Perte de pouvoir d’achat : des députés montent au créneau aux côtés des infirmiers libéraux

Ils étaient près d’un millier d'infirmiers libéraux le 4 avril dans les rues de Paris pour déposer leurs revendications au ministère de la Santé. Les infirmiers libéraux, qui appellent à une revalorisation de leurs tarifs, sont soutenus par des députés de tout bord politique.

Perte de pouvoir d’achat : des députés montent au créneau aux côtés des infirmiers libérauxLe ton est différent mais les propositions de résolution, déposées par Yannick Neuder, député (LR) de l’Isère et par Damien Maudet, député (La France Insoumise ) de la Haute-Vienne, visent le même objectif : revaloriser les actes médicaux infirmiers (AMI) alors que le barème est resté bloqué depuis 2009 à 3,15 euros.

Au-delà des divergences politiques, la cause des infirmiers libéraux mobilise. « Face à l’augmentation du coût de la vie, de l’inflation, ils ont perdu l’équivalent de 25 % de pouvoir d’achat ces quinze dernières années. Faute de mise à jour, la nomenclature n’inclut toujours pas des soins pourtant souvent prodigués », souligne Damien Maudet qui tire aussi la sonnette d’alarme sur la dégressivité des actes dans sa résolution « pour une rémunération digne des infirmières libérales ».

« Pour trois actes sur une même personne, le premier est payé 100 %, mais le second ne l’est qu’à 50 %, et dès le troisième : 0 %. Du travail gratuit donc », rappelle-t-il. « La revalorisation des actes, et la suppression de cette dégressivité sont des mesures à prendre de toute urgence ».

« Trésors de la nation »

« Il y a urgence », clament aussi la trentaine de députés LR, emmenés par Yannick Neuder. Ils invitent le gouvernement à s’engager à des mesures concrètes visant à un meilleur financement des actes de soins infirmiers, mais aussi à améliorer leur exercice quotidien, à développer l’attractivité de la profession et à reconnaître davantage l’utilité publique des infirmiers et infirmières libéraux.

Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, les élus mettent en avant leur rôle de «  maillon essentiel de l’offre de soin en France, particulièrement indispensable pour atteindre l’objectif commun du virage ambulatoire et du maintien à domicile ». « Leur rôle ne se limite pas seulement à soigner, mais à informer, détecter, rassurer les familles ou encore coordonner les soins (…) En somme, les infirmières et infirmiers libéraux sont parmi les trésors de la Nation dans la mesure où ils lui permettent d’honorer son devoir républicain de solidarité et de santé publique », écrit le député de l’Isère, cardiologue de formation. Avant de conclure : « L'avenir du système de santé se fera avec eux ! »

Les deux propositions de résolution pointent également du doigt le très faible montant de l'indemnité forfaitaire de déplacement (IFD), passé de 2,50 euros à 2,75 euros au mois de janvier. « Seule profession de santé en ville à avoir assuré la continuité des soins pendant la crise sanitaire, nous sommes les oubliés du Ségur ! », s’exclament « les infirmiers libéraux en colère, un collectif créé fin 2022 et qui rassemble aujourd’hui plus de 16 200 IDEL sur les réseaux sociaux, sans notion d’appartenance politique ou syndicale. Sur les pancartes, on pouvait lire : « Infirmiers libéraux au bout du rouleau », « Valletoux, lâche les sous »…

Le collectif et le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) ont été reçus par Frédéric Valletoux, ministre délégué à la Santé. Utilisées par les parlementaires pour formuler des recommandations, les résolutions peuvent être déposées à l'Assemblée ou au Sénat par un ou plusieurs élus. « Ne peuvent être à l'ordre du jour les propositions de résolution dont le gouvernement estime que leur adoption ou leur rejet serait de nature à mettre en cause sa responsabilité ou qu'elles contiennent des injonctions à son égard », précise la Constitution.

Il reste donc à savoir si ces résolutions seront adoptées.

Gaëlle Desgrées du Loû

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Réactions

1 réponse pour “Perte de pouvoir d’achat : des députés montent au créneau aux côtés des infirmiers libéraux”

  1. Sauvé dit :

    Bonjour.
    Merci pour votre article, mais dedans, vous parlez de la très faible augmentation (si l’on parler ainsi…) de l’indemnité de déplacement pour les infirmières libérales octroyées « généreusement » par la cnam de 0,25€.
    Vous dites dans votre article que cette indemnité est « par km » (ça ça sera bien 😅), mais non : les 2,75€ sont bien pour le déplacement dans sa totalité, que vous deviez faire 1 ou 10km pour vous rendre chez le patient suivant !
    C’est un forfait tout compris…
    Vous voyez, c’est tellement bas que même vous vous pensez que c’est par km ; et bien non…🙄
    Vous comprenez maintenant, notre raz le bol ?!

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