Coordination : l’IGAS met en avant le rôle du médecin traitant

L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) prône, dans un rapport publié le 4 février, une vaste refonte de la coordination d'appui aux soins, pour rendre plus lisible et efficace cette fonction exercée par une multiplicité d'acteurs (réseaux, Clic, Maia, MDPH, etc.). Elle propose de revoir l'organisation et le financement des nombreuses structures existantes et parfois "redondantes".

Coordination : l'IGAS met en avant le rôle du médecin traitantL'Igas relève qu'une "pléthore" de structures assurent en France une fonction de coordination. "Mais elles se cantonnent le plus souvent à de la coordination soit strictement clinique, soit strictement médico-sociale et sociale".

Elles sont "souvent organisées par pathologies ou par secteur". Le rapport cite les programmes de "disease management" dans les maladies chroniques, les services de soins infirmiers à domicile (Ssiad), les centres locaux d'information et de coordination (Clic) gérontologiques, les maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades d'Alzheimer (Maia), ou encore les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

Eviter les redondances

Tout en constatant l'émergence de dispositifs généralistes (parcours de soins coordonné, maisons de santé, réseaux polyvalents...), elle juge qu'ils ne répondent "pas encore assez" à un objectif de coordination transversale.

"La difficulté à organiser une prise en charge globale et pluridisciplinaire conduit à multiplier les structures au risque de les rendre redondantes les unes par rapport aux autres", avertit la mission. Cela "conduit à organiser la coordination de la coordination, dans une fuite en avant nuisible tant à l'efficacité qu'à la lisibilité pour les principaux intéressés".

Résultat, l’organisation actuelle au financement multiple coûte cher à l’Etat, aux collectivités locales et à la sécurité sociale (300 millions pour les dispositifs, 600 millions pour les forfaits versés aux professionnels de santé …). Ces financements sont de surcroît "organisés en silos".


Le médecin traitant au coeur de la coordination

L'Igas formule 13 recommandations. Certaines seraient portées par la future loi de santé et ses textes d'applications. Le projet de loi comporte déjà plusieurs mesures sur la coordination des parcours: mise en place d'un service territorial de santé au public, expérimentation de dispositifs d'accompagnement des patients chroniques, ou encore une nouvelle mission confiée aux agences régionales de santé (ARS) "d'appui aux professionnels pour la coordination des parcours de santé complexes".

L'Igas propose, entre autres, d'inscrire dans la loi que le médecin peut "recourir, le cas échéant, à une coordination d'appui", de définir cette coordination dans un décret ou une circulaire, et de lister dans un décret les fonctions relevant de l'autorité régionale en la matière.

Elle estime qu'il faut "confier au médecin de premier recours, et à lui seul, la décision du déclenchement de la coordination, au cas par cas". "Ce rôle ne doit pas être confié au patient ou à d'autres professionnels, car la multiplicité de décideurs nuirait à l'efficacité du dispositif", avertit-elle.

Le médecin pourrait solliciter une coordination auprès "de tout professionnel ou de toute structure offrant cette prestation". Il pourrait également confier la coordination à un professionnel (social ou de santé) en l'intégrant dans une équipe de soins.

L’Igas recommande aussi de définir « un socle professionnel de compétences/connaissances pour les coordonnateurs qui pourrait compléter un cursus initial, social ou sanitaire ».

L'Igas plaide en outre pour "mettre fin au financement actuel [de la coordination] par subvention aux structures" pour passer à une "rémunération de la prestation", avec "une tarification permettant de distinguer, en nombre limité, quelques niveaux de complexité de la prise en charge".


Rédaction ActuSoins avec APM et La Gazette des Communes

 

 

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