L’accessibilité géographique aux infirmiers s’améliore, malgré des inégalités

L'accessibilité géographique aux infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et sages-femmes s'est améliorée entre 2016 et 2017, révèle une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques). 

L'accessibilité géographique aux infirmiers libéraux s'améliore, malgré des inégalités

Accessibilité aux infirmiers en 2017. Source : DREES.

Mesurée par l'indicateur d'accessibilité potentielle localisée (APL), l'accessibilité moyenne a augmenté respectivement de 2,3% pour les infirmiers, de 2,8% pour les masseurs-kinésithérapeutes et de 5,4% pour les sages-femmes. 

En 2017, l'accessibilité moyenne pour les infirmiers libéraux s'élève ainsi en moyenne a 145 ETP (Equivalents temps plein) pour 100 000 habitants en France, hors Mayotte. 

"L'évolution des modes de prise en charge et d'organisation des soins (programme d'accompagnement au retour à domicile, exercice pluriprofessionnel, délégation des tâches, pratiques avancées infirmières) ainsi que le vieillissement de la population renforcent les besoins de prise en charge en ville par des infirmiers, des masseurs-kinésithérapeutes ou des sages-femmes. La répartition géographique de ces professionnels de santé exerçant hors structures hospitalières constitue donc un enjeu crucial pour la garantie d'un égal accès aux soins dans les territoires", explique la DREES. 

>> LIRE AUSSI - Infirmière : s’installer en libéral : consulter les cartes et les collègues >>

Des professionnels de santé de plus en plus nombreux

La hausse de l'accessibilité s'explique notamment par la dynamique de la démographie de chacune des trois professions, selon la DREES. Entre 1999 et 2017, les nombre d'étudiants autorisés à entrer en première année de formation de masseur-kinésithérapeute a quasiment doublé, passant de 1412 à 2756. 

Le quota pour les entrées en formation de soins infirmiers, lui, progressé de près de 70% au cours de la même période et le numerus clausus en maïeutique, de plus de 43%. Conséquence de ce flux important de nouveaux diplômés : les effectifs de professionnels, et en particulier ceux exerçant à titre libéral, ont crû rapidement. 

Ils ont même augmenté plus vite que l'ensemble de la population, souligne la DRESS. Entre 1999 et 2017, les effectifs des infirmiers libéraux ont augmenté de 7% par an, ceux des masseurs-kinésithérapeutes libéraux de 4% et ceux des sages-femmes libérales, de 15%. 

Pour les infirmiers et les sages-femmes, professions dans lesquelles l'exercice salarié est le plus répandu, la croissance des effectifs libéraux est plus marquée que celle des effectifs tous modes d'exercice confondus (5% par an pour les infirmiers et 3% pour les sages-femmes). 

Diminution des inégalités de répartition

Pour les trois professions, les inégalités de répartition géographique diminuent, entre les communes les moins dotées et les mieux dotées. Toutefois, des inégalités territoriales subsistent. Les infirmiers sont plus inégalement répartis selon les régions et les masseurs-kinésithérapeutes selon le type de commune. La répartition des sages-femmes ne répond à aucune de ces deux logiques. 

Pour les trois professions, l'accessibilité est globalement meilleure dans les grands pôles urbains et le long du littoral. 

7 habitants sur 10 bénéficient d'un bon accès aux professionnels de premier recours

Au total, plus de 7 habitants sur 10 n'ont aucune difficulté d'accès à des professionnels de premier recours (médecins généralistes, masseurs-kinésithérapeutes et infirmiers) et 4,5% de la population réside dans une commune sous-dense, mentionne la DREES. 

L'accès limité aux infirmiers ne va pas nécessairement de pair avec des difficultés d'accès à une autre profession. Parmi les personnes résidant dans une commune sous-dense en infirmiers, 42% rencontrent des difficultés d'accès pour cette seule profession; ces habitants vivent dans des communes en moyenne assez grandes (plus de 3000 habitants) et dont la taille maximale peut aller jusqu'à 300 000 habitants. 

En revanche, la faible accessibilité des soins en masso-kinésithérapie se concentre sur des communes plus petites. Comme pour les médecins généralistes, la sous-densité en masseurs-kinésithérapeutes se présente rarement seule : un quart des patients résidant dans une commune ayant une faible accessibilité aux masseurs-kinésithérapeutes ne rencontrent que cette difficulté-là (30% pour les médecins). 

Par ailleurs, près de 8,3 millions de personnes (dont 1,6 million de femmes âgées de 15 à 49 ans) résident dans une commune sous-dense en sages-femmes.

M.S

Abonnez-vous à la newsletter des soignants :

Faire un don

Vous avez aimé cet article ? Faites un don pour nous aider à vous fournir du contenu de qualité !

faire un don

Il faut être connecté pour écrire un commentaire Se connecter

retour haut de page
232 rq / 1,838 sec