Moins d’un soignant sur trois recommanderait son métier à un proche

Si 96,5% des soignants déclarent aimer leur métier, ils sont seulement 26,9% à recommander à leurs proches d'exercer une profession dans le domaine de la santé, selon le troisième baromètre national sur le moral des soignants, lancé et diffusé par l'application 360 medics et analysée par l'institut d'études de marché A plus A. 

Moins d'un soignant sur trois recommanderait son métier à un procheSur les 6556 soignants interrogés (47,7% d'infirmiers, 17,6% de médecins et 15% d'aides-soignants), 96,5% déclarent aimer leur métier. Pourtant, ils sont seulement 26,9% à recommander à leurs proches d'exercer une profession dans le domaine de la santé. 

Une différence majeure entre l'aspect "aspirationnel" et la réalité du métier qui n'étonne pas le docteur Grégoire Pigné, cofondateur de 360 medics. "Dans notre système de santé où depuis 30 ans il faut voir plus de patients avec moins de moyens, les soignants ont énormément de réserves sur l'avenir des conditions dans lesquelles ils vont exercer. Si, pour beaucoup, travailler dans le domaine médical est une vocation, ils se heurtent néanmoins à la pratique quotidienne du métier où ils doivent constamment faire mieux avec moins. Ils ne souhaiteraient pas à leurs proches de faire ce travail qu'ils aiment dans ces conditions", estime-t-il.

Des soignants en souffrance, exposés aux risques psychosociaux

66,8% des soignants interrogés déclarent être en souffrance physique et/ou morale. C'est une augmentation importante au regard de l'année 2018 où 58% des soignants déclaraient ressentir un épuisement moral et physique. 

En 2018, une étude de l'Ordre national des infirmiers, montrait que près de 10% des infirmiers avaient très souvent ou quelques fois des idées suicidaires et qu'ils étaient près de 60% à craquer très souvent ou quelques fois en raison de leur travail. Le baromètre 360 medics corrobore cette étude puisque 79,9% des aides-soignants et 69,1% des infirmiers déclarent aujourd'hui être en souffrance physique et/ou morale. 

"Ce résultat édifiant traduit une réalité du monde médical : les soignants sont massivement exposés aux risques psychosociaux, et le nombre de suicides de soignants ne cesse d'augmenter", mentionne l'étude. 

Une enquête de l'association Soins aux Professionnels de Santé (SPS) révélait, en 2017, que sur la moitié des 700 professionnels interrogés (médecins, pharmaciens, infirmiers, aides-soignants, salariés comme libéraux), plus de 40% disaient connaître un confrère qui a fait une tentative de suicide. 

Avenir : des soignants pessimistes

Pour comprendre ces chiffres alarmants, l'étude s'est intéressée à la manière dont les soignants envisageaient le futur de leur métier dans les dix prochaines années. 

A la question de savoir s'ils pensent que l'exercice médical va s'améliorer dans les dix années à venir, les soignants se déclarent pessimistes à 86,6% et optimistes à 13,4%. 

"Ces deux profils s'opposent dans une parfaite symétrie tant leurs avis diffèrent sur les facteurs pouvant impacter le métier de soignant, que ce soit à propos des politiques de santé publique, des nouvelles technologies dans l'exercice de la médecine, ou de la relation patient-soignant", indique l'étude.

"Le soin a été déshumanisé et notre travail en souffre. Je n'arrive plus à garder espoir", témoigne une aide-soignante, rangée dans les 86,6% de "pessimistes".

A l'inverse, un médecin, dit "optimiste", estime que "nous devons lutter contre le défaitisme et optimiser les moyens déjà alloués pour donner des soins de qualité". 

Le profil de soignant "pessimiste" déclare que la réduction du personnel (87,7%), la baisse du budget dédié à la santé (85,4%) et l'absence de réorganisation du système de santé (68,8%) vont impacter négativement l'exercice du métier de soignant. 

Le profil de soignant "optimiste" déclare qu'une augmentation du personnel soignant (77,7%), une augmentation du budget dédié à la santé (75,9%) et la réorganisation du système et une meilleure allocation du budget (68,9%) peuvent impacter positivement l'exercice du métier de soignant. 

Rédaction ActuSoins

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