Infirmiers anesthésistes : pour éviter l’épuisement et la démobilisation, “il faut garantir une série de mesures”

Alors que la France connaît un net rebond épidémique de l’épidémie de Covid-19, avec une augmentation du nombre d’admissions en réanimation, les infirmiers anesthésistes demandent des garanties pour optimiser leur nouvelle mobilisation. Sur la base des leçons tirées de la première vague, leurs principaux représentants ont émis la semaine dernière des recommandations destinées à la DGOS, aux services et aux professionnels eux-mêmes.

Infirmiers anesthésistes : pour éviter l'épuisement et la démobilisation, il faut garantir une série de mesures« La première vague a montré que les IADE avaient vraiment permis d’augmenter de façon très importante les lits de réa. Pour cette deuxième vague, nous aurions aimé qu’il y ait davantage de réflexion sur la façon d’organiser ces lits », explique Christophe Paysant, président du syndicat national des infirmiers anesthésistes (SNIA), co-signataire, avec le Conseil national professionnel des infirmiers anesthésistes (CNP IA), le Conseil national professionnel d’anesthésie réanimation et médecine péri-opératoire (CNP-ARMPO) et la Société française d’anesthésie réanimation (SFAR) d’un courrier adressé la semaine dernière à la direction générale de l’offre de soins (DGOS).

Ce courrier dresse notamment une série de recommandations visant à optimiser le redéploiement des IADE dans les unités de soins critiques. « Il est indispensable que soient garanties par les établissements des conditions de travail propres à faciliter l’exercice des professionnels », écrivent les organisations.

Meilleures conditions d'accueil et de travail

Ceci suppose, poursuivent-ils, « d’assurer des conditions d’accueil et d’insertion personnalisés au sein des équipes de soins critiques, d’offrir systématiquement avant l’intégration en soins critiques un accompagnement de type ‘’infirmation’’ portant en particulier sur les appareillages spécifiques de réanimation éventuellement via des MOOC ainsi qu’une formation aux outils spécifiques des unités de réanimation dans lesquelles ils interviendront ».

Les organisations demandent aussi de « mettre à dispositions [des professionnels] des procédures validées conjointement par la SFAR et la SRLF », de « bien définir les plans de déploiement des soins critiques au sein de l’établissement et la place des IADE », « de veiller, au sein des unités de soins critiques, à s’appuyer sur les compétences spécifiques des IADE », de « constituer les équipes soignantes mixtes selon les principes du Guide d’aide à la mise en place et à la gestion d’une ‘’réanimation éphémère’’ coordonnée par le CNP-ARMPO, tout en tenant compte des compétences de chacune des professions ».


Enfin, elles estiment qu’il est nécessaire «  de panacher les périodes de travail dans les unités de soins critiques avec des périodes de retour à l’activité d’origine », que l’établissement « reste particulièrement attentif aux répercussions que les changements horaires de travail auront sur la vie personnelle et familiale des IADE et des étudiants », « de prendre en compte avant leur mobilisation la problématique bien particulière des IADE du secteur privé qui doit être absolument sécurisée pour éviter les difficultés identifiées lors de la première vague (statuts, contrats, primes Covid, etc.) et favoriser leur mobilisation ».

Pour les étudiants aussi

 « Pour l’instant, nous n’avons pas de retour de la DGOS », indique Christophe Payant. « Nous sommes par ailleurs un peu déçus des décisions prises par les ARS relatives aux étudiants infirmiers anesthésistes, trop souvent considérés comme de la manne facile à mobiliser » (article sur les reports de formation et de diplomation à suivre sur ActuSoins, ndlr), alors-même que la dernière recommandation des organisations était justement de « garantir aux étudiants la qualité de leur formation en sécurisant la continuité des enseignements et des apprentissages et ce, malgré leur éventuelle mobilisation dans le renfort des unités COVID ».

« La deuxième vague commence mal. Beaucoup de professionnels y vont à reculons parce qu’ils n’ont pas les garanties suffisantes », pointe Christophe Paysant. Pour que ça se passe « mieux », il insiste : « nous invitons vraiment  les chefs de service à prendre connaissance de toutes ces recommandations pour optimiser les nouvelles réas éphémères et l’organisation des renforts ».

Rédaction ActuSoins

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