Les TIC pour les étudiants en santé : quelle valeur ajoutée ?

Face à la transformation numérique, les étudiants en médecine ou en soins infirmiers ont beaucoup d’outils à apprendre et à appliquer.

Les TIC pour les étudiants en santé : quelle valeur ajoutée ?

Pour les étudiants en santé, la transformation numérique est déjà une réalité. Lors d’un colloque organisé par l’association Formatic Santé le 7 février, Anatole le Guillou, vice-président de l’Association nationale des Etudiants en Médecine français, a clairement expliqué que la donne a changé. « Aujourd’hui, nous sommes face à des patients qui sont parfois plus formés [notamment par Internet, ndlr] que nous et cela nous pousse à avoir des approches différentes », a-t-il expliqué. A ses yeux, « l’outil numérique peut permettre d’améliorer la communication » entre patients et soignants, afin d’arriver à la fameuse « alliance thérapeutique ». Son credo : décloisonner les savoirs.

Du côté des étudiants infirmiers, Bilal Latrèche, président de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers, a réitéré que c’était « une très bonne chose d’impliquer de plus en plus les étudiants dans la réflexion. Cela nous rend vraiment acteurs de la formation. » Le jeune homme ne pense pas que la fracture numérique soit d’ordre générationnel, « car cela vient de la société elle-même ».

« Il faut accompagner le virage du numérique, y compris dans le volet formation. » Il a déploré qu’il existe encore des clichés qui consistent à penser que « le numérique va détruire la créativité. Mais au contraire, sur un même contenu, on peut l’aborder de façon très différente, comme avec la simulation, la chambre des erreurs (serious games) ou les Ephad qui ont investi dans des consoles Wii ».

Accompagner le changement

Mais accompagner le changement numérique est déterminant, y compris du point de vue de l’expérience des patients. « Le changement peut être anxiogène, si l’on n’apprend pas à comment l’aborder avec les patients, il va y avoir un décalage. Certains établissements sont proactifs mais pas tous. Par exemple quand nous arrivons en stage et que nous n’avons pas d’identifiants pour les transmissions ou que l’on n’a pas de carte d’accès, on n’a pas forcément accès à tout ce numérique. »

Sandra Eclancher, infirmière coordinatrice Education thérapeutique projet ChimiOrale Groupe Vivalto Santé, admet que « le DMD, la télémédecine et la transversalité que permettent toutes ces notions devraient être améliorées dans notre formation. »

Côté patients, Gérard Raymond, vice-président de France Assos Santé et président de la Fédération française des diabétiques, le maître-mot est la « co-construction » des savoirs. « Vous ne pouvez pas découvrir les patients à la fin de vos études », a-t-il lancé, insistant sur les patients-experts et leur autonomisation grandissante (comme avec l’automesure de la glycémie). Bilal Latrèche est d’ailleurs bien d’accord avec lui. « Il faut inclure les patients-experts dans le processus de formation afin qu’ils puissent transmettre leur expérience ».

Le numérique, un outil mais pas la solution à tout

Mais le numérique ne reste qu’un outil, car l’humain doit rester au coeur de la relation soignant-soigné. « Ce travail d’écoute, d’interaction humaine » est indispensable, estime Anatole le Guillou, au risque de « perdre le lien qui fait la viabilité de notre système ».

Les deux étudiants ont appelé de leurs vœux plus de « collaboration entre les filières ». Pour Bilal Latrèche, « le numérique peut être un levier », afin que les professionnels connaissent mieux les champs de compétences de ceux avec qui ils vont travailler en équipe, une fois leurs études terminées. Mais pour ce faire, il faudrait « davantage d’accessibilité au numérique », car le territoire n’est pas encore uniformément couvert par un réseau internet identique partout.

Un autre frein est constaté sur le terrain. « En tant qu’apprenant, quand on est en stage, on doit s’adapter aux outils numériques utilisés dans le service, et parfois y compris au sein du même établissement, il existe différents logiciels. Cela peut freiner l’apprentissage au lieu d’approfondir les connaissances. Mais uniformiser les dispositifs voudrait dire les évaluer », a-t-il précisé, engageant ainsi un travail national.

Pour Anatole le Guillou, les principaux freins sont en effet « l’uniformisation, l’accessibilité et le coût qu’implique le numérique ».

Delphine Bauer

Lire aussi : 

Se former... en jouant (au sujet des Serious game). ActuSoins.com, 2016

MOOC, des formations gratuites pour tous. ActuSoins.com, 2016

E-santé : quelle place pour les infirmiers ? ActuSoins.com, 2018

Pour aller plus loin : formation continue DPC pour les infirmières et infirmiers libéraux

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