Télésoins et dépistages sans prescription, présence accrue d’infirmiers dans les Ehpad… L’ONI décline une série de préconisations pour le déconfinement

L'Ordre demande au gouvernement d'inclure pleinement les infirmiers dans sa politique de décloisonnement et préconise toute une liste de mesures à mettre en oeuvre, de son point de vue. 

Télésoins et dépistages sans prescription, présence accrue d'infirmiers dans les Ehpad... L'ONI décline une série de préconisations pour le déconfinement

Possibilité de prescription de dépistages par des IDE

"La période de déconfinement sera accompagnée d'une politique de dépistage de grande ampleur qui nécessite la mobilisation d'un grand nombre de professionnels de santé. La profession infirmière doit pouvoir y prendre pleinement part", explique l'ONI. 

L'instance demande que les infirmiers "puissent prescrire, à compter du 11 mai, des tests de dépistage du Covid-19 s'ils constatent des symptômes cliniques chez leurs patients lors de visites à domicile". 

Du point de vue de l'ONI, il est nécessaire que l'infirmier "puisse réaliser directement ces tests, afin d'éviter au patient de se rendre chez le médecin, au laboratoire, voire à l'hôpital".

Déclencher, sans prescription médicale, la mise en oeuvre du télésoin infirmier

Afin de "limiter au maximum la circulation du virus et les contaminations", l'Ordre demande la mise en oeuvre, sans prescription médicale, du télésoin infirmier pour le suivi des patients Covid+. Il demande aussi que soit accélérée la publication du décret d'application pour permettre à "tous les patients" de pouvoir  bénéficier du télésoin - actuellement, seuls les patients Covid+ peuvent en bénéficier, ndlr. 


Par ailleurs, l'ONI demande que soit donné aux infirmiers "un rôle de premier plan dans le suivi des personnes contaminées isolées dans des hôtels pour éviter les foyers familiaux". Il préconise la présence d'une équipe infirmière pour assurer la surveillance des patients, "par télésoin de préférence", pour "réaliser les soins, assurer le soutien psychologique et la coordination avec le médecin et le kiné". "Il conviendrait de faire appel à des infirmiers libéraux qui se relayent toutes les 8 heures", indique l'ONI. 

"Il est indispensable de garantir la fourniture de protections pour les soignants, les patients et le grand-public", indique également l'ONI. "Comme nous l'appelons depuis le début de la crise, nous souhaitons de nouveau alerter sur le rôle fondamental des équipements de protection (masques mais aussi surblouses, lunettes, etc.) dans la lutte contre la transmission du virus entre soignants et patients."

L'instance demande par ailleurs que le Covid-19 soit inscrit dans les maladies à déclaration obligatoire, "pour identifier plus rapidement les foyers de contamination, favoriser un isolement rapide et efficace des patients contaminés et améliorer la prévention". 

Plan de continuité et de reprise des soins pour les patients chroniques et les enfants

L'Ordre estime "qu'il est indispensable de reprendre aussi vite que possible tous les suivis et tous les soins des malades chroniques impactés voire stoppés en raison de l'épidémie". 

"On constate une baisse de 40% des consultations chez les médecins généralistes (en dépit de l'essor de la téléconsultation), une chute dramatique des dépistages de cancer et également un grand nombre de suivis infirmiers annulés. Les Français ont pris au pied de la lettre les consignes de ne sortir que pour des besoins médicaux urgents quitte à prendre des risques pour leur santé". 

L'ONI appelle les pouvoirs publics à la mise en oeuvre d'un plan de continuité de reprise des soins pour les patients non covid, "à commencer par les patients chroniques". Objectif annoncé : "une reprise rapide des soins programmés dans les établissements et de toutes les prises en charge chroniques en ville". 

"Il faudra pour ces dernières, donner la priorité absolue aux personnes fragiles qui seront encore confinées ces prochains mois". 

En raison de la difficulté d'accès aux soins, le manque de suivi, voire le renoncement à ceux-ci sont à craindre aussi pour certains enfants, explique l'ONI, "notamment en ce qui concerne la vaccination". 

L'ONI préconise ainsi de dupliquer l'expérimentation menée à Mayotte qui permet aux infirmiers en puériculture de déclencher, sans prescription, téléconsultation et vaccination. "Il faut aussi s'appuyer sur eux pour le diagnostic précoce et l'aide à l'orientation des patients vers un médecin qui sera à même de prendre en charge certaines pathologies spécifiques". 

Limiter les conséquences d'un confinement persistant des plus fragiles

L'ONI fait savoir qu'il soutient la décision du gouvernement de rouvrir les visites en Ehpad, "toutefois de manière très encadrée". Il propose en outre, que les visiteurs soient reçus par un infirmier, qui s'assurerait que ces derniers ne présentent pas de symptômes cliniques du Covid. 

Il demande aussi que le port du masque soit rendu obligatoire lors de ces visites (un visiteur à la fois, une fois par jour maximum). 

Il préconise également que l'intervention des HAD (Hospitalisation à domicile) ou d'infirmiers libéraux en Ehpad soit "facilitée dans le cadre de cette aide au déconfinement". 

Plus généralement, l'ONI préconise la présence d'un infirmier, "de jour comme de nuit", dans tous les Ehpad, pendant cette période. 

Rédaction ActuSoins

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