Présidentielles : la FHF recommande « d’investir dans les professionnels de santé, avenir du soin »

A l'occasion de l'élection présidentielle, la FHF (Fédération hospitalière de France) a publié ses 30  recommandations pour la santé et l'autonomie. Parmi les priorités abordées : l'investissement pour les professionnels de santé. 

Présidentielles : la FHF recommande d'investir dans les professionnels de santé, avenir du soin

© Zoran Zeremski / ShutterStock

Alors que les tensions sur le recrutement s'étendent "au point de devenir endémiques" et de limiter l'offre de soins dans le contexte d'un marché du travail de la santé particulièrement encadré en termes de critères de recrutement, la FHF propose des mesures pour améliorer le système. 

Les leçons de la crise : reconstituer les viviers "stratégiques"

La pandémie a rappelé combien les professionnels de santé et leurs compétences sont importants, dans un système qui fait face à une demande de soin en constante augmentation. "L'autonomie stratégique de la France passe donc par la reconnaissance de l'importance de ce vivier stratégique. Il doit être quantifié pour répondre aux besoins quotidiens de la population, y compris en cas de mobilisation face à une crise majeure, et donc pour dimensionner l'appareil de formation en conséquence", estime la FHF. 

Du fait des caractéristiques de la Covid-19, ce sont particulièrement les compétences en réanimation, d'infectiologie, de pneumologie, parfois de neurologie qui ont été et demeurent nécessaires. Cependant, un autre virus, une autre crise sanitaire, mobiliserait sans doute d'autres spécialités. 

"Pour se préparer aux prochaines crises, un objectif qualitatif (spécialités, métiers, compétences...) et quantitatif (à l'échelle nationale mais aussi par région) de professionnels de santé mobilisables doit donc être établi sous l'égide de la DGS en concertation avec les fédérations hospitalières, les ordres professionnels et les conseils nationaux des spécialités médicales", recommande la FHF. 

Au delà des situations de mobilisation extrême qui contraignent le système de santé à se réorienter et conduisent à des déprogrammations massives, les tensions actuelles "attestent des difficultés de recrutement des établissements de santé. Les postes vacants restreignent l'offre publique de Santé et cachent d'importantes disparités entre spécialités et entre territoires", considère la FHF. 

Pour dimensionner un vivier de professionnels suffisant et mettre un terme aux postes vacants, la FHF recommande de fixer des objectifs chiffrés au minimum "très concrets" pour 2025 : +20% du nombre d'étudiants en médecine, +25% des place en première année d'IFSI, + 25% des places en première année d'IFAS, + 10% pour les places de formation d'infirmiers spécialisés. 

Par ailleurs, la fédération demande d'engager un "effort massif" de recrutement dans le secteur du grand-âge avec la création de 100 000 postes, l'amélioration des compétences des soignants, la présence d'une infirmière de nuit [en Ehpad], la reprise des formations d'assistants en soins gérontologiques. 

Repenser les filières

"Les orientations prises en matière de formation restent prisonnières d'une approche disciplinaire qui ne correspond plus aux attentes des professionnels ni aux enjeux de la dynamisation du management de proximité, accentués par la réforme de la gouvernance de 2021", considère la FHF. 

Dans ce contexte, la fédération demande de "repenser les filières de formation", et ce, "dès le début du quinquennat". Ce chantier impliquerait une évaluation des réformes des études déjà en cours, notamment pour l'universitarisation des études paramédicales. 

"Outre les enjeux universitaires et académiques incontournables, ce chantier devra prendre en compte certains objectifs de Santé publique (diversification des lieux de stages, notamment) et d'équité sociale (diversification des profils des étudiants en santé)", indique la FHF. 

L'objectif de ce chantier serait aussi de favoriser une plus forte coopération des professionnels de santé, dès la formation. "L'ensemble des formations en santé pourrait contenir ds modules et des temps de formation consacrés à la coopération entre professionnels. Des passerelles entre les formations pourraient ensuite être plus fréquentes, facilitées par le recours à la VAE". 

Valoriser les métiers de l’ombre et donner envie de s’engager

La FHF met l'accent sur les métiers " de l'ombre" (logistiques, techniques, administratifs),  "indispensables au bon fonctionnement des services de soins". 

"Contrairement à certaines idées reçues, la part des administratifs, sensiblement moins importante dans le secteur public que dans le secteur privé, a été réduite ces dernières années : selon les données de la DREES, la filière administrative représentait 13% des 310 000 salariés dus secteur hospitalier privé contre 10% du 1,05 million de salariés du secteur hospitalier public", indique la FHF. 

Or, moins clairement identifiés comme recruteurs, les établissements peinent à être attractifs pour ce métiers. 

"Il paraît essentiel de proposer des rémunérations plus en prises avec la réalité du marché du travail dans certaines filières de métiers concurrentielles et pour les attachés d'administration hospitalière. Au sein de GHT, des recrutements ou des mutualisations de compétences rares doivent être favorisés". 

Par ailleurs, pour favoriser l'attractivité de tous les professionnels hospitaliers, la FHF préconise d'accompagner la prise de responsabilité, d'investir dans les formations au management, d'accélérer la mise en oeuvre de la protection sociale complémentaire et de faciliter l'accès à des logements de proximité et à des solutions adaptées de garde d'enfants. 

Concernant la réforme des retraites, elle demande de prendre en considération "les contraintes liées à l'exercice hospitalier".

"La moitié des professionnels hospitaliers exercent aujourd'hui un emploi relevant de la catégorie active, c'est-à-dire que leur pénibilité et leurs modalités d'exercice justifient un départ anticipé à la retraite. Cette spécificité de la fonction publique hospitalière devra être prise en charge dans la perspective d'une refonte des régimes de retraites. "

Rédaction ActuSoins

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