Don de RTT pour les soignants : la proposition de la discorde

Stéphanie Rist annonce le renforcement des compétences infirmières

Fin janvier, Stéphanie Rist a fait le point sur le calendrier de la réforme du métier d’infirmier. La ministre de la santé a notamment confirmé la publication prochaine des décrets et arrêtés d’application, tout en annonçant une évolution des compétences infirmières destinée à renforcer l’accès aux soins.

Engagée depuis 2023 à l’issue d’un travail de concertation inédit avec l’ensemble de la profession, la réforme du métier infirmier, actée par la loi de juin 2025, a permis la reconnaissance des compétences infirmières pour renforcer l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire. Si un premier jalon a été posé avec la publication, le 24 décembre, du décret socle du métier infirmier, organisé autour de dix missions essentielles, d’autres textes sont toujours en attente de publication.

Les décrets et arrêtés relatifs aux soins et aux prescriptions infirmières font actuellement l’objet de concertations approfondies avec l’ensemble des parties prenantes —syndicats, collèges, Ordre et associations — « et seront finalisés dans les prochaines semaines pour une publication avant la fin du premier semestre 2026 », a fait savoir la ministre fin janvier lors d’un déplacement à Taissy (Marne).

Elle a, par ailleurs, annoncé l’accès direct aux infirmiers pour la prise en charge des plaies et de la cicatrisation, en situations aiguës comme chroniques ; la reconnaissance financière de la consultation infirmière, intégrée aux négociations conventionnelles en cours ; et l’élargissement aux infirmiers de la délivrance des kits de dépistage du cancer colorectal, à compter de mars 2026, notamment dans le cadre de la campagne nationale Mars Bleu, avec une valorisation financière équivalente aux autres professions concernées.

Refonte de la formation

La réforme du métier s’accompagne d’une refonte de la formation en sciences infirmières, dont les textes devraient, d’après la ministre, être publiés en février. Cette réforme a pour objectif de moderniser la formation, de faire en sorte qu’elle soit plus adaptée aux évolutions du métier et aux besoins de santé de la population, tout en réduisant le taux d’abandon et en renforçant l’attractivité des études.

Pour soutenir cet effort, l’État a réaffirmé son engagement, initialement prévu dans le cadre des contrats de plan État-Régions, de financer l’ouverture de près de 5 500 places supplémentaires en Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) en 2026.

Enfin, dans la continuité de la loi infirmière, le Gouvernement engagera en 2026, les travaux réglementaires de réingénierie des métiers d’infirmier de puériculture et d’infirmier de bloc opératoire, ainsi qu’une feuille de route dédiée aux infirmiers en pratique avancée, co-construite avec la profession, afin d’améliorer leurs conditions d’exercice et de renforcer l’accès aux soins.

Réactions syndicales

À la suite de ces annonces, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) les a saluées, estimant que « ces propositions traduisent une évolution positive et attendue », a soutenu John Pinte, en mettant plus particulièrement l’accent sur la reconnaissance des compétences des infirmiers libéraux, avec l’accès direct pour la prise en charge des plaies. « Cette annonce marque une évolution notable par rapport au premier projet d’arrêté, initialement plus contraignant et limitant la prise en charge à un nombre restreint de situations », a-t-il ajouté.

La volonté affichée de reconnaître financièrement la consultation infirmière est également un point important pour le Sniil. Elle constitue un levier indispensable pour accompagner l’évolution des missions et des responsabilités des infirmiers libéraux. Le volet financier a justement été plus particulièrement pointé du doigt par Convergence Infirmière, qui rappelle que « la reconnaissance des compétences, l’élargissement des missions et l’accès direct ne peuvent être dissociés d’une revalorisation substantielle et durable des actes infirmiers, tenant compte de la réalité économique de l’exercice libéral, de l’augmentation continue des charges, de la pénibilité croissante du métier et des responsabilités accrues confiées aux infirmières et infirmiers sur le terrain ». Des négociations conventionnelles sont d’ailleurs en cours pour notamment identifier des leviers de valorisation tarifaire sur d’autres champs de compétences des infirmiers.

Le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) estime, quant à lui, que l’annonce de ces mesures traduit « un choix politique assumé », à savoir celui de « faire confiance aux compétences infirmières », et de « reconnaî­tre le rai­son­ne­ment cli­ni­que infir­mier ». Une décision qui devrait permettre de « répon­dre concrè­te­ment aux délais, aux rup­tu­res de par­cours et aux iné­ga­li­tés ter­ri­to­ria­les ».

Laure Martin

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