Enseignement du numérique en santé : Ifsi et universités préparent la rentrée 2024

Il était temps : la formation à la e-santé fera partie intégrante des études en Ifsi à partir de la rentrée 2024, à raison de 28 heures sur trois ans. Dans les régions, autour des universités, on s'active autour de l'ingénierie de ces enseignements sur les sujets numériques qui doivent couvrir un vaste champ de connaissances et de compétences.

Enseignement du numérique en santé : Ifsi et universités préparent la rentrée 2024

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Le numérique en santé fera officiellement son entrée dans les programme des instituts de formation en soins infirmiers à partir de la rentrée prochaine, en 2024. Le sujet n'a pas été ignoré par les IFSI avant le décret du 10 novembre sur le sujet mais, à partir de septembre 2024, cet enseignement sera encadré.

Il doit représenter 28 heures de cours et aborder cinq domaines de compétences : les données de santé, la cybersécurité en santé, la communication en santé via les outils numériques, les outils numériques en santé en général et la télésanté.

Des consortiums régionaux associant des universités et des établissements de formation des futurs professionnels de santé (infirmiers, kinés, médecins, manipulateurs radio, sages-femmes, etc.) ont répondu à un appel à manifestation d'intérêt (AMI) Compétences et métiers d'avenir lancé fin 2021 par la Caisse des dépôts et l’Agence nationale de la recherche, pour préparer les nouveaux enseignements. Ceux qui ont été retenus sur le premier volet concernant la formation initiale ont commencé à plancher.

Former les formateurs

Généralement, la toute première étape consiste pour les universités engagées dans ces projets à mettre en place une formation pour les futurs formateurs en santé numérique, comme par exemple à l'École de santé numérique de l'université de Montpellier, où 110 personnes se sont inscrites au nouveau DU (dont 80% issues d'Ifsi). Mais toutes préparent en parallèle les futurs modules de numérique en santé.

Toutes les équipes réfléchissent aux méthodes d'enseignement les plus pertinentes (présentiel, distanciel, simulation..) mais aussi à la répartition des enseignements sur les trois années d'études, indique Bruno Perricaudet, cadre formateur à l'Ifsi de Chalon-sur-Saône. Dans le projet auquel il participe, les sujets très généraux sur la sécurité informatique, la recherche et l'analyse de données de santé et l'usage des outils lors de stages seront évoqués en première année et les aspects plus théoriques en deuxième année. En troisième année, les étudiants du territoire aborderont la télémédecine, s'exerceront au télésoin, à l'accompagnement des téléconsultations, à la téléexpertise et évoqueront la question de l'utilisation des données connectées.

A Montpellier, l'Ecole de santé numérique travaille sur le sujet avec 20 structures de formation partenaires d'Occitanie, dont 13 Ifsi. Dès le mois de mars et jusqu'en mai, ils vont déployer dans une dizaine d'instituts une unité d'enseignement pilote pour « tester le modèle, recueillir les retours d'expériences des étudiants et travailler avec les formateurs », explique Maurice Hayot, directeur de l'École.

28 heures sur trois ans

« Notre responsabilité, comme pédagogues de la santé, c'est d'apprendre aux étudiants à utiliser les outils numériques dans leur quotidien de soin, de les entrainer à s'en servir pour soigner, résume Arnaud Barras, vice-président du comité d’entente des formations infirmières et cadres (Cefiec) et cadre supérieur de santé à l'Ifsi de Chalon-sur-Saone. Mais c'est aussi une culture qu'il faut enseigner. »

Au-delà des usages pratiques, il s'agit donc aussi d'informer les futurs soignants sur les risques liés aux outils et usages numériques en termes de confidentialité ou de cybersécurité et de leurs responsabilités dans ces domaines. « On ne fait pas une liste de patients sur Word », souligne Arnaud Barras. Et on n'échange pas avec les autres soignants sur les patients via WhatsApp, Messenger ou par mail... « Il y aura aussi des apports au niveau éthique, par exemple sur ce qu'est l'intelligence artificielle et ses possibles applications dans le soin » ou la médecine prédictive, ajoute Bruno Perricaudet, « qui va bouleverser la manière dont on s'organise dans les services ».

Les enjeux sont immenses, pour les futurs infirmiers comme pour tous les futurs soignants. Pour ceux qui travaillent déjà aussi, même si dans le domaine de la formation continue, l'offre ne décolle pas encore vraiment.

Géraldine Langlois

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