Inzee care, pour rapprocher l’hôpital des Infirmiers libéraux

Plusieurs URPS Unions Régionales des professionnels de santé proposent aux infirmières libérales et aux établissements hospitaliers de leur région d'utiliser la plateforme de mise en relation Inzee care. Elle vise à favoriser le contact entre les infirmiers libéraux d'un territoire et les patients sortant de l'hôpital.

Inzee care, pour rapprocher l'hôpital des Infirmiers libérauxLa plateforme Inzee care met en relation patients et infirmières libérales de manière automatique et ciblée, notamment via les établissements hospitaliers. Les équipes hospitalières « ont souvent du mal à repérer les infirmiers libéraux de leurs patients sortants, observe Isabelle Varlet, présidente (FNI) de l'URPS de Nouvelle-Aquitaine. Les patients, eux, les connaissent plutôt par leur prénom ». Chercher une infirmière libérale prend parfois 50 minutes voire plus, ajoute Jean-Philippe Bouscarain, président (FNI) de l'URPS d'Occitanie.

Moralité, « certains établissements gardent des patients un jour de plus ou en font sortir certains sans avoir désigné d'infirmière libérale, même s'ils en avaient une, parfois », observe Abdel Iazza, infirmier libéral et co-fondateur d'Inzee care. Ceux qui utilisent ce service n'ont qu'à indiquer les soins dont le patient à besoin, le moment où les soins doivent être effectués et la situation géographique du domicile, explique Isabelle Varlet. Une notification est alors envoyée par SMS aux infirmières de ce secteurs géographique inscrites sur Inzee care - et qui ont indiqué être en mesure d'effectuer ce type de soin.

Notification sécurisée

La notification ne contient pas de données personnelles. L'infirmière doit se connecter à une page web sécurisée où elle découvre les besoins en soins. Elle peut alors accepter ou refuser la proposition. La première infirmière qui l'accepte est alors mise en relation avec le patient par un professionnel de l'hôpital ou de la clinique.

« A la base, le service est destiné aux patients qui n'ont pas de soignant référent », remarque la présidente de l'URPS de Nouvelle-Aquitaine. Mais les agents hospitaliers peuvent aussi contacter directement l'infirmière libérale référente d'un patient, à partir de la carte de coordination des patients dans Inzee care ou des coordonnées des professionnels de santé que les patients, qui peuvent depuis peu s'inscrire au service eux-mêmes, y ont saisi.

Dans ce cas, les équipes hospitalières peuvent faire appel directement aux infirmières libérales qu'ils ont déclarées via Inzee care si elles sont inscrites, ou pas. Si elles ne sont pas en mesure de prendre ce patient en charge, la demande de soin est envoyée à toutes les infirmières potentiellement concernées, précise Abdel Iazza. « En moyenne, les Infirmières libérales répondent en 7 minutes », remarque Jean-François Bouscarain.

Six URPS

Pour que cela fonctionne, il faut dans un premier temps constituer une base suffisante d'infirmiers libéraux inscrits au service sur un territoire. En Occitanie, une des premières régions à avoir adopté Inzee care, 3000 Infirmières libérales sur 15000 sont inscrites, indique le président de l'URPS. Leur abonnement au service (7,5 € par an), est financé par les URPS. Ensuite, il faut convaincre les établissements hospitaliers d'utiliser le service (gratuit pour eux).

A Toulouse, Narbonne, Carcassonne, Perpignan et bientôt Castres, c'est déjà fait, note Jean-Philippe Bouscarain pour l'Occitanie. En Nouvelle-Aquitaine, « trois établissements ont déjà signé une convention et 30 autres vont le faire», se félicite Isabelle Varlet. Dans l'union qu'elle préside, deux des cinq salariés sont chargés de recruter de nouvelles infirmières et d'approcher les établissements. Les unions du Centre-Val-de-Loire, de Bretagne, de Guadeloupe et des Hauts-de-France se sont également lancées. Isabelle Varlet et Jean-Philippe Bousacarain ont été séduits par le fait que le service accroît la visibilité des infirmières libérales et favorise le rapprochement ville-hôpital.

Le fait que le service ait été conçu par des infirmiers libéraux a joué aussi. La société Idelio, qui développe le service, est détenue à 50% par la FNI et tous ses bénéfices doivent être  réinvestis dans le projet, indique Abdel Iazza. Des précautions destinées à écarter le risque d'« uberisation » du service et qui n'ont pas déplu aux unions régionales qui l'ont adopté. Il compte  8500 infirmiers libéraux inscrits et 225 utilisateurs dans des établissements. 

Géraldine Langlois

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