“Appreciative Inquiry” : une nouvelle approche positive qui fait son entrée à l’hôpital

L’approche appréciative se développe en France en proposant d’appréhender le changement de manière positive, d’insuffler de l’espoir par des dialogues constructifs, notamment dans le management des équipes.

© iStock

A Nice, une rencontre mondiale de la « communauté » de l’approche appréciative (A.I) a eu lieu du 20 au 22 mars. Des praticiens du monde entier et des personnes intéressées sont venus échanger sur leur façon d’utiliser cette approche dans leur vie et dans leur entreprise, service, hôpital.

Thierry Brigodiot, ingénieur de formation, est aujourd’hui formateur au sein du cabinet Pragma et a été l’un des premiers en France à se former à l’approche appréciative. Il intervient aujourd’hui dans le secteur public et privé et a sensibilisé des soignants et cadres de santé, notamment à la Pitié-Salpêtrière, afin que ceux-ci puissent devenir des facilitateurs : « Au lieu de chercher ce qui n’a pas été dans une situation donnée, on va se demander comment nous faisons bien les choses et faisons émerger des réussites », explique-t-il en marge des conférences.« Qu’a-t-on mobilisé quand on est au meilleur de nous-mêmes ? »

Le formateur reconnaît que ce sont des questions difficiles à poser dans « un monde qui écrase ». Le mouvement dont certains praticiens utilisent en marge la pleine conscience et de la communication non violente, propose de travailler sur la narration de ses propres réussites ou de celle d’un groupe pour créer une nouvelle sitation meilleure. Le vocabulaire qui entoure la pratique fait déjà partie du changement.

Durant le congrès, les « problèmes » sont remplacés par des « défis », par exemple. En la découvrant, une participante néerlandaise nous expliquait que cela était très inspirant mais elle craignait que certains sujets sensibles soient de la sorte mis sous le tapis.

David Cooperrider, fondateur américain de l’A.I. relativise et utilise à nouveau un champ lexical adapté lors de la conférence initiale : « Au lieu de se demander comment réduire la pollution, nous préférons nous demander comment créer une ville verte où l’on voudrait vivre ». Selon les praticiens, le choix de mots attractifs ouvre de nouvelles façons de penser.

A l’AP-HM (Marseille), l’appreciative inquiry a fait son entrée. « C’est l’une des conditions que j’ai posées lorsqu’on m’a proposé de reprendre le pôle psychiatrie », explique David da Fonseca, psychiatre. Selon le médecin, aujourd’hui, un tiers des 650 collaborateurs du service ont été initiés à cette pratique d’échanges verbaux qui insuffle la pensée positive. « Cela a fait émerger une intelligence collective qui nous permet d’innover dans le service alors que les conflits d’égos sont forts», explique-t-il. «  Aujourd’hui, on a de nombreuses fiches actions à mettre en place. En tant que chef de pôle, je ressens moins de pression car les idées émergent de ces temps d’échanges mais je sais très bien qu’on nous attend au tournant pour voir si on met vraiment ces nouvelles choses en place. ».

 L’approche appréciative va convoquer les capacités d’empathie et de partage dans la relation d’équipe, ou interpersonnelle. Il est aujourd’hui possible d’être financé pour des initiations à l’A.I.

Sandrine Lana

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