Libéraux de santé : une nouvelle intersyndicale pour penser « interpro »

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Onze syndicats représentatifs de dix professions de santé* ont annoncé le 8 septembre la création de l’intersyndicale « Libéraux de santé ». La Fédération nationale des infirmiers (FNI) est l’un des membres fondateurs. Le point avec Daniel Guillerm, son président.

Libéraux de santé : une nouvelle intersyndicale pour penser « interpro »

© Roman Chazov / ShutterStock

Comment est née la volonté de créer les Libéraux de santé ?

A l’origine, le Centre national des professions libérales de santé (CNPS) a été créé par trois organisations de médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens, auxquelles s’étaient progressivement associées d’autres organisations paramédicales pour former le CNPS tel qu’on l’a connu jusqu’à il y a cinq ans.

A cette période, l’organisation a pris un tournant très médico-centré, générant des tensions entre les membres et conduisant au départ de la FNI, suivie par d’autres organisations paramédicales. C’est ce qui a amené à la création de la Fédération française des praticiens de santé (FFPS).

Cette organisation émergente a trouvé sa place dans le paysage. Nous avons été largement concertés lors des débats sur la retraite et dans le cadre du Ségur de la santé.  Néanmoins, nous avons gardé des liens avec les membres du CNPS notamment parce que nous sommes tous présents au sein de l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) et de l’Union nationale des professions libérales (Unapl). A l’aune des élections aux Unions régionales des professionnels de santé (URPS) en avril, il était naturel que se repose la question d’une organisation commune.

Les membres fondateurs des Libéraux de santé sont les organisations les plus représentatives des professionnels de santé libéraux aux élections URPS. Et pour en être membre, il faut nécessairement être une organisation représentative de la profession. 

FFPS, CNPS, Libéraux de santé : comment les trois organisations s’articulent-elles ?

Nous avons dans un premier temps décidé de ne pas dissoudre nos structures d’abord parce que des organisations au sein de la FFPS et du CNPS ne font pas partie des Libéraux de santé.

Pour les fondateurs de l’intersyndicale, la convention qui lie les professions avec l’Assurance maladie est la colonne vertébrale de notre réflexion. Les éventuels futurs membres devront partager cette vision, ce qui n’est pas le cas de tous les membres de la FFPS et du CNPS.

Par ailleurs, nous avons, au sein de la FFPS, des dossiers qui concernent uniquement les paramédicaux et qui n’impactent pas les professions doctorantes. Nos revendications sont liées à notre statut d’auxiliaires médicaux et n’ont pas à être abordées au sein des Libéraux de santé. Idem du côté des professions doctorantes.

Notre volonté au sein des Libéraux de santé est de travailler sur des dossiers qui nous impactent tous, pour reconstruire et imposer notre organisation au niveau du paysage intersyndical et pluriprofessionnel. Il s’agit finalement d’une interface entre les doctorants et les non-doctorants.

Quels seront les chantiers de l’intersyndicale ?

Les chantiers vont nécessairement porter sur l’interprofessionnalité. Nous devons nous emparer de certains dossiers collectivement afin d’élaborer des propositions propres avec des dénominateurs communs.

C’est le cas par exemple concernant la reprise en main des périmètres de nos métiers. Nous voulons que l’Assurance maladie adopte une vision globale et interprofessionnelle de nos métiers et arrête de négocier en tuyau d’orgue.

Parmi les autres dossiers : la réforme des soins de ville et de l’enveloppe qui y est consacrée au sein de l’Objectif national des dépenses de l’assurance maladie (Ondam), l’avenir de la formation professionnelle, la clarification du rôle des complémentaires santé, le déploiement du numérique, la défense du statut libéral de nos professions. Sur ces sujets, nous allons faire valoir notre position commune. Notre volonté est aussi d’afficher la représentativité de nos organisations à l’heure où les pouvoirs publics associent à leur réflexion et aux débats, pour imposer leur vision, des organisations dont la représentativité est contestable.

Nous sommes dans une fenêtre d’urgence politique. Le Ségur de la santé a ignoré les libéraux, les discussions sur le Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2022 débutent, nous sommes aussi dans une pré-campagne présidentielle. Nous allons avoir à porter des propositions fortes au niveau de tous les acteurs, qu’ils soient institutionnels ou politiques.

Propos recueillis par Laure Martin

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