D’infirmier en réa à doctorant en psychologie cognitive

Infirmier de formation, Guillaume Decormeille a fait le choix d’embrasser une carrière dans la recherche. En cette rentrée, il débute sa deuxième année de doctorat en psychologie cognitive à Toulouse.   

Guillaume Decormeille D’infirmier en réa à doctorant en psychologie cognitive

Guillaume Decormeille. © DR

« Je suis infirmier depuis 2004 et dès 2005, j’ai été embauché au CHU de Toulouse au service des maladies infectieuses et tropicales », se souvient Guillaume Decormeille. Pour l’infirmier, l’équipe médicale et paramédicale du service est « fabuleuse » et lui permet de bien amorcer son début de carrière avec un bon apprentissage de l’approche clinique et des soins techniques.

Quatre ans plus tard, il décide de rejoindre le service de réanimation polyvalente de Rangueil  au CHU, « pour aller un peu plus loin dans l’apprentissage des soins techniques ». « C’était d’autant plus important pour moi qu’en parallèle, j’étais infirmier de sapeurs-pompiers, je faisais donc beaucoup de pré-hospitalier et j’avais envie d’en voir un peu plus sur la réanimation. »

Le début de la recherche

Guillaume Decormeille multiplie depuis longtemps les activités professionnelles et extraprofessionnelles : sapeur-pompier mais aussi réserviste de l’armée ou encore intervenant à l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi). Il rajoute une corde à son arc en 2013, en se finançant un Diplôme universitaire de recherche paramédicale et sciences infirmières et un Master 2 de sciences de l’éducation en 2015. « Comme j’ai toujours eu un attrait pour la recherche paramédicale, le DU m’a permis de mettre une pierre à l’édifice avec un travail sur la mise en place de protocoles sur la gestion de l’analgésie et la sédation en réanimation », indique-t-il.

Il rejoint un groupe de travail et créé un livret protocolisé pour l’évaluation des patients afin d’introduire de nouvelles pratiques au sein de son unité de soins. « Nous avons transmis le livret à mes collègues soignants et mené une étude pour voir s’il avait un intérêt », rapporte-t-il avant d’ajouter : « Lorsqu’un patient s’agite, le soignant peut ressentir du stress et moins bien assurer la prise en charge. Avoir un protocole qui oriente le management la douleur et la sédation permet aux infirmières d’être rassurées. »

Guillaume Decormeille pousse la réflexion plus loin après avoir constaté que l’ensemble des unités de l’hôpital n’avaient pas les mêmes pratiques sur la gestion de la sédation. « Dans le cadre de mon Master, j’ai travaillé à la mise en place d’une harmonisation des pratiques dans les protocoles », précise celui qui est également membre de la commission Recherche épidémiologie d’une société savante de réanimation et impliqué dans l’humanisation des soins intensifs.

Le choix de la thèse

L’universitarisation du parcours infirmier le conduit à s’interroger sur l’intérêt de faire un doctorat. « J’ai hésité avec l’école des cadres mais je n’avais pas forcément envie d’endosser ce rôle au sein d’une unité de soins, reconnaît-il. Je souhaitais davantage me lancer dans la formation et l’approche pédagogique. » Il se renseigne au CHU qui l’informe ne pas pouvoir financer son doctorat. 

Estimant avoir suffisamment consacré de son temps personnel à ses études pour le DU et le Master 2, il décide, après avoir obtenu le soutien de sa compagne, de chercher un autre financement. 

La Convention industrielle de formation par la recherche (CIFRE), financée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche permet aux entreprises de bénéficier d’une aide financière pour recruter des doctorants dont les projets de recherche menés en liaison avec un laboratoire extérieur, conduisent à la soutenance d’une thèse. « Je suis formateur en simulation en santé, et par le biais de mon réseau, j’ai appris que la société SimforHealth travaille sur la formation numérique, rapporte-t-il. J’ai trouvé cela intéressant pour moi qui aie un attrait pour la pédagogie. » 

Après l’avoir démarchée, l’entreprise accepte de l’embaucher. En parallèle, un professeur du laboratoire CLLE-LTC de l’Université de Toulouse Jean Jaurès, qui travaille sur l’innovation pédagogique, décide d’encadrer son projet de recherche. Guillaume Decormeille se met alors en disponibilité du CHU. « Pour asseoir mon projet de recherche entre innovation pédagogie et simulation, le directeur de l’Institut Toulousain de Simulation (itSimS) a acceptéd’être mon deuxième directeur de thèse », précise-t-il.

L’infirmier devient doctorant en psychologie cognitive en 2018. « J’ai mis en place un protocole de recherche et je m’intéresse à l’apprentissage en autonomie par l’intermédiaire d’un outil numérique. Je travaille sur les étudiants en soins infirmiers de la région Nouvelle Aquitaine, et sur le développement de simulateurs numériques pour SimforHealth. »

Pour la suite, son objectif serait de répartir son temps de travail entre un poste d’enseignant-chercheur, un autre au sein de l’entreprise, et un poste de soins afin de garder un pied dans la clinique. « La formation à la simulation, l’appartenance à une société savante, participer à des congrès nationaux et internationaux me permet de prendre part à l’élaboration de la formation infirmière, et si les étudiants sont mieux formés et plus rapidement, cela améliore la qualité de la prise en charge des patients », conclut-il.  

Laure Martin

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