Plus d’un tiers des agents de la fonction publique hospitalière “surexposés” aux risques psychosociaux

37% des agents de la fonction publique hospitalière (FPH) et 31% des professionnels intermédiaires de la santé et du travail social sont dans une situation de surexposition aux risques professionnels et psychosociaux , selon l'enquête "conditions de travail et risques psychosociaux" de la direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP). 

Plus d'un tiers des agents de la fonction publique hospitalière "surexposés" aux risques psychosociaux

Dans les autres secteurs (privés et publics, toutes professions confondues), ce risque de surexposition s'élève à 23%. 

"C'est l'intensité et le cumul des expositions qui rassemble les salariés dans ce groupe -le groupe des surexposés, ndlr -", souligne le rapport. 

Surexposition aux risques : horaires décalés et semaines "longues" en cause

Les salariés les plus à risque (fonctions publiques  et secteur privé, tous exercices confondus), estiment souvent avoir avoir un travail intense et complexe. Ils déclarent plus souvent subir au moins 3 contraintes de rythme, recevoir des ordres ou des indications contradictoires, devoir penser à trop de choses à la fois, devoir se dépêcher pour faire leur travail, travailler sous pression, devoir effectuer une quantité excessive de travail, penser encore au travail même quand ils n'y sont plus. 

"Sur certains aspects, ils sont relativement autonomes mais n'ont pas la maitrise des délais fixés et sont nombreux à ne pas avoir la possibilité de faire des choses qui leur plaisent dans le travail", note l'enquête. 

Ces salariés sont nombreux à ne pas se sentir capables de faire le même travail qu'actuellement jusqu'à leur retraite. 

Ils déclarent également souvent devoir agir en opposition avec leurs convictions ou leur conscience professionnelle. Notamment, ils sont une majorité à dire qu'il leur arrive, toujours ou souvent, de faire trop vite une opération qui demanderait davantage de soin ou encore ne pas éprouver la fierté du travail bien fait. Ils sont également nombreux à déclarer devoir faire des choses qui ne sont pas de leur ressort. 

Dans ce groupe, 79% des salariés sont en contact direct avec le public. Ils sont plus souvent amenés à gérer des situations délicates : ils déclarent davantage "calmer les gens", "gérer les conflits", vivre des situations de tension dans leurs rapports avec le public, être en contact avec des personnes en situation de détresse. 

Ils sont plus souvent exposés à de fortes exigences émotionnelles : ils sont nombreux à déclarer être bouleversés, secoués ou émus dans leur travail, devoir cacher leurs émotions et devoir éviter de donner un avis ou leur opinion. 

A ces situations, s'ajoute un sentiment d'insécurité : ils disent plus souvent avoir peur dans leur travail et avoir été victime d'une agression verbale de la part du public. 

Ces salariés déclarent davantage avoir des rapports sociaux difficiles avec leurs collègues et leurs supérieurs hiérarchiques, souffrir d'un manque d'intégration et de reconnaissance, ne pas recevoir le respect et l'estime que mérite leur travail au vu des efforts réalisés, ne pas avoir le sentiment de faire partie d'une équipe...

Au cours des douze derniers mois, 45% des salariés "surexposés" déclarent avoir reçu d'une ou plusieurs personnes des critiques injustes et systématiques à propos de leur travail (contre 18% dans l'ensemble) et 30% avoir été victime d'une agression verbale de la part des collègues ou des supérieurs. Par ailleurs, 76% des salariés de ce groupe "surexposé" aux risques, considèrent que leurs perpectives de promotion ne sont pas satisfaisantes (contre 44% dans l'ensemble). 

Les femmes sont plus souvent "surexposées" que les hommes (25% contre 21%). 

Plus les salariés sont exposés dans leur environnement professionnel, plus leur état de santé apparaît fragilisé

Les salariés à temps plein "faiblement exposés" sont moins nombreux à estimer leur santé "moyenne ou mauvaise" (13% contre 25% pour l'ensemble des salariés) ou à s'estimer "limités dans les activités que font les gens habituellement"(8% contre 15%). Ils connaissent par ailleurs moins souvent un état dépressif majeur (2% contre 6%) et déclarent moins souvent souffrir de douleurs (46% contre 61%).

La santé des salariés aux "expositions intermédiaires" se distingue peu de la moyenne de la population. 

Les salariés à temps partiel, subi ou choisi, déclarent, plus souvent des problèmes de santé (plus mauvaise santé perçue dans le public et le privé, limitations d'activité, maladie ou problème de santé chronique ou durable, épisode dépressif majeur, douleurs et troubles du sommeil dans le secteur privé). 

Le "choix" du temps partiel peut être fait pour des raisons de santé. Les salariés à temps partiel choisi déclarent également plus souvent avoir fait une demande de reconnaissance d'un handicap ou de perte d'autonomie (10% des salariés à temps partiel contre 6% dans l'ensemble). 

Au-delà de ces éléments, les mauvais rapports sociaux au travail et le sentiment d'insécurité de la situation au travail, risques qui caractérisent cette population isolée du collectif de travail et plus souvent en contrat à durée limitée, peuvent avoir une influence sur la probabilité de développer un trouble dépressif. 

Enfin, l'état de santé des salariés "surexposés" apparaît particulièrement dégradé, aussi bien sur un plan physique que mental : 43% se déclarent en moyenne ou en mauvaise santé, 24% s'estiment limités dans leurs activités, 40% déclarent une maladie ou un problème de santé chronique ou durable, 16% un épisode dépressif majeur au moment de l'enquête, 77% des douleurs. 

Dans le secteur privé, comme dans le secteur public, l'état de santé perçu, les limitations d'activité et les douleurs apparaissent fortement dépendantes des contraintes physiques du poste de travail. "Une partie de ces écarts peuvent également s'expliquer par l'organisation du temps de travail, plus souvent selon des horaires décalés pour ces salariés", note le rapport. 

En effet, les salariés du privé et du public, aux "semaines décalées", dont les horaires sont longs et rigides, et les salariés du privé aux "horaires décalés", déclarent le plus souvent souffrir de douleurs que les autres salariés (respectivement 69% et 68% contre 61% dans l'ensemble). 

Les agents de la fonction publique aux horaires décalés déclarent plus souvent des troubles du sommeil. Ces problèmes de sommeil sont le plus souvent liés à la désynchronisation du travail, en particulier dans le cas du travail de nuit et des horaires alternants. 

Rédaction ActuSoins

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