Accueil des étudiants en stage : l’AP-HP revoit sa copie

Les conditions d’accueil et d’exercice des étudiants paramédicaux à l’AP-HP ont été passées au crible dans le cadre d’une mission d’audit et de conseil interne à l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). Des mesures sont envisagées pour une amélioration des pratiques.

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La lettre de mission confiée à la Direction de l’audit, de l’inspection, de la médiation et de l’évaluation (DAIME) est claire : élaborer un état des lieux des conditions dans lesquelles les stages sont programmés et se déroulent ; évaluer les facteurs d’attractivité de l’AP-HP dans la motivation à y postuler ; et apprécier les difficultés engendrées par la crise Covid.

Les principales conclusions ont été présentées début novembre en commission médicale d’établissement (CME) et les points d’améliorations sont nombreux.

Un bilan complexe

Forte de ses 14 Instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi), l’AP-HP accueille environ 6800 étudiants par an. Les effectifs des stagiaires de ces Ifsi varient entre 2240 et 4000 hors vacances et examens.

En revanche, parmi ces stagiaires, impossible de connaître le nombre d’entre eux en stage à l’AP-HP. Pourtant, l’enjeu est important car, d’après l’hypothèse de départ de la DAIME, « les conditions d’accueil et le déroulement des stages des étudiants paramédicaux sont un facteur important dans leur choix de premier poste professionnel ».

 Actuellement, le nombre de places proposées en stage est à la fois insuffisant et difficile à quantifier en raison de l’absence d’un système d’information. La recherche de places et l’affectation des étudiants sont qualifiées d’« artisanales et chronophages », sans parler des difficultés à faire accepter les étudiants de première année en stage dans les services.

La DAIME constate également une forme de concurrence entre les Ifsi, qui ne manifestent aucun intérêt à mutualiser les informations sur les ressources issues de leur prospection.

Autre point d’amélioration : le cadre réglementaire du déroulement des stages est inégalement respecté, tout comme la politique de stage est loin d’être formalisée dans tous les établissements. La mise à disposition des livrets d’accueil est hétérogène et le tutorat est inégalement structuré.

Des changements sont également à envisager notamment pour l’évaluation des étudiants et des stages en raison d’une sous-utilisation du portfolio, de l’absence de questionnaires de satisfaction. Tous ces éléments posent la question de « la considération portée à l'étudiant ».

Les mesures à mettre en œuvre

Pour autant, l’attractivité de l’AP-HP reste réelle et représente un fort enjeu afin de transmettre les savoirs et les compétences aux futurs soignants. La DAIME encourage ainsi à articuler formations « de terrain » et « universitaire » plutôt que les opposer, de personnaliser l’accueil des stagiaires et d’impliquer davantage les médecins.

Elle suggère également plusieurs mesures notamment de faire de l’accueil des étudiants en santé une priorité, de promouvoir et valoriser les fonctions d’encadrement notamment en redéfinissant le tutorat à l’AP-HP, et d’améliorer la prise en charge des étudiants pendant leur formation au sein des services.

La DAIME recommande également de rendre visibles et de conforter la gouvernance des activités soignantes et l'organisation des stages ou encore de renforcer le système d’information.

Pour améliorer la visibilité des ESI sur les terrains de stage à l’AP-HP une plateforme de recensement devrait être déployée courant 2023. De même que la mise en place d’un dispositif de signalements des difficultés rencontrées sur leur lieu de stage par les stagiaires (situations de harcèlement, discrimination) devrait voir le jour en janvier 2023.

Laure Martin

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L’impact de la crise sanitaire

L’audit interne a permis de dresser un état des lieux de l’impact de la crise sanitaire sur les stages. Des effets variables ont été constatés selon les filières, les promotions et les personnes.

Dans certains cas, le renfort n’était ni toujours utile, ni bienvenu ; les équipements de protection individuelle n’ont pas toujours été disponibles. Les sentiments de certains étudiants en soins infirmiers étaient ambivalents entre à la fois un sentiment d’appartenance à une communauté engagée et dans d’autres cas le sentiment d’avoir été abandonnés.

En raison des primes pas toujours perçues, certains ont ressenti un sentiment d’injustice. D’autres étudiants ont craint d’avoir un diplôme « au rabais », et d’ailleurs, certains professionnels leur ont renvoyé cette image.

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