Salon infirmier 2014 : innovations et revendications

Affluence et revendications : le salon 2014 s'est déroulé sous le signe des interrogations... et des espoirs de toute une profession

©Anne-Laure Cahen Une visite éclair pour Marisol Touraine

©Anne-Laure Cahen
Une visite éclair pour Marisol Touraine

C'est LE rendez-vous de l'année pour toute une profession, ainsi que pour les étudiants en devenir. En ce 6 novembre, deuxième jour du Salon, il y a foule au Salon de la Porte de Versailles.

Thierry Lavigne, commissaire général de l'événement, confirme : “Aujourd'hui, on a explosé les chiffres.”

Des centaines d'exposants, des professionnels, des associations, des innovations : beaucoup de raisons en effet de se déplacer, surtout pour un métier en pleine mutation. “Je suis venue pour prendre des informations”, explique Morgane, 20 ans, en 3e année.

La jeune blonde, originaire du Loir-et-Cher, n'exclut aucune option même si elle s'orienterait volontiers vers l'orthopédie, et a décidé, pour la première fois de se rendre à la grand'messe de la profession, où elle peut réellement faire le plein de renseignements.

Zoom sur le e-village

©Anne-Laure Cahen

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Au détour des différents stands, des nouveautés ont vu le jour pour cette nouvelle édition, comme le “e-village”, installé au coeur du salon. Parmi ces stands qui comportent applications diverses, e-jeux ludiques pour enfants malades ou diverses e-solutions, Jessy Loriaux, responsable chez DMD Santé, le confirme.

“L'avenir est clairement tourné vers la e-santé. La e-santé permet notamment de réduire les coûts dans un contexte actuel d'économies globales. DMD Santé est un comparateur d'applications ou d'objets connectés. Nous sommes le Trip Advisor de la santé, où les utilisateurs vont attribuer des notes”, explique-t-elle.

A ses yeux, pour les infirmiers, l'application I-Pansement fait un carton. “Cela permet d'aider réellement un infirmier à choisir les bons pansements en fonction de l'état de la plaie et de sa cicatrisation.”

L'art-thérapie s'expose au salon

A quelques pas de là, dénotant avec l'aspect sérieux de tout le salon, M. Sabas, infirmier, est installé devant un mur d'oeuvres d'art. Cet infirmier en psychiatrie à Maison Blanche expose pour la première fois les réalisations de ses patients.

“On ne peut certainement pas être que dans le tout médicament”, lâche-t-il. Avec ses grandes locks, il a en effet plus le look d'artiste que d'infirmier. De fait, cela fait plus de 30 ans qu'il organise des temps de créations pour les patients, en musique ou en art.

“Quand il y a art, il n'y a plus de handicap”, affirme-t-il. Au final, deux oeuvres étaient d'ores et déjà vendues. “Une façon de valoriser les patients”, se réjouit l'infirmier. Pour lui, il est clair que la psychiatrie n'est pas seulement gaver les patients de médicaments. “Les malades doivent pouvoir respirer!”

Le stand du Québec attire les foules

Mal-être généralisé dans la profession? En tout cas, les stand Mayotte et Québec faisaient le plein de curieux. Asma, 27 ans est claire. “On n'arrive plus à passer du temps avec les patients”, regrette-t-elle. Angélique, sa collègue attend “une aventure, une autre façon de travailler à Québec.” Pour Asma, s'il y a “fuite des cerveaux, c'est inquiétant, mais c'est le revers de la médaille d'un système qui ne fonctionne plus”, lâche-t-elle.

Dans ce salon aux multiples interrogations, la venue de Marisol Touraine, était fortement attendue. Pourtant, “innovation” cette année : la ministre n'aura fait qu'un tour express d'une vingtaine de minutes, entourée d'une presse avide d'un petit mot. Malheureusement, contrairement aux deux dernières éditions, elle n'accordera pas de discours.

Passage éclair pour Marisol Touraine

Juste quelques phrases au moment de son départ : elle a souligné "l'importance du travail [des infirmiers]. J'ai été très sensible à certains protocoles de soins qui se mettent en place entre des infirmières et des médecins." Evoquant aussi les difficultés d'un métier en pleine évolution. Avant de partir aussi vite qu'elle n'était venue.

Ordre infirmier, pratiques avancées, réductions budgétaires... : ce n'était pourtant pas les revendications qui manquaient.

Delphine Bauer/Youpress

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