Négociations à nouveau rompues entre les syndicats et l’AP-HP

Le dialogue entre l'intersyndicale et la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) sur la ré-organisation du travail est rompu jusqu'à la rentrée, tandis que la direction annonçait le maintien de sa volonté de réforme.

©Cyrienne Clerc - Manifestation le 21 mai devant le siège de l'AP-HP. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 17 septembre.

©Cyrienne Clerc - Manifestation le 21 mai devant le siège de l'AP-HP. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 17 septembre.

Les deux seuls syndicats qui avaient entamé des discussions avec la direction générale de l'AP-HP, la CFDT et SUD-Santé, ont décidé de quitter la table des négociations, la réunion du 6 juillet ayant été marquée par "l'absence totale d'écoute" de la part de la direction de l'AP-HP, selon le représentant de SUD-Santé, Olivier Youinou.

La CGT, suivie ensuite par FO, avait déjà dénoncé  le nouveau document qui prévoyait notamment une enquête sur les conditions de travail cet été dans les services de l'AP-HP, puis l'établissement d'un nouveau document et l'ouverture de négociations à l'automne.

Le retrait du projet de Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP, annoncé le 18 juin ? les syndicats y ont cru... "Mais c'est de l'enfumage", indiquait le 25 juin dans nos colonnes Rose-May Rousseau (CGT).

"Sur la forme, cela bouge, mais sur le font, rien n'a changé. La direction profite de l'été pour mener ses expérimentations sur un temps de travail en 7h30 dans plusieurs services. Passer à 7h30 quand on est déjà à flux tendus, c'est une vraie mise en danger des patients", ajoutait-t-elle

CFDT et SUD lâchent l'éponge

"Nous sommes désappointés et déçus pour les personnels" car "malheureusement on n'en sort rien", "c'est perdant-perdant", a déploré la représentante de la CFDT AP-HP, Danielle Mezzarobba, à l'APM. "On a pesé le pour et le contre" et "consulté nos équipes", qui ont validé le choix de ne pas continuer à discuter avec la direction, a-t-elle ajouté.

"Martin Hirsch a toujours la même chose en tête: réaliser des économies sans améliorer les conditions de travail du personnel", a estimé Olivier Youinou. "La direction nous a fait clairement comprendre qu'elle avait déjà une organisation à proposer", a t-il précisé.

En cause : des enquêtes sur le terrain biaisées, selon les syndicats

Pour Olivier Youinou, la direction semblait avoir compris l'importance de ne pas limiter ces enquêtes sur le terrain aux services volontaires et de choisir ceux avec un turn-over important et des comptes épargne-temps (CET) "inflationnistes".

Mais désormais, il semble évident pour ce syndicaliste que ces enquêtes seront menées sur des propositions préétablies, notamment la journée en 7h30 avec diminution des RTT.

La direction de l'AP-HP a évoqué "trois objectifs indissociables: la meilleure prise en charge des patients, la qualité des conditions de travail, et la performance économique".

"Il est inacceptable de faire croire qu'en augmentant le plan d'austérité à l'hôpital on pourrait améliorer les conditions de travail des agents et la prise en charge des patients", répond SUD dans un communiqué, mettant en cause le lien entre les trois objectifs de la direction.

De son côté la CFDT observe que la mise en oeuvre des études de terrain en juillet et août est "irréaliste sauf si tout est déjà bouclé" et que la direction écarte ses représentants des concertations avec les agents sur des sites et services volontaires.

Les études sur le terrain se poursuivent

Dans un communiqué, la direction générale de l'AP-HP indique que la première réunion du 2 juillet a "permis de dégager une méthode pour le choix des premiers services concernés par l'enquête" et "d'accepter le principe d'un questionnaire adressé" à leurs personnels. Il a été acté que l'enquête s'effectuerait en deux vagues successives en raison de la moindre disponibilité des services pendant l'été.

Les réunions des 6 et 7 juillet devaient permettre de finaliser la méthodologie, précise la direction qui assure avoir "toujours recherché le maintien du dialogue".

La direction affirme "qu'il ne s'agit en aucun cas de mettre en oeuvre de manière anticipée ou expérimentale de nouvelles organisations qui ne figureraient pas dans le protocole de 2002". Elle proposera aux organisations syndicales de partager les enseignements de ces études.

Nouvelle mobilisation le 17 septembre

Dans un communiqué, l'intersyndicale CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, SUD, FO et Unsa de l'AP-HP a appelé à la vigilance pendant l'été et à une nouvelle journée de mobilisation jeudi 17 septembre.

Elle demande aux agents de "maintenir la pression" et d'alerter leurs responsables syndicaux locaux "en cas d'expérimentation ou de groupe de travail relatif aux nouvelles organisations de travail" et "en cas de dégradation des conditions de travail, faute de personnel".

L'intersyndicale souhaite que des assemblées générales soient organisées dans tous les établissements à la rentrée avant le jeudi 10 septembre.

Des "cahiers de doléance" seront mis à la disposition du personnel dans chaque service de l'AP-HP pendant les mois de juillet et août pour recueillir leurs revendications, a indiqué de son côté Olivier Youinou.

Cyrienne Clerc, avec APM et AFP

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