Quand des personnages de BD cachent les perfusions des jeunes patients

La boite imaginée par l'association Coucou nous voilou cache les poches à perfusion des jeunes patients derrière des personnages familiers : cette AbracadaBox vise à dédramatiser le séjour des enfants hospitalisés. L'association en fait la promotion via une quinzaine de stars dans un récent clip vidéo.

Quand des personnages de BD cachent les perfusions des jeunes patientsL'association Coucou nous voilou, qui souhaite améliorer le quotidien des enfants hospitalisés, a rendu publique tout récemment une vidéo dans laquelle 16 personnalités du monde du spectacle, tous bénévoles, présentent l'AbracadaBox.

Il s'agit d'un boitier qui cache de manière ludique les poches à perfusion et chimiothérapie des enfants et ados hospitalisés et que l'association offre aux services hospitaliers qui lui en demandent.

Cette vidéo réalisée par Fernand Bérenguer, diffusée sur plusieurs chaines de télé et dans une grande chaine de cinémas, explique en substance Marc Salem, fondateur et délégué général de l'association, vise à toucher les donateurs potentiels et les services hospitaliers qui ne connaissent pas le projet.

Titeuf et Schtroumpfs côté face

Depuis 2017, et la production des premières boites, « nous avons équipé un peu plus de 100 services », souligne-t-il. Chaque service reçoit entre 30 et 80 abracadabox : environ 6000 boites ont ainsi été offertes depuis deux ans.

L'histoire débute en 2015 : Marc Salem entend parler d'un projet assez similaire au Brésil et il entreprend de faire fabriquer par l'association des cache-perfusion un peu similaires, qui arborent des personnages de BD ou de dessins animés. Il a d'abord fallu créer l'objet, en respectant les exigences hospitalières en termes d'hygiène et de sécurité, trouver le mode de fabrication et créer un moule industriel, explique-t-il.

Un ingénieur l'a aidé dans cette phase technique, y compris pour trouver un fabricant (en Bretagne). Le délégué général a aussi du convaincre les auteurs des personnages ou leurs ayants-droits de laisser l'association utiliser un de leurs dessins pour décorer ses boites. Marc Salem aurait bien vu Astérix boire de la potion magique sur l'une d'elle mais cela n'a pas été possible. Pas de personnages Disney ni de super héros de Marvel non plus.

En revanche, « les ayant-droits de Peyo, l'auteur des Schtroumpfs, ont accepté tout de suite », remarque-t-il. Idem pour  Zep (Titeuf), Fred Tebo (Captain Biceps) ou Ubisoft (Lapins crétins)... et d'autres puisque 11 personnages s'affichent sur les différents modèles. Certains d'entre eux figurent aussi dans une BD offerte à chaque enfant pour lequel une boite est installée.

Côté pile transparent

La boite présente un côté « face » opaque (orné du personnage) et un côté « pile » transparent et ouvert qui permet aux soignants de vérifier la délivrance du produit et de pouvoir lire les étiquettes. Elle peut s'adapter à différents types de poche.

« Les enfants et même les ados apprécient cette boite, témoigne Marc Salem. eElle permet de tisser une relation entre les soignants et les patients. Les enfants peuvent choisir le personnage et échanger à son propos avec les soignants, ils peuvent rire un peu ensemble. Cela améliore le contact. Les parents apprécient aussi. » Cela prend juste un petit plus de temps à installer qu'une poche classique.

Les boites, qui coûtent entre huit et neuf euros pièce, sont offertes aux services, précise le délégué général : « l'hôpital n'a qu'à nous préciser combien de boites et de BD il veut et nous les lui faisons parvenir gratuitement ».

L'association vient d'en refabriquer 3000. Le projet est financé par des dons d'entreprises ou de fondations (la seule phase de création de la boite a coûté 80 000€). Les fonds récoltés permettent aussi à l'association de financer des projets que lui soumettent des services hospitaliers pour rendre les séjours et les soins des enfants moins pénibles comme des peluches offertes par un Samu, des tablettes pour distraire les petits pendant les soins ou des énigmes et devinettes à coller sur le plafond, bien visibles quand on est cloué sur un lit d'hôpital.

Géraldine Langlois

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