La FHF donne ses pistes pour « prendre soin des professionnels du grand-âge » et appelle au recrutement de 100 000 professionnels sur cinq ans

Comment transformer un pays dont le nombre de personnes de plus de 80 ans va croître de 2,5 millions en vingt ans et de 5,7 millions en cinquante ans et que les besoins en termes de soins et d’hébergement (notamment) de nos aînés vont ainsi considérablement augmenter?  Partant de cette interrogation et dans ce contexte d’entrée de la France sans sa phase aigüe de transition démographique, la FHF (Fédération hospitalière de France) a planché sur une ébauche de projet de loi sur « des mesures d’urgence et structurelles en faveur d’une société de la longévité ».

La FHF donne ses pistes pour prendre soin des professionnels du grand-âge

© i-Stock

Depuis 2020 et jusqu’en 2030, ce sont 110 000 personnes de plus de 80 ans qui, chaque année « aspirent  et aspireront à vieillir dans les meilleures conditions possibles », expose la FHF dans sa contribution destinée aux pouvoirs publics et à la société civile.

La FHF, propose cinq piliers sur lesquels s’appuyer pour faire évoluer le système et mieux prendre en compte la longévité ( voir encadré). L’un des cinq grands axes repose sur l’attractivité des métiers du grand-âge.

Renforcer les effectifs pour « sortir du cercle vicieux »

S’appuyant sur les rapports Libault et El Khomri, la FHF demande la création de 100 000 nouveaux postes à domicile et en établissement médico-social d’ici à 2030. Ces créations d’emploi permettraient de rehausser le taux de 25% dans les EHPAD.

« C’est bien une politique déterminée de renforcement des effectifs assortie d’une attention particulière à la prévention des risques professionnels qui permettra de sortir du cercle vicieux du manque d’attractivité, des postes vacants et de l’absentéisme auquel est confronté le secteur », indique la FHF.

La FHF, qui chiffre l’investissement à 4,5 milliards d’euros, demande que les quotas et les modalités de formation soient adaptées à ce besoin.

Soutenir le développement et la diversification des compétences et des expertises

Autre mesure d’attractivité proposée : la diversification et l’évolution possible des compétences.

La FHF plaide notamment pour la reconnaissance d’une filière IPA en gérontologie et la reconnaissance du rôle des aides-soignants coordinateurs. Elle demande la généralisation de la formarion d’assistants de soins en gérontologie (ASG) avec une formation continue obligatoire de 140 h pour tous les soignants concernés d’ici 5 ans.

Enfin, elle demande de faire de la formation « un axe central du parcours professionnel des agents. »

Améliorer la qualité de vie au travail

Parmi les autres propositions sur l’attractivité, la FHF insiste sur l’amélioration de la qualité de vie au travail : il faut « redonner du temps au collectif », avec des réunions d’échanges de pratiques, mini-formations communes, indique-t-elle.

Il faut aussi « s’appuyer davantage sur les nouvelles technologies : domotique, outils facilitant le déplacement des résidents… »

Diversifier les voies d’accès aux métiers et accroître les perspectives d’évolution de carrières

La FHF demande le développement de l’apprentissage et de la VAE en portant notamment à 10% la part des diplômes aides-soignants obtenus par la voie de l’apprentissage et à 25% ceux obtenus par la voie de la VAE.

Il s’agit aussi de « proposer des plans de carrières » et « d’informer les professionnels sur la richesse des métiers du grand-âge ».

Pour cela, il faudrait « mener une grande campagne nationale de communication valorisant ces métiers à forte utilité sociale et non délocalisables » et « valoriser le travail des professionnels » auprès des personnes âgées pour « valoriser par la même occasion les personnes acccompagnées. »

Rédaction ActuSoins

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Les cinq grands piliers de la proposition de loi de la FHF

- Construire une société de la longévité respectueuse de tous les citoyens : politiques publiques adaptées à toutes les générations, garantir la place des âgés dans la société (lutte contre l’âgisme, la maltraitance, l’isolement…)

- Faire de la prévention un objectif opposable de santé publique : traduire dans les faits la priorité nationale donnée à la prévention, mettre en place une détection systématique de la fragilité dans le cadre d’une démarche de responsabilité populationnelle, offrir à tous les aidants de pouvoir accéder à des solutions de répit..

- Prendre soin des professionnels du grand-âge et attirer de nouveaux talents (voir article)

- Adapter l’offre d’accompagnement aux parcours de vie et aux attentes des personnes âgées

- Accompagner la nécessaire mutation du secteur médico-social

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