Pas le moral, côté soignants

Selon le baromètre sur le moral des professionnels et étudiants en santé, établi par l'application mobile "360 medics", l'ensemble des professionnels de santé et des étudiants en santé souffre d'une lourde et durable baisse de moral. 

Pas le moral, côté soignants

Les professionnels de santé semblent être à bout. C'est en tout cas ce que constate le baromètre, établi suite à un sondage auprès de 8789 professionnels et étudiants en santé. 

Un malaise global

Si au score moral global des professionnels de santé et étudiants en santé, les étudiants obtiennent une moyenne de 43,20 sur 100, chez les professionnels en exercice, le score est encore plus bas avec un résultat de 41/100. 

"L'analyse interprofessionnelle et par région permet de constater que, si les résultats varient légèrement d'un métier à l'autre ou du Nord au Sud de la France, il n'y a , pour autant, que peu de disparités et la tendance générale est largement confirmée : c'est l'ensemble du monde de la santé qui broie du noir et s'enfonce dans la déprime, voire la dépression", commente 360 medics, à l'initiative du baromètre. 

Un épuisement généralisé aux sources multiples

Si 80% des répondants affirment aimer leur profession, seulement 19% jugent leurs conditions de travail "au moins satisfaisantes" (41% les trouvent insatisfaisantes dont 15% "très insatisfaisantes", s'ajoutent les 39% qui les jugent peu satisfaisantes). 

Parmi les raisons invoquées, la masse et l'organisation du travail sont principalement mises en cause, devant le manque de reconnaissance et le comportement des patients - même si 87% d'entre eux ont déjà fait face à un patient violent). 

"Ainsi, le rythme de travail impacte toutes les sphères de la vie", constatent les auteurs du baromètre : 72% des professionnels de santé estiment que leur vie familiale est impactée, presqu'au même titre que leur vie sociale (71%). Les performances professionnelles elles-mêmes sont affectées selon 53% des répondants. 

Au final, 100% d'entre eux ressentent un épuisement, soit moral (22%), soit physique (13%), soit les deux (64%) tandis que 47% des répondants font ou ont déjà fait l'expérience d'un burn-out. 

Une société qui n'entend pas

Face à l'épuisement et aux conditions difficiles, les professionnels de santé sont-ils entendus ? "Il ne leur semble pas", explique 360 medics. Ainsi, à la question "estimez-vous votre travail reconnu à sa juste valeur? ", 96% des participants répondent Non (Pas du tout pour 57% d'entre eux). 

"De quoi se sentir seuls et incompris", soulignent les rapporteurs. 

"Au final, les professionnels de santé se sentent abandonnés par une société qui n'entend pas leur mal-être. Ce phénomène est d'autant plus critique que les jeunes sont particulièrement nombreux dans le sondage". 

"Cette surreprésentation des jeunes professionnels de santé n'incite pas à voir l'avenir d'un regard serein. De fait leur moral actuel présage de difficultés fortes pour le système de santé,"regrette Grégoire Pigné, médecin spécialiste en oncologie-radiothérapie, fondateur de 360 medics. 

Rédaction ActuSoins

 

Un sondage auto-administré auprès d’une communauté de 130 000 professionnels de santé

Pour réaliser le 1er baromètre sur le moral des professionnels de santé et des étudiants en santé, 360 medics a bénéficié d’un vivier massif de répondants potentiels. Auto-administré, ce sondage a été réalisé sur le web, durant près d’un mois, du 28 septembre au 6 novembre 2017. 8 789 réponses d’utilisateurs ayant intégralement complété le questionnaire ont été prises en compte.

Parmi ceux-ci, 81 % sont des professionnels en exercice (internes inclus). Les 19 % restants sont encore étudiants (externes, IFSI...).

Avec 59 % des réponses, les infirmiers sont majoritairement représentés. Cette surreprésentation est en réalité équivalente à la proportion du corps infirmier dans la population médicale. Viennent ensuite les médecins (20 %). Les aide-soignant(s) représentent 7 % des répondants, contre 3 % pour les pharmaciens, 2 % pour les sages- femmes, 1 % pour les masseurs-kinésithérapeutes. Les 8 % que représentent les autres professionnels de santé sont composés de professions diverses telles que des opticiens, manipulateurs radio ou ergothérapeutes par exemple.

Les professionnels en structures publiques (telles que les hôpitaux) ont répondu à 65 %, suivis par ceux exerçant en structure privée. Enfin, les libéraux représentent 14 % des répondants.

Le score moral s’appuie sur 7 des 9 questions posées. Pour les professionnels de santé en exercice, le score global est établi en additionnant celui de chaque famille de professionnels pondéré par le poids de la famille au sein de l’ensemble des professionnels de santé (ex : le score des médecins correspond à 18,74 % du score global, les 219 834 médecins représentant 18,74 % des 1 175 340 professionnels de santé exerçant en France). En ce qui concerne les étudiants en santé, le score de leur moral correspond à un calcul direct des réponses aux 7 questions retenues.

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Réactions

49 réponses pour “Pas le moral, côté soignants”

  1. Paul Boyer dit :

    Faut voir comme les gens sont nombreux à avoir des propos dédaigneux à notre égard… parce que selon eux on a choisi de faire ce métier en connaissance de cause sauf qu’on ne connait que 10% de ce qui nous attend quand on est étudiant. Parce que selon eux c’est normal de se comporter comme des abrutis irrespectueux à notre égard. Les gens sont pour beaucoup trop mal habitués dans cette société d’assistanat. Tout leur est dû. Et quand je lis c’est pareil partout… non messieurs dames, on ne soigne pas et on n’a pas des vies humaines entre ses mains partout. Comparer une baguette de pain avec un être humain je trouve cela indécent mais si c’est comme cela que vous voulez être traités, ne venez pas chialer ensuite que vous êtes traités comme des objets. A comparer notre travail avec le vôtre et à ne rien faire pour défendre la qualité de soin, vous serez soignés comme vous le méritez

  2. Paul Boyer dit :

    Faut voir comme les gens sont nombreux à avoir des propos dédaigneux à notre égard… parce que selon eux on a choisi de faire ce métier en connaissance de cause sauf qu’on ne connait que 10% de ce qui nous attend quand on est étudiant. Parce que selon eux c’est normal de se comporter comme des abrutis irrespectueux à notre égard. Les gens sont pour beaucoup trop mal habitués dans cette société d’assistanat. Tout leur est dû. Et quand je lis c’est pareil partout… non messieurs dames, on ne soigne pas et on n’a pas des vies humaines entre ses mains partout. Comparer une baguette de pain avec un être humain je trouve cela indécent mais si c’est comme cela que vous voulez être traités, ne venez pas chialer ensuite que vous êtes traités comme des objets. A comparer notre travail avec le vôtre et à ne rien faire pour défendre la qualité de soin, vous serez soignés comme vous le méritez

  3. Peggy Sendzinska c est ce que j essayais de t expliquer ma chérie c est “général” à la fonction

  4. Maud Gve Morgane Payet Coralie Crd … l’épuisement des étudiants on en discute ? ‍♀️‍

  5. Mari No dit :

    Karinou ça pourrait être un bon sujet ?

  6. Jluc Suteau dit :

    Cet état de fait ne date pas d’hier.Malheureusement depuis un peu plus de trente ans,nos têtes bien pensantes essayant de prouver que c’est en modifiant en permanence les organisations que l’on augmente l’efficience et l’efficacité.La réponse est non.Dans tout les cas , le plus important est de redonner la confiance, la motivation que le travail qu’ils font est essentiel.Mais j’arrête car je risquerai d’être trop long.

  7. La seule solution : reconversion, quand il n’y aura plus personne pour soigner, peut-être qu’au pied du mur, les autorités compétentes prendront des mesures… mais comme notre travail est humain, on joue sur la corde sensible, on nous fait culpabiliser… au bout d’un moment, la corde craque. On ne peut pas soigner si soi même on souffre au travail.

  8. Julia Tght dit :

    Juliette Choux-fleur des chiffres pour toi?

  9. Eri Cou dit :

    J oubliais munissez vous de tubes de vaseline parce que ça va piquer dans cette région la. !!!!!

  10. Alex Alex dit :

    Triste comme l’état de toute la fonction publique et les services publiques…pourtant on voit personne dans les rues Chaque génération à sa bataille,si les choses vont si mal pourquoi on incite pas les gens à se révolter ? Les patients sont la on le sait,mais chacun de son côté çà ne changera rien

  11. Eri Cou dit :

    Vu les dernières nouvelles de coupes budgétaires on va pas aller loin remplacez vos chocolats de l avent par du xanax

  12. Triste constat : faut-il des morts pour que nos institutions réagissent ?…

  13. Très très inquiétant. Rien de concret n’est fait. La reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle ferait le plus grand bien aux salariés touchés et aux employeurs qui prendraient rapidement ce phénomène autrement.

  14. Et comme nous sommes fonctionnaires, on va encore nous taper dessus….

  15. Sarah Ancel dit :

    Samira Emeline on en est la preuve à cette heure ci je pense ^^

  16. Rien de nouveau. Et ça ne va pas aller en s’améliorant…

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