Depuis 2019, une hausse des effectifs dans la fonction publique hospitalière n’a pas permis de réduire la proportion de postes vacants

La hausse moyenne de 3% des effectifs dans les établissements de la fonction publique hospitalière entre 2019 et 2021 n'a pas permis de réduire la proportion de postes vacants dans les professions aides-soignantes et infirmières, indique la Fédération hospitalière de France (FHF). 

Depuis 2019, une hausse des effectifs dans la fonction publique hospitalière n'a pas permis de réduire la proportion de postes vacants

© Spotmatik Ltd / ShutterStock

Alors qu'un été difficile se profile pour le système de santé, en raison, notamment, du manque de personnel paramédical, une enquête, conduite par la FHF en avril et mai 2022 présente la situation des établissements publics de santé et médico-sociaux au printemps 2022.

Elle révèle que "contrairement à l'image fréquente d'une fuite des soignants", les établissements publics ont enregistré une hausse moyenne de 3% de leurs effectifs en équivalents temps plein en 3 ans. 

Cette hausse s'explique notamment par le renfort des effectifs dans les unités pour faire face à l'épidémie et par des recrutements en liens avec des besoins nouveaux, à l'instar de la vaccination. 

Pour autant, explique la FHF, "cette situation n'a pas permis de réduire la proportion de postes vacants dans les professions aides-soignants et en infirmiers". Le dynamisme du côté de la demande de soins (avec une dégradation de l'état de santé des patients - patients lourds)- et la réorganisation des prises en charge ont en effet conduit les établissements à revoir à la hausse leurs effectifs cibles. 



© FHF

Dans le détail, en termes de postes vacants, la situation des établissements de santé, hors CHU, s'est le plus fortement dégradé avec une hausse de la part des postes AS vacants de + 1 point et de +3,6 en matière d'IDE (soit un doublement). A l'inverse, la situation des CHU reste stable. Enfin, les ESMS ont connu une amélioration de leurs attractivité chez les AS. 

L'absentéisme se stabilise à un niveau plus élevé qu'avant la crise

Les résultats de l'enquête montrent aussi que le niveau de l'absentéisme a augmenté dans l'ensemble des types d'établissements par rapport à la situation antérieure à la crise sanitaire. 

Ainsi, en 2021, l'absentéisme moyen, de 9,9%, se situait à +1 point par rapport à 2019 (année de référence avant crise). Ce même taux était en moyenne de 7,4% en 2012. 

Point notable, globalement, l'absentéisme moyen n'a pas augmenté en 2021 par rapport à 2020. Les relevés des établissements donnent à voir une stagnation, voire un léger reflux de l'absentéisme. Seule exception à cette tendance, les CHU poursuivent leur hausse. Ils avaient cependant été moins affectés en 2020, ce qui les conduit en 2021, à une situation proche des autres établissements. 

Le recrutement, une priorité pour les hôpitaux et les Ehpad publics

© FHF


Dans un contexte de besoins de soins accrus, notamment chez les IDE et pour la nuit, l'enquête indique que la quasi-totalité (99%) des établissements connaissent des difficultés de recrutement, de manière permanente ou ponctuelle. 

Conjuguées à un absentéisme élevé, ces difficultés de recrutement pèsent lourdement sur le dynamisme des établissements, observe la FHF. "Cela réduit d'autant la capacité de rattrapage de l'activité en faveur des patients dont l'intervention a dû être déprogrammée lors des phases aiguës de l'épidémie". 

Cet écart entre les cibles de professionnels attendus et les postes réellement pourvus a plusieurs conséquences, indique la FHF. La hausse de la fatigue des soignants est la conséquence première des difficultés de recrutement (90% des établissements), suivie d'une hausse du recours aux heures supplémentaires (notamment dans le secteur sanitaire avec 97% des établissements de santé et 90% des CHU) et du recours à l'intérim (67% des établissements). Enfin, les CH/CHS (57%), et encore plus les CHU (85%) ont eu recours à des fermetures temporaires de lits. 

La catégorie infirmier reste la première priorité en matière de recrutement dans la FPH (74% des CH, 55% des CHU, 41% des EHPAD), chiffre la FHF. 

Au regard du poids dans les effectifs et de la vacance plus forte des postes, les Ehpad positionnent les AS comme première priorité. 

"Aucun vivier de professionnels à rechercher chez les soignants suspendus"

"L'excellent taux de vaccination des professionnels confirme que la réintégration des professionnels suspendus n'est pas une piste importante en matière de tensions sur les effectifs", affirme la FHF qui estime qu'il n'y a "aucun vivier de professionnels à rechercher parmi les agents suspendus pour non vaccination". 


D'après l'enquête, le nombre de professionnels suspendus a été divisé par 4 entre le 15 septembre 2021 (mise en oeuvre de l'obligation vaccinale) et le printemps 2022. Il ne représente plus que 0,3% du total des agents des établissements, soit environ 4000 à 5000 professionnels, tous métiers confondus, soignants et non soignants, sur 1,2 million d'agents dans la FPH. 

Rédaction ActuSoins

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