Les nouvelles technologies du côté des formateurs : quelle valeur ajoutée ?

Les nouvelles technologies ont changé la donne dans la transmission des connaissances. Un colloque organisé le 7 février dernier par l'association Formatic Santé a été l’occasion d’un focus sur le sujet.

Les nouvelles technologies du côté des formateurs : quelle valeur ajoutée ?

Si les étudiants en médecine ou futurs infirmier.e.s ont déjà pris le tournant du numérique, les formateurs aussi s’y mettent. Le Pr Laurent Chambaud, directeur de l’EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique) de Rennes estime évidemment que les transformations numériques, dans le domaine du soin, aboutissent cependant à des « injonctions paradoxales. » «On souhaite plus d’interactivité participative dans les formations, estime-t-il, mais en France nous ne sommes pas pas très bons dans l’interactivité. D’où les classes inversées, qui sont attendues par les jeunes comme les moins jeunes. »

Ainsi a-t-il formulé le souhait est de « se tourner vers des formations plus transversales et beaucoup plus en équipe », de façon à lutter contre « le cloisonnement très fort » entre les métiers de la santé. D’où le développement de formations plus « opérationnelles », qui permettent « la simulation, pour être au plus près des situations professionnelles dès le premier jour » d’une façon « ludique, comme avec les serious games ».

Le numérique oui, mais pas à 100 %

A ses yeux, le numérique est l’une des solutions à apporter, « mais pas la réponse à tout. » Sur l’interactivité par exemple, il faut veiller « à ce que les offres du numérique ne reproduisent simplement pas des cours magistraux sans valeur ajoutée, comme avec des cours filmés !  Il ne faut pas oublier qu’il peut y avoir de l’interactivité très forte en présentielle », défend-il.

Le numérique peut en revanche permettre de multiplier « les mises en situation notamment en réalité augmentée », où l’important est de donner des « bases théoriques qui ne peuvent pas être oubliées. »

Mais pour Laurent Chambaud, le présentiel reste indispensable. Et de citer l’exemple d’un projet de sensibilisation des élus à la santé environnementale, dont des maires de petites communes rurales. « Les capsules étaient très ludiques, mais se sont révélées inutiles si elles n’étaient pas accompagnées de présentiel. » Je ne crois pas au « tout numérique, ni au tout présentiel, mais je crois à des méthodes hybrides ». Le professeur émet quelques doutes face aux Mooc : «  il faut s’abstraire de cette capacité à avoir des interactions au-delà des forums », estime-t-il. « Seuls 5 % des gens vont jusqu’au bout des Mooc, donc cela oblige à des formats très courts. » Et d’évoquer les directions d’IFSI, « centres d’appui à la pédagogie numérique », où cette dernière doit être encore plus forte, « car en présentiel, on peut toujours rattraper », ce qui n’est pas le cas du numérique.

Des formations pluridisciplinaires

Le Dr Boris Hansel, cofondateur d’un DU pratique pluridisciplinaire de santé connectée, un enseignement pratique pour se former aux différents domaines de la santé connectée, accueille 67 % de soignants, dont des kiné, des dentistes, des vétérinaires, des infirmières, mais aussi des juristes, des ingénieurs et des startupeurs, et propose un alliage de présentiel (dont une soutenance), 20h de e-learning et la conduite de projets tutorés.

Sur le terrain, les nouvelles technologies ont permis des avancées, comme avec le dossier patient informatisé, qui facilite le recueil de données, les transmissions ciblées et les diagrammes des soins de base, précisent Catherine Cunat et Sophie Nicod-Franc, cadres supérieures de santé au CHU de Lyon et responsables des formations métiers DPI. La valeur ajoutée de la numérisation ? Sans aucun doute l’harmonisation des pratiques, des règles de gestion plus claires, sans compter « une base de données extraordinaire pour la recherche paramédicale. » Du côté de la formation des IDEL, Laurence Brunelle, responsable pédagogique Orion Santé, estime qu’il faut « digitaliser les supports pédagogiques, pratiquer des webinar et adopter la réalité virtuelle. »

Delphine Bauer

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