Covid-19 : Entre débrouille et abnégation, les infirmiers libéraux d’Occitanie poursuivent leur mission

Dans la région un dispositif de soins coordonnés a vu le jour avec la médecine de ville. Objectif : mutualiser les compétences, limiter la propagation du virus et soulager les urgences.

Covid-19 : Entre débrouille et abnégation, les infirmiers libéraux d’Occitanie poursuivent leur mission

En Occitanie la machine s’est emballée il y a quinze jours.

« Nous avons compris que la vague du Covid allait s’abattre sur notre quotidien d’infirmières libérales, qu’il fallait s’organiser, récupérer du matériel et communiquer entre nous et avec les médecins pour rester des soignants en bonne santé. En un jour, notre groupe WhatsApp est passé de 30 à 107 participants », raconte Pascale Cazaneuve, infirmière libérale dans le quartier des Minimes à Toulouse.

Quelques jours après, un parcours de soins coordonné entre médecins et infirmières libéraux de Haute-Garonne s’est mis en place. Il fonctionne depuis le lundi 23 mars et s’étend progressivement à l’ensemble de la région.

A ce jour en Haute-Garonne, on compte 56 unités de soins dédiées, dans des maisons de santé et des salles municipales, et déjà 600 médecins libéraux et 1200 infirmiers.res prêts à faire des soins Covid.


Le principe ? Dans ces centres ce sont uniquement des médecins qui reçoivent des patients après régulation téléphonique et adressés par leur médecin. Lorsqu’il y a suspicion de Covid, ils ne sont pas testés, mais dans la majorité des cas renvoyés à domicile et se voient alors proposer un suivi entre J2 ou J14 par des infirmiers libéraux en visites à domicile ou en téléconsultation et parfois en visio avec le médecin quand c’est nécessaire.

Depuis cinq jours, en Haute-Garonne, les infirmiers libéraux volontaires recensés sur la plateforme Inzee.care reçoivent entre 30 et 40 demandes de consultation par jour de la part des médecins. Ces derniers font des prescriptions et donnent des indications particulières pour chaque patient sur la plateforme de l’observatoire régional des urgences (ORU).

A Toulouse, Pascale Cazaneuve suit actuellement cinq patients avec suspicion de Covid. « Le suivi s’organise au cas par cas, en fonction des symptômes cliniques de chacun, à distance ou au domicile,  et dans ce cas, je leur réserve une tournée dédiée pour minimiser les risques de contaminer le reste de ma patientèle » décrit-elle.

Pour se protéger, c’est la débrouille

Pour Pascale Cazaneuve chaque visite à domicile prend des airs d’expédition. Elle commence à s’équiper au sein même de son cabinet transformé depuis quelques jours en réserve de guerre avec des boites de gants, des masques, des surchaussures et des surblouses. « C’est à la bonne franquette, j’ai pu récupérer du matériel en faisant appel aux bonnes volontés, mais c’est certain que ça ne suffira plus dans quelques jours. »

A Nîmes, Jean-Pierre Pontier, lui aussi infirmier libéral installé à la maison de santé pluridisciplinaire Valsanté et administrateur de la cellule covid dans la région, rencontre les mêmes difficultés d’approvisionnement. « Je suis riche ! J’ai deux combinaisons de carrossier et un stock de masques FFP2 récupéré de la grippe aviaire dans le coffre de ma voiture. En soins de ville, si on ne sait pas se débrouiller on ne peut plus travailler », dit-il.

Lors des visites, la prise de saturation, se fait sans toucher le patient, formé à l’auto-mesure en amont par l’infirmière à distance. « Je dépose le saturomètre dans un sac congélation devant la porte et je me tiens à bonne distance ; lorsque le patient a pris sa mesure, je lui demande de me le rendre dans le même sac et de le déposer dans un second sac poubelle que je désinfecte ensuite avec toutes les précautions de retour au cabinet. C’est à ce prix que l’on arrivera à sauver des gens », assure l’infirmière toulousaine.

La vague du Covid-19 ne s’est pas encore totalement abattue sur l’Occitanie, mais Jean-Pierre Ponthier, constate que « les IDEL sont de plus en plus nombreux à rejoindre le dispositif hier nous étions 4000 infirmiers engagés dans toute l’Occitanie ».  

Béatrice Girard  

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