Une école de santé numérique « hors les murs » se crée à Montpellier

L'Université de Montpellier se prépare à ouvrir en 2024, une école de santé numérique hors les murs. Elle veut pouvoir former en cinq ans, 20 000 étudiants et professionnels de santé ou du médico-social, aux différents métiers de la santé numérique.

Une école de santé numérique "hors les murs" se crée à Montpellier

© DR

L'Université de Montpellier met en route un campus dématérialisé interdisciplinaire destiné à former les soignants, dont les infirmiers, aux métiers émergents du secteur de la santé.

« Notre objectif est de former 5000 professionnels par an aux nouvelles compétences que nécessitent la digitalisation des systèmes de soin et la pratique d'une santé numérique humaniste », résume le Professeur Maurice Hayot, porteur du projet de cette Ecole de santé numérique (ESNbyUM). « Jusque-là il n'y avait pas de formation spécifique, ou pas qualifiée de la bonne façon. »

 Les objectifs de cette école ''hors les murs'' rejoignent les prescriptions de l'arrêté du 10 novembre 2022 relatif à la formation socle au numérique en santé des étudiants en santé.

Pédagogie de précision

L'idée : former des formateurs dans un premier temps, puis les étudiants dès le deuxième semestre, aux métiers d'expert en cyber sécurité santé, ingénieur cloud e-santé, formateur en application clinique, mais aussi des métiers émergents comme data manager en santé...

Le lieu pilote de formation ouvrirait en février prochain. « Nous voulons développer une pédagogie de précision où chacun, selon son parcours initial, pourra acquérir les compétences dont il a besoin pour sa pratique »,  ajoute le professeur. L'ESN se donne aussi parmi ses missions, de réfléchir et d'identifier les compétences et métiers à venir pour proposer de nouvelles formations adaptées.

« Les sites d'hébergement des données de santé, outre les CHU, se multiplient, les compétences nécessaires à l'usage de ces données sont l'une de nos priorités », précise le professeur. Il faut pouvoir les traiter pour les rendre intelligibles et utilisables par les médecins, les soignants, les patients.  « Ces données, sensibles, ont aussi de la valeur pour mieux organiser le traitement des patients et les parcours de soin.» Des infirmiers, pourraient ainsi s'orienter sur la fonction de care manager (gestionnaire de cas), sur des métiers de coordination ou sur l'accompagnement à distance des patients dans leur parcours de soin.

L'école réfléchit par exemple, à un projet de recherche sur la télé réhabilitation, pour accompagner à distance dans leur parcours de soin, des patients en réhabilitation respiratoire. « Cette école ouvre de nouvelles perspectives aux étudiants des IFSI », confirme Frédérique Saint-Arnould.

Cadre de santé directrice des soins au CHU de Montpellier, cette ancienne infirmière dirige aussi l'IFSI et l'IFCS  de Montpellier. « Le cursus que l'ESN est en train de structurer vient modifier le référentiel de formation dans les contenus d'enseignement et d'évaluation et donnera lieu à deux crédits ECTS (crédits européens)», indique la cadre de santé. « Les enseignements appréhenderont aussi les enjeux éthiques et les limites de la santé numérique. »

Un GCS engagé

Le Groupement de coopération sanitaire (GCS) Occitanie Est s'est impliqué dans la démarche de l'ESNbyUM. Pour renforcer le dispositif, dix à quinze formateurs en IFSI vont aussi se former au numérique. La formation initiale n'élude pas une formation, future, des cadres et cadres supérieurs aussi, notamment par le biais de la formation continue. « Afin qu'ils aient le même niveau de connaissance que leurs agents », note Frédérique Saint-Arnould.

L'ESN a par ailleurs souhaité avoir un formateur référent dans les treize IFSI d'Occitanie Est. Hélène Cuvelier, cadre de santé et formatrice à l'IFSI de Perpignan, très motivée par cette école de santé numérique y voit une « formation citoyenne » qui va dispenser les bonnes pratiques et l'indispensable sécurité des données à une époque où les attaques sont de plus en plus récurrentes. « Le passage du tout papier au tout numérique ne s'est pas fait avec les infirmiers », rappelle par ailleurs la formatrice. « Les IDE pourraient avoir une légitimité dans les groupes de travail sur les outils et leur adaptation, de sorte à passer moins de temps devant un écran et plus au lit du patient. »

Plus ils seront formés, plus ils pourront être source de proposition.

4 M€ de l'État

En développant son idée d'école de santé numérique hors les murs, l'université de Montpellier - qui a créé un consortium de 14 partenaires : établissements de santé, organismes de formation, acteurs socio-économiques et inclut 14 UFR, écoles et instituts) a pour sa part, voulu saisir l'occasion d'accélérer l'innovation pédagogique.

Elle a présenté son projet lors de l'Appel à manifestation d'intérêt (AMI) « Compétences et métiers d'avenir », lancé par l'État dans le cadre du programme France 2030. Le projet a été retenu et doté de 4 M€, le financement le plus important de cet AMI, catégorie « Dispositifs de formation en santé numérique. »

Myriem Lahidely

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