Infirmiers en pratique avancée aux urgences : vers un désengorgement efficace ?

Agnès Buzyn a dévoilé lundi une série de mesures pour désengorger les urgences, dont la création d'infirmiers en pratique avancée "urgences". Les réactions sont partagées.  

Infirmiers en pratique avancée aux urgences : vers un désengorgement efficace ?

Lors d'une visite au CHU de Poitiers lundi 2 septembre, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, a dévoilé une série de mesures pour fluidifier les services d'urgences. © CHU Poitiers.

La ministre a annoncé la création d'une filière d'infirmiers de pratique avancée "urgences" qui pourront directement prendre en charge les patients (diagnostic à l'aide d'un algorithme, réalisation d'actes techniques en autonomie, prescription d'imagerie...). Il s'agit de fluidifier les urgences, grâce, notamment, à une prise en charge plus rapide et non médicale donc, des patients. Pour rappel, aujourd'hui, seules quatre filières sont proposées pour les Infirmiers en pratique avancée. 

C'est une mesure qui "réjouit" l'Unipa (Union nationale des infirmiers en pratique avancée), qui, entendue par le député Thomas Mesnier et le Pr Carli en charge de la mission "Urgences", avait formulé le souhait d'une cinquième voie dédiée aux urgences pour les IPA. C'est "une première étape vers l'accès au premier recours, en établissement de soins ou en ambulatoire", estime le syndicat dans un communiqué. 

Même son de cloche du côté de la SFMU (Société française de médecine d'urgence). Interrogée par l'agence de presse APMnews, sa présidente,  le Dr Agnès Ricard-Hibon a salué la mesure, "mais en s'inscrivant en faux sur la volonté d'inclure la possibilité de réaliser un diagnostic à l'aide d'un algorithme dans ce cadre", explique l'agence de presse.

Le collectif Inter-Urgences, interrogé par l'APMnews également, est moins catégorique. "Il n'y a pas un problème de compétences aux urgences, mais un problème de désorganisation du système, il faut des IPA de soins primaires qui vont suppléer des généralistes", a plaidé Hugo Huon, président du collectif. 

Développement des protocoles de coopération

Pour répondre au même besoin, la ministre a également décidé de "donner un coup d'accélérateur aux protocoles de coopération" en donnant aux infirmiers accès à deux protocoles pour l'imagerie et la suture de plaies, qui donneront lieu au versement de la toute nouvelle prime de coopération. Les protocoles de coopération permettent un transfert de tâches entre un médecin et un infirmier, après une formation, dans leur service et pour leur établissement uniquement, rappelle-t-on. 

Cette annonce de mise en place de nouveaux protocoles de coopération a fortement déplu à l'UNAIBODE (Union nationale des associations d'infirmiers de bloc opératoire diplômés d'Etat), l'acte de suture étant habituellement réservé, dans la filière infirmière, aux IBODE, note-t-on.

Rédaction ActuSoins

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Les mesures portent sur la modération des arrivées dans les services d'urgences. La ministre a notamment appelé à une amélioration généralisée de l'organisation des urgences en articulation avec les autres services et spécialités de l'hôpital.

 Encourager l'émergence d'une offre en ville avec : 

- l'ouverture "dès maintenant" pour les SAMU de la possibilité de déclencher, sous certaines conditions, un transport sanitaire pour emmener un patient vers un cabinet de ville ou une maison de santé, et de sortir du "tout urgences" auquel sont contraints actuellement les SAMU. 

- l'élargissement aux cabinets de médecins libéraux et aux maisons de santé de la possibilité de pratiquer directement certains examens de biologie dite "délocalisée, pour permettre au patient de réaliser ses examens dans le même lieu à l'issue d'une consultation et d'obtenir un résultat dans des délais courts. 

- le tiers-payant pour la part Assurance maladie obligatoire des actes réalisés dans le cadre de la garde des médecins de ville et des Maisons médicales de garde, pour abolir les freins d'accessibilité financière à cette offre. 

Mettre en place des filières "mieux-traitantes" d'admission directe dans les services de médecine pour les personnes âgées qui doivent être hospitalisées, afin de mettre fin au "tout urgences" pour cette population. Pour cela, un supplément pour financer cette admission directe se mettra en place dès la prochaine campagne budgétaire dans les services. Le financement d'équipement en vidéo-assistance de la régulation médicale de tous les SAMU, en priorisant les résidents des EHPAD, sera généralisé. 

Cellules informatisées

Pour faciliter la prise en charge des patients à l'issue d'un passage aux urgences, des cellules informatisées de gestion des lits seront généralisées dans tous les GHT, avec l'objectif de couvrir 50% des groupements dès l'année prochaine. 

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