Des parents refusent l’extubation de leur enfant

 Les parents d'une petite fille de sept mois, plongée dans le coma depuis plus d'un mois au CHU d'Angers ont engagé un référé contre l'extubation de leur enfant, prévue pour lundi 22 juin. Pour les médecins, continuer les soins s'apparente à de l'acharnement thérapeutique.

Des parents refusent l'extubation de leur enfant

© Vadim Usov | Dreamstime.com

Actualisation (22 juin, 11h) : Suite à une deuxième expertise, dimanche 21 juin, les parents acceptent l'extubation. Les conclusions de l'expert sont formelles: "cet enfant a un cerveau irrémédiablement détruit", a expliqué l'avocat des parents. Me Emmanuel Ludot, présent lors des échanges de plus de deux heures entre les parents, l'expert et l'équipe médicale entourant le nourrisson, a estimé que "l'expertise a été très utile et a permis aux parents de comprendre la situation dans laquelle ils étaient". La mort du bébé va être programmée d'ici six à huit jours.

La petite fille souffre de graves lésions au cerveau provoquées par de fortes fièvres et convulsions. Elles se sont produites après l’injection du vaccin du DT-Polio.

Selon le Dr Gérald Boussicault, responsable de ce service, « la fillette a des séquelles neurologiques gravissimes, irréversibles, avec un tableau de souffrances, de douleurs, extrêmes ».

« Au vu de l'évolution des symptômes et notamment des symptômes douloureux intolérables, nous avons décidé de manière collégiale de ne pas mettre en oeuvre de traitements qui pourraient relever d'une obstination déraisonnable », a expliqué le pédiatre à l'AFP.

« Les parents ont été informés. Ils nous ont répondu qu'ils n'étaient pas prêts à ce que leur enfant décède, mais qu'ils ne le seraient jamais », a-t-il ajouté. C'est ainsi que la décision d'extubation avait été prise pour lundi 22 juin, « avec les parents », selon lui. Mais « ceux-ci sont revenus sur leur décision », ajoute-t-il, regrettant d'avoir appris le référé par voie de presse.

Débrancher ma fille, "c'est inconcevable"

Pour son avocat, Me Emmanuel Ludotqui a saisi le président du tribunal administratif de Caen pour obtenir un « constat d'urgence », il convient « de rechercher toutes les pistes possibles qui évitent le décès de cette petite fille ».

Un médecin expert désigné par le tribunal administratif de Caen se rendra dimanche au CHU d'Angers, a indiqué à l'AFP , l'avocat.

« Débrancher ma fille, c'est inconcevable. C'est une battante », lance sa maman, qui affirme ne « pas vouloir qu'elle souffre non plus » et « remercie les médecins qui ont fait le maximum et le font encore ».

La famille de la fillette a également porté plainte début mai contre le Samu d'Alençon, dans l'Orne, qui avait, affirme-t-elle, refusé de se déplacer. Au lendemain du vaccin DT-Polio, la température de la petite fille avait grimpé jusqu'à 42,5 degrès. Les parents, sans permis, s'étaient rendus aux urgences le lendemain matin. Ayana est, depuis, placée en coma artificiel .

Rédaction ActuSoins, avec Le Généraliste et Pourquoi Docteur

 

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Réactions

10 réponses pour “Des parents refusent l’extubation de leur enfant”

  1. courage à eux et dieu que cette situation est atroce pour des parents et une èquipe, que tous se soutiennent pour accompagner leur petit ange ailleurs !

  2. Vous n êtes pas au fait de l actualité ils ont accepté

  3. Zel'd Prz dit :

    Un combat engagé , pour un avenir quinconce !
    Le Désespoir de l’ Espoir s’immiscera tardivement .

  4. Tata Corée dit :

    Je l’ai vu sur bfm ce matin, ils ont accepté

  5. c’est des situations qui sont très difficiles à la fois pour les parents en premier lieu et aussi pour les soignants. Les techniques de réanimation permettent de donner cette apparence de vie qui rend encore plus difficile à accepter qu’il n’y ait probablement pas de chance de survie dans de bonnes conditions pour cet enfant mais comment quand on est parent accepter de “débrancher” et se rendre ainsi acteur en quelque sorte du décès de son enfant. Parallèlement, ce serait inconcevable que la décision ne vienne que du corps médical. Bref, souhaitons beaucoup de courage à toutes ces personnes et particulièrement aux parents.

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