Agnès Buzyn : “Rendre notre système de protection sociale parfait, c’est peut-être un peu ambitieux ; l’améliorer, je crois que c’est un objectif raisonnable”

La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a assuré, lors de ses voeux à la presse mardi, tout mettre en oeuvre en 2020 pour "incarner l'ambition de la stratégie Ma santé 2022" et améliorer le système de santé. 

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé

Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé. © M.S / ActuSoins 2018

"Nous suivons un cap qui est le bon : instaurer un système de santé mieux organisé entre la médecine de ville et la médecine hospitalière dans les territoires et libérer du temps médical utile pour faciliter un accès aux soins de qualité pour tous les Français", a déclaré la ministre. 

Face aux colères et "impatiences" exprimées cette année - grève dans les Ehpad, dans les services d'urgences, puis dans tous les services -, la ministre s'est dite concernée, tenant à exprimer son "attachement indéfectible à l'hôpital public"

"Ma santé 2022 a été déclinée en 2019 spécifiquement aux urgences, avec le pacte de refondation de l'hôpital public avec le plan 'Investir à l'hôpital'. Cette feuille de route pour l'hôpital public est une réponse sans précédent", a-t-elle assuré. 

"Beaucoup de perspectives s'ouvrent devant nous, que nous allons concrétiser comme nous avons déjà concrétisé beaucoup d'annonces récentes- je pense aux primes des urgences, au dégel des tarifs ou encore à l'opération-vérité sur les lits d'aval dans tous les hôpitaux"

"Quand je prends l'engagement d'augmenter les budgets de l'hôpital pour les trois prochaines années, je pose un acte majeur", a-t-elle poursuivi. 

2020 : renforcer l'accès aux soins et investir pour l'hôpital

Dans un dossier distribué à la presse le même jour, les objectifs pour 2020 sont réaffirmés. Il s'agira d'abord de "renforcer" l'accès aux soins et de "libérer du temps médical". La mise en oeuvre de la stratégie Ma santé 2022 se poursuivra en 2020 avec la labellisation et déploiement des hôpitaux de proximité, la concrétisation de 500 projets de CPTS (Communautés professionnelles territoriales de santé) et développement de nouveaux projets dans les territoires, la poursuite de la création de nouveaux postes d'assistants médicaux. 

Un déploiement des protocoles de coopération pour "accroître la place des professionnels" (masseurs-kinésithérapeutes, pharmaciens, infirmiers) dans les soins non programmés en ville est également prévu. 

Le volet "Investir pour l'hôpital" se concrétisera en 2020 "pour améliorer le quotidien des équipes hospitalières et accélérer la transformation engagée avec Ma Santé 2022". 

Des mesures visant à accompagner les débuts de carrière, à renforcer l'attractivité des métiers et fidéliser les soignants se mettent en oeuvre, assure le ministère : mise en place d'une prime pour les aides-soignants exerçant auprès des personnes âgées, création d'un grade de catégorie B pour les aides-soignants en fin de carrière, extension du contrat d'engagement de service public (CESP), extension au personnel paramédical de la prime d'engagement dans la carrière hospitalière (PECH), revalorisation de la PECH pour le personnel médical, fusion des quatre premiers échelons du statut de praticien hospitalier, augmentation de la prime d'exercice territorial. 

Matériel et attractivité

150 millions d'euros sont alloués, dès janvier aux hôpitaux publics pour acheter ou renouveler le matériel "indispensable au travail des soignants au quotidien", fait savoir le ministère. 

Dès janvier, les équipes soignantes bénéficient aussi de nouvelles primes, rappelle-t-il. Ainsi, en plus des 60 000 aides-soignants concernés par la prime de travail auprès des personnes âgées, plus de 40 000 soignants franciliens percevront une prime et tous les professionnels engagés dans des projets de transformation peuvent bénéficier d'une prime collective. 

"Afin de renforcer le dialogue et le sens du collectif au sein des hôpitaux, le personnel soignant est aussi mieux intégré à la gouvernance des hôpitaux. Le management de proximité est renforcé et valorisé", détaille le ministère. 

Par ailleurs, "la reprise de la dette" sera lancée dès le 2e semestre pour "améliorer la situation financière des hôpitaux" et leur redonner "des marges de manoeuvre pour financer des investissements". 

Refonder les urgences

"Le pacte de refondation des urgences poursuit son déploiement", confirme le ministère :  service d'accès aux soins (SAS) pour "répondre à toute heure à la demande de soins des Français" et accueil direct dans un lit d'hospitalisation pour les personnes âgées adressées par leur médecin traitant sans passage par les urgences, coopération systématique entre les urgences de plus de 50 000 passages et une maison médicale de garde à proximité et ouverture de lits d'aval "pour prémunir les patients, en particulier les plus fragiles, de passer la nuit sur un brancard". 

Santé mentale, virage numérique, lutte contre le renoncement aux soins...

Les autres chantiers et projets du ministère sont nombreux. 

Les "travaux engagés en santé mentale" seront poursuivis et le mode de financement de la psychiatrie va évoluer. Il reposera sur une dotation populationnelle et sur un modèle incitant à la qualité et au développement de nouvelles activités, "tout en valorisant la recherche", indique le dossier. 

La transformation numérique du système de santé va également s'accélérer en 2020 avec le déploiement de services numériques comme la poursuite de la généralisation du DMP (Dossier médical partagé), l'accompagnement à l'usage des messageries sécurisées de santé (MMSanté), le développement de la e-prescription et d'outils de coordination des parcours de santé (programme e-parcours). 

Des plateformes numériques de santé seront testées comme l'Espace numérique de santé ou le bouquet de services numériques aux professionnels de santé. 

Le déploiement de la télémédecine et du télé-soin sera accompagné. 

Autre volet renforcé : la lutte contre le renoncement aux soins. "La réforme 100% santé se met en place progressivement jusqu'en 2021". Depuis le 1er janvier 2020, l'offre 100% optique est disponible : une sélection de lunettes de vue (monture et verres) est intégralement prise en charge par l'Assurance Maladie et les complémentaires santé. 

Concernant l'accès aux soins dentaires, huit prothèses dites "fixes" sont intégralement remboursées depuis le 1er janvier, fait savoir le ministère. Enfin, une nouvelle diminution de 250 euros du reste à charge moyen par appareil auditif va intervenir et ce jusqu'au remboursement total, sans reste à charge, à l'horizon 2021. 

Rédaction ActuSoins

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Les autres volets déployés en 2020 (côté santé): 

  • Lutte contre les déserts médicaux en déléguant de nouvelles tâches
  • Garantie de la continuité du parcours des femmes enceintes éloignées d'une maternité
  • amélioration de l'accès à l'IVG
  • Lutte contre l'antibio-résistance
  • Nouvel élan pour la recherche
  • Prévention environnement et prévention perte d'autonomie
  • Prévention des cancers provoqués par les papillomavirus humains
  • Renforcement de l'accès à l'information en santé sexuelle
  • Nouveau plan de développement des soins palliatifs et des patients en fin de vie
  • Évaluation du plan cancer 2014-2019, permettant de définir une nouvelle stratégie de lutte contre le cancer
  • 4e plan national santé-environnement
  • Poursuite de la lutte contre la pollution au chlordécone
  • Loi de bioéthique (vote été 2020)
  • Stratégie "Vieillir en bonne santé"

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