Covid-19 : des tests sérologiques dès demain en Lorraine

Les sérologies Covid-19 font leur apparition dans le paysage sanitaire français. En Lorraine, elles sont disponibles en laboratoire de villes et sont pour l’heure accessibles à tous. Les soignants pourraient être privilégiés.

Covid-19 : des tests sérologiques dès demain en LorraineDans l’Est de la France, les premiers tests sérologiques sont disponibles. Un réseau de laboratoires privés de la région nancéenne, Atoutbio, pourra les mettre en œuvre dès demain mercredi.

Ils coûtent pour l’instant 59 € et ne sont pas encore pris en charge par la sécurité sociale. « Mais nous pensons qu’ils seront très vite remboursés, observe Yves Germain, co-directeur du réseau de 23 laboratoires d’analyses. Ces tests permettent de détecter les IGM et IGG et donc de savoir s’il y a eu une infection il y a plus de 7 jours ou antérieure à 14 jours. Pour les soignants, cela leur permettra d’être un peu plus sereins et de savoir s’ils sont susceptibles de transmettre ou non le virus. »

Cela pourrait aussi permettre de positionner les soignants dans les services au contact de patients covid-19, en fonction de l'immunité acquise ou non.

La sérologie permet de détecter la production d’anticorps et donc l’immunisation post-infection, même si la durée de celle-ci n’est pas encore connue. « Probablement quelques mois », suggère Yves Germain. Elle fonctionne également en cas de portage asympotmatique.


Le prélèvement repose sur une prise de sang, et l’analyse requiert moins de personnel et des compétences moins fines que le dépistage par Pcr. « Le résultat est obtenu en 30 minutes, au lieu de 5 h », explique Philippe Blerzaque, directeur vente et marketing d’Orgentec qui importe en France le test chinois qu’Atoutbio utilise.

De plus, la sérologie permet de détecter l’infection dans des cas pour lesquels le dépistage s’avère négatif. « Il y a des patients dont le scan est très parlant, mais chez qui le dépistage par écouvillon ne permet pas de détecter le virus », observe Yves Germain.

Dispositif déjà utilisé à l'étranger

Aux normes CE, ce dispositif est déjà utilisé en Corée et en Allemagne. Il devrait être rapidement disponible dans diverses régions de France, en attendant que ses concurrents arrivent également sur le marché hexagonal.

La compagnie Biosynex attend également dès le 7/8 avril ses premiers tests sérologiques rapides, conçus et expérimentés en France mais fabriqués en Chine.

Pour l’heure, les tests sérologiques en laboratoires de ville sont accessibles à tous. « Mais nous allons bien expliquer aux gens que s’ils sont confinés depuis 15 jours ce n’est pas nécessaire de venir se faire tester, observe Yves Germain. Nous essaierons aussi de privilégier les soignants. » La Mairie de Nancy a cependant déjà sollicité le laboratoire pour que tous les résidents d’un de ses Ehpad et son personnel puissent être rapidement testés.

Orgentec pourra également mettre sur le marché 35 000 tests rapides coréens à partir du 6 avril, puis 30 000 la semaine suivante. « Notre problème, c’est que le trafic aérien est très difficile actuellement, poursuit Philippe Blerzaque. Nous avons contacté le gouvernement pour voir de quelle manière le “pont aérien” qui permet de faire venir actuellement des masques pourrait être étendu à nos machines et tests. Mais pour l’instant nous n’avons aucun retour. »

En France, une entreprise bretonne a également mis au point son propre test rapide, NG Tech. Elle a confié à notre confrère Ouest France être en capacité de proposer 50 000 à 70 000 tests dès avril et de monter à une capacité de production jusqu’à 500 000 tests en mai.

Des négociations sont en cours avec le ministère, notamment pour fixer le prix de ce dispositif médical.

Sandra Mignot

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