médecins libéraux comme hospitaliers, afin d’accompagner ceux qui le souhaitent dans leurs projets d’intégration dans la formation IPA. Il est important pour les deux instances nationales d’être informées de ce type de projets.

L’Inter-ARIPA a également vocation à rendre visibles les actions menées au niveau local telles que les journées régionales, les projets déployés avec les ARS, les liens avec les fédérations régionales des Maisons de santé pluriprofessionnelles. Cela demande du temps à consacrer notamment à la communication sur les réseaux sociaux, sur les sites Internet, etc.

Nous souhaitons aussi rendre lisible la recherche en pratique avancée. Aujourd’hui, le Conseil scientifique des IPA (COSIPA) et la Société française de recherche des IPA (SoFRIPA) sont les deux sociétés savantes des IPA. Nous avons pris contact avec elles pour partager des informations sur les IPA qui s’engagent dans la recherche en France. A travers leurs sites Internet et celui de l’Inter-ARIPA qui sera créé prochainement, nous aimerions élaborer un annuaire des IPA qui effectuent de la recherche seuls ou en collaboration, et ainsi faciliter les prises de contact. J’ai lancé le recensement il y a un mois auprès des associations régionales adhérentes.

Enfin, dernier objectif que nous avons déjà accompli : intégrer le Conseil national professionnel des infirmiers (CNP) IPA en juin 2025. Lors de notre assemblée générale en février 2025, nous étions 857 adhérents – aujourd’hui nous sommes plus de 1000. Nous avons donc été considérés comme suffisamment représentatifs pour intégrer le CNP, ce dernier ayant également estimé que nous étions rigoureux dans nos statuts et que nous détenions une expertise de terrain à partager. Nous avons cinq représentants de l’association au CNP : quatre ont été élus au Conseil d’administration et un autre au bureau.

Quelle est votre actualité ?

Nous nous sommes rendu compte que certains de nos adhérents – qui le sont par l’intermédiaire de leur association régionale – et d’autres IPA ne connaissent pas notre existence. L’Inter-ARIPA reste floue et plus éloignée pour eux. A la demande du conseil d’administration, nous allons donc renforcer la communication avec un site internet dédié pour faire connaître nos missions. C’est aussi pour cette raison que je me déplace à toutes les journées des associations régionales, afin de présenter l’Inter-ARIPA.

Nous aimerions également évoluer vers le statut de fédération. Actuellement, les membres de chaque association régionale décident des représentants qu’ils élisent ou nomment pour rejoindre l’Inter-ARIPA. Il s’agit à chaque fois de quatre membres. Ces personnes intègrent le Conseil d’administration en tant que personne physique et non en tant que personne morale. Ce n’est donc pas leur association régionale qui est représentée. L’existence d’une fédération permettrait de pallier ce problème. Ce serait plus démocratique pour nous et d’un point de vue symbolique, le statut fédératif est davantage représentatif auprès de nos partenaires. Nous allons faire voter cette évolution en 2026.

Propos recueillis par Laure Martin

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