Adolescent en souffrance : favoriser l’approche multidimensionnelle

L’Unité d’accueil et de soins pour de Carcassonne, qui prend en charge des en souffrance, a mis en place une approche multidimensionnelle afin de tenir compte de la complexité de ces accueillis au sein de l’établissement.

©DR De gauche à droite, rang du haut : Alexandre Dupuy (Cadre de santé) Dr Martin-Organista Marie-Jésus (pédopsychiatre) Olivier Anglade (infirmier sport) Jeanne Dubourg (infirmière) Aurélien Bonifas (infirmier) Xavier Mathieu (psychologue)

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De gauche à droite, rang du haut : Alexandre Dupuy (Cadre de santé) Dr Martin-Organista Marie-Jésus (pédopsychiatre) Olivier Anglade (infirmier sport) Jeanne Dubourg (infirmière) Aurélien Bonifas (infirmier) Xavier Mathieu (psychologue)

L’unité d’accueil et de soins pour adolescents reçoit des jeunes de 12 à 18 ans, « bien qu’il arrive à l’équipe de prendre en charge des enfants plus jeunes », a expliqué Alexandre Dupuy, cadre de santé de la structure, lors du Salon Infirmier.

La structure dispose d’une capacité d’accueil de 10 lits d’hospitalisation complète, dont deux peuvent être occupés en hospitalisation de nuit.

L’équipe de la structure est pluridisciplinaire médicale et paramédicale : infirmiers, médecins, pédiatres, pédopsychiatres, psychiatres ou encore éducateurs spécialisés.

« L’unité a une mission d’évaluation et de diagnostic des adolescents qui sont généralement dans des situations de psychopathologiques émergentes ou constituées, a fait savoir Alexandre Dupuy. Ils ont généralement des troubles graves du comportement d’origines diverses. »

Complexité du comportement

« La complexité des adolescents est une somme de facteurs qui conduit à un état de fait », a souligné le cadre de santé. L’équipe de la structure s’attache donc à analyser l’ensemble de l’histoire de l’adolescent : a-t-il reçu une éducation ? Etait-elle stricte ? A-t-il eu des traumatismes ? Est-ce un enfant placé ?

Selon le cadre de santé, il est important de séparer les éléments source de la complexité afin de mieux les appréhender et voir comment ils fonctionnent entre eux. Au fil de son observation, l’équipe détermine le profil psychologique de l’adolescent.

Le maillage entre les carences affectives, éducatives, déficience parfois, et pathologies psychiatriques émergentes est toujours difficile à appréhender. « Les troubles du comportement chez les adolescents peuvent être spectaculaires et sans limite », a ajouté Alexandre Dupuy. Face à cette situation, toutes les compétences des professionnels de santé sont sollicitées.

« Ce n’est pas chacun qui excelle dans la discipline de son côté, a-t-il indiqué. Nous adoptons réellement une approche multidisciplinaire. » Ce fonctionnement est indispensable car l’adolescent traverse une période de sa vie difficile, au cours de laquelle il se transforme et cela ne va pas sans difficulté. Pour sortir de ce schéma, les issues qu’il peut parfois choisir sont les conduites à risque ou la maitrise de manière brutale : suicide, anorexie, boulimie.

 Prise en charge

« Les adolescents n’ont aucune limite lorsqu’ils sont en crise, a rapporté Alexandre Dupuy. Ils vont beaucoup plus loin que tout ce que j’ai pu voir chez les adultes. Et la grande question au sein de l’équipe a été de savoir si on peut transposer aux adolescents les protocoles et les approches dédiées aux adultes. »

La difficulté repose sur le décalage entre la maturité physique et la maturité psychique de l’adolescent qui peut être parfois plus dangereux qu’un adulte. L’équipe peut-elle, comme pour un adulte, faire des contentions, des sédations et des mises en isolement ?

Les professionnels ont donc défini des conduites à tenir en fonction de situation qui doivent satisfaire la sécurité du patient et des soignants.

Pour gérer les situations au mieux, l’équipe a organisé plusieurs procédures, notamment le « débriefing sauvage », pour que les professionnels puissent parler, évoquer leurs difficultés. Ils ont également élaboré des conduites à tenir - le cran en dessous du protocole - validées par le médecin de service et qui concerne des situations emblématiques et récurrentes : fugues, agressivité verbale, tentative de suicide, scarifications, contrainte ou agression sexuelle.

« Les conduites à tenir ont leur limite, car chaque patient est unique et on n’a pas d’outil magique, a souligné Alexandre Dupuy. Mais c’est rassurant de les avoir. » Il peut y avoir des avis discordants au sein de l’équipe mais une fois que la décision est prise tous doivent avancer dans le même sens.

L’équipe a également réfléchi au projet de service, notamment aux indications et contre-indications à une hospitalisation. Depuis début de l’année, une analyse des pratiques, supervisée par une psychologue extérieure, a été mise en place pendant deux heures une fois par mois.

« C’est sur la base du volontariat et chacun des professionnels peut lui exposer une situation problématique rencontrée avec un patient, a rapporté le cadre de santé. La psychologue a un regard décontextualisé et clairvoyant. Elle nous donne des pistes pour qu’on comprendre le système et la complexité. On a toujours des invariants dans notre prise en charge et notre but est d’aider les adultes en devenir. »

Laure Martin

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