EHPAD : mutualiser les astreintes infirmières de nuit ?

L’hospitalisation précipitée de résidents au décours d’évènements nocturnes est un risque de rupture majeur dans leur parcours de vie. L’astreinte infirmière mutualisée de nuit pourrait répondre à l’enjeu sanitaire et économique.

©ch-bassin de thau

Stéphanie Carpentier, l’une des infirmières du dispositif.
©ch-bassin de thau

« La nouvelle convention passée avec l’ARS et le conseil général a supprimé le financement des postes d’infirmières de nuit de nos 4 EHPAD en 2012 », explique Marie-José Bonfiglio, cadre supérieur de santé aux Hôpitaux du bassin de Thau, un centre hospitalier intercommunal basé autour de Sète et d’Agde.

Pour continuer à assurer la continuité de la prise en charge soignante 24 heures sur 24, l’établissement a mis sur pied une initiative originale : la mutualisation de temps d’astreinte d’infirmière de nuit sur chacun de ses deux sites.

« La volonté est de maintenir les usagers dans leur lieu de vie et de limiter le recours aux urgences aux cas le justifiant vraiment », explique-t-elle. Depuis 2012 sur Sète et 2013 sur Agde, le dispositif tourne en routine, avec respectivement cinq et quatre infirmiers volontaires, grâce à un financement de l’ARS (forfait par astreinte et tarif horaire pour les interventions).

Stéphanie Carpentier, l’une des infirmières du dispositif, explique : « entre 21h30 et 7 heures, les aides-soignantes peuvent nous appeler lorsqu’elles rencontrent une urgence relative. Nous évaluons au téléphone la nécessité de nous déplacer puis nous intervenons sur place pour assurer les soins nécessaires. Les urgences vitales relèvent toujours du 15. Celles qui justifient notre intervention sont évidemment celles qui s’inscrivent dans le cadre de nos compétences » : assurer des soins après une chute, remettre une perfusion en place, soulager le patient douloureux…

Pour cela, les médecins des EHPAD rédigent préalablement des procédures ou des prescriptions anticipés pour chacun de leurs patients, selon leur profil de vulnérabilité.

Un dispositif rassurant

« Les appels ont été plus fréquents au début, car les aide-soignantes avaient besoin de trouver leur marque » explique Coraline Gaudry, une autre infirmière d’astreinte. Maintenant, un déplacement par nuit est nécessaire en moyenne.

« Le dispositif, souligne Armelle Olombel, cadre de santé assurant la coordination gérontologique entre les deux sites, apporte la réassurance aux aides-soignantes qui avaient l’habitude de travailler avec les infirmières. Les patients et les proches sont aussi rassurés de savoir qu’une infirmière peut se déplacer si nécessaire ».

« On est plus autonome, dans la limite de nos compétences et cela valorise notre travail », estime Stéphanie Carpentier. Pour sa consoeur, « c’est l’occasion de mettre toutes nos compétences en jeu pour répondre à une situation auprès de laquelle on arrive sans savoir totalement ce qui nous attend ».

Désormais, d’autres EHPAD sollicitent l’établissement pour s’intégrer au dispositif. Au niveau national aussi, l’originalité séduit : l’établissement a reçu un prix fin 2013 pour ce projet (Trophée Direction[s]). Et depuis plusieurs mois, quelques ARS ont lancé des expérimentations similaires sur leur territoire (Ile-de-France, Auvergne, Pays de Loire…).

Caroline Guignot

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Réactions

6 réponses pour “EHPAD : mutualiser les astreintes infirmières de nuit ?”

  1. Le système n’a connu aucune faille? on rejoins aussi un problème financier également, comme dis Leon Docte. Heureusement qu’il reste les AS et les ASH sur place. Mais il semble que ce soit HELAS une réalité du terrain de la fonction publique.

  2. sancho dit :

    Bonjour,
    Est ce que les professionnels infirmiers sont conscient qu’ils sont responsables des soins infirmiers dispenses par les aides soignants (voir malheureusement ASH ou Auxilliaire de vie) qu’ils ne côtoient pas, ne connaissent pas et qu’ils n’ont même peut être jamais rencontrés ?
    Cordialement.

  3. Moi je l’ai déjà fait et l’idée ne gère que son ehpad d’embauche… L’idée du soir fait la garde de nuit ou astreinte…. On a une prime comme un dimanche…. Et si on se déplace on note nos heures qui seront soit récupérées soit payées.

  4. Leon Docte dit :

    Alors çà c’est facile , enfin la réponse : prenons un canton français avec son conseiller général et ses quatre ou cinq ehpad ou ccass ou privées , c’est jour de fête ! On mutualise ce que vous voulez : les IDE de nuit ? d’accord . Alors il n’y en a nul part , çà devient plus facile , donc on crée ! 1,8 ETP par poste à deux fois plus cher que le jour , que je multiplie par …?…..car qu’elle est l’IDE qui va faire les coups de fil urgent la nuit sur 100 km2 quand il neige , pleut ? zéro ou alors elle reste dans la voiture !

  5. Je voudrais savoir comment on fait : j ai déménagé et je voudrais continuer à recevoir mon magazine préféré?!?

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