Anne-Sophie milite pour le développement des soins de support

Anne-Sophie Dhouailly est infirmière à la Clinique du Cap d’Or, à la Seyne sur mer (83). Responsable de deux unités d’oncologie et présidente d’association, elle participe au déploiement des soins de supports pour les patients de son service. Avec ambition.

Anne-Sophie Dhouailly infirmière à la Clinique du Cap d’OrLe budget est limité, certes. Il faut dire que la clinique n’a pas les mêmes moyens qu’un grand Centre Hospitalier Universitaire, où les projets se font et se défont, plus facilement certainement. Pourtant, Anne-Sophie y croit. Elle est parvenue à généraliser les soins de support pour les patients atteints d’un cancer dans l'établissement dans lequel elle fait fonction de cadre. « L’objectif est presque déjà atteint », explique Anne-Sophie, qui tient à souligner que « sa clinique la soutient ».

« Quand j’ai repris l’association AssoCap, en parallèle de mon poste de cadre de service, ajoute-t-elle, je souhaitais que des soins de support soient proposés tous les jours en hospitalisation et deux fois par jour en hôpital de jour. C’est chose faite ».

Esthétique, art thérapie, massages shiatsu, réflexologie, sophrologie, consultation de psychologie et même magnétisme... Ici, les patients peuvent, sur rendez-vous, s’accorder quelques moments de détente. « Les soins de support permettent d’atténuer les effets esthétiques indésirables liés au traitement, comme par exemple le maquillage pour les femmes qui ont perdu leurs cheveux et leurs sourcils. Ils garantissent surtout un apport de bien-être dans des moments très difficiles », souligne Anne-Sophie. « Les patients ont moins d’appréhension pour leur traitement et viennent le cœur plus léger ».

Une organisation bénévole

Avant chaque cure de chimiothérapie, séjour d’hospitalisation, et lors de la consultation d’annonce infirmière, les patients sont informés des différentes possibilités. Calendrier en main, ils peuvent prendre rendez-vous directement dans le service ou passer par un site en ligne.

Anne-Sophie ne prodigue pas elle-même directement les soins de supports. Elle les organise, en s’épaulant d’une équipe de bénévoles. Cela demande méthodologie et logistique. D’autant qu’il ne faut pas gêner la continuité des soins.

« Au début, il y a eu quelques petites réticences de la part des équipes soignantes. La mise en place quotidienne de ces soins par des bénévoles nécessitait davantage de tâches administratives et plus d’organisation. Mais maintenant, les soignants sont très ouverts. Ils sont même ravis de voir que les patients vont mieux grâce à cela ».

Aujourd’hui, la jeune femme a fait évoluer l’association qu’elle préside. Avec plus de vingt-cinq bénévoles à manager et 120 adhérents, elle ne sait plus quand trouver le temps d’en faire plus. Il faut dire qu’elle gère déjà un service avec une équipe soignante de plus de quinze personnes. « Pourtant, on me dit souvent que je suis hyperactive », sourit-elle. Elle aimerait, à termes, déployer l’organisation des soins au-delà de sa clinique et toucher un maximum de patients du Medipôle, le groupe de cliniques privées auquel son établissement appartient.

Heureusement, Anne-Sophie devrait bientôt obtenir un temps dédié à cette activité sur sa fiche de poste. La direction de l’établissement est partante et l’infirmière reçoit le soutien des nombreux protagonistes du soin au sein même de la clinique.

Pour faire connaître son action, elle organise des événements dans la région. Concerts, One Woman Show, soirées… Tout est bon pour relayer le message et récolter des fonds. « Même si nous travaillons uniquement avec des bénévoles, nous avons des frais », explique la jeune femme. Si une partie du financement, pour le matériel, la décoration,… est prise en charge par la Ligue contre le cancer avec laquelle la clinique a signé une convention, le reste à charge reste conséquent et non négligeable.

De la découverte à l’implication

« Je travaillais dans le Nord de la France, en oncologie. Puis j’ai fait des remplacements. Je suis ensuite descendue dans le Sud pour des motifs personnels et j’ai de nouveau postulé en oncologie. C’est un service que j’apprécie car on y tisse un lien particulier avec les patients. Je ne connaissais pas bien les soins de support à l’époque. Quand j’ai vu qu’une association proposait ses services, je me suis tout de suite impliquée. Puis, rapidement, on m’a proposé de prendre la présidence. La clinique, elle, me proposait en même temps de passer responsable pour gérer les équipes », se souvient Anne-Sophie. C’était il y a deux ans. Tout est allé assez vite.

Maintenant, la jeune femme se prête au jeu. Elle aimerait, « après quelques années d’expérience », s’orienter vers un enseignement en Institut de Formation des cadres de santé (IFCS). « Je me suis aperçue que la gestion et le management me correspondaient, mais il faut d’abord approfondir », estime Anne-Sophie. Elle ne pense pas, par ailleurs, se spécialiser dans la pratique des soins de support. « Je préfère me spécialiser en management pour mieux les déployer plutôt que de connaître des techniques et de pratiquer de façon isolée », conclut-elle. Pour réduire les inégalités institutionnelles dans la prise en charge des patients…

Malika Surbled

Actusoins magazine pour infirmier infirmière hospitalière et libéraleCet article est initialement paru dans le n°25 (juin 2017) d' ActuSoins Magazine.

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Anne-Sophie Dhouailly, infirmière en 5 dates

2006 : obtient son DE et exerce en oncologie

2007 : effectue des remplacements en libéral

2013 : déménage dans le Sud, trouve un poste à la Clinique du Cap d’Or

2014 : devient présidente de l’association AssoCap

2015 : passe responsable de deux services (Hôpital de Jour et Hospitalisation)

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Réactions

3 réponses pour “Anne-Sophie milite pour le développement des soins de support”

  1. Anonyme dit :

    Génial et le tricot…??? Et le club de sex toys ??? Hahahah les cons !!

  2. Anonyme dit :

    la réflexologie et d autres types de massages font déja leur entrée à l Assistance publique depuis quelques années en complément des traitements classiques

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